{N}1,{/}1: Le livre de Tobie est une histoire (voir introduction au livre d'Esther).
Qui est Tobie? C'est un Juif du nord de la Palestine, de la tribu de Nephtali, exil\u00e9 en Assyrie.
Tobit est un homme que Dieu a \u00e9prouv\u00e9, mais qui ne l'a pas abandonn\u00e9. Sa pers\u00e9v\u00e9rance dans la pri\u00e8re attire les bienfaits de Dieu sur lui. Comme on dit maintenant: "Dieu peut tarder, mais il n'oublie pas."
Quand Tobit devient administrateur du roi, il n'est pas pr\u00e9tentieux et ne m\u00e9prise pas les autres mais il reste fid\u00e8le \u00e0 ses fr\u00e8res exil\u00e9s et pauvres.
M\u00eame quand le bien qu'il fait lui am\u00e8ne des ennuis, il reste fid\u00e8le \u00e0 son Dieu et il affronte les situations difficiles. Dans sa pauvret\u00e9, il se pr\u00e9oc cupe de ses fr\u00e8res.
Bien qu'ils aient \u00e9t\u00e9 riches auparavant, sa femme Ana fait face \u00e0 la situation en travaillant chez Ahikar.
La pr\u00e9occupation de Tobit pour transmettre la religion \u00e0 son fils et son int\u00e9r\u00eat pour l'avenir de son fils, nous le montrent comme un vrai p\u00e8re.

{N}3,{/}1: Il a pass\u00e9 sa vie \u00e0 servir Dieu fid\u00e8lement et il se retrouve pauvre, aveugle, de plus, insult\u00e9 par sa femme Ana. Quelle est son attitude? Il pr\u00e9sente son probl\u00e8me \u00e0 Dieu sans se plaindre de personne, m\u00eame pas de sa femme.
Dans la Bible nous voyons continuellement que Dieu nous met \u00e0 l'\u00e9preuve avant de nous accorder une faveur sp\u00e9ciale. Nous le comprenons vraiment quand nous \u00e9coutons ce que le Christ dit \u00e0 ses disciples d'Emma\u00fcs: "Ne fallait-il pas que le Christ endure toutes ces souffrances pour entrer dans sa gloire?" (Luc 24,26).
Il se sent solidaire des p\u00e9ch\u00e9s de son peuple et il trouve juste d'\u00eatre puni, m\u00eame lorsqu'il demande d'\u00eatre d\u00e9livr\u00e9.
Il se sent incapable de lutter seul dans la vie et il demande la mort, mais il laisse tout entre les mains de Dieu. Le Christ fera exactement la m\u00eame chose (Mt 26,39).
Dans sa pri\u00e8re il demande des forces pour pouvoir faire ce que Dieu dit, plut\u00f4t que de pr\u00e9senter son propre plan \u00e0 Dieu et de lui demander de le r\u00e9aliser, comme nous le faisons souvent dans nos pri\u00e8res.

{N}3,{/}7: Lorsque nous nous trouvons dans la situation de Sarra, nous bl\u00e2mons Dieu tout de suite.
Sarra pense \u00e0 son probl\u00e8me et en y r\u00e9fl\u00e9chissant, elle change d'id\u00e9e: elle voit qu'elle ne doit pas demander la mort. Si nous consid\u00e9rons un fait isol\u00e9 de la vie, nous pouvons d\u00e9sesp\u00e9rer, mais si nous consid\u00e9rons l'ensemble, nous trouverons toujours une raison de continuer \u00e0 lutter.
Sa raison de continuer \u00e0 vivre est son amour pour son p\u00e8re et son d\u00e9sir de lui donner des h\u00e9ritiers.

{N}4,{/}1: Au moment o\u00f9 le jeune Tobie se met en route, son p\u00e8re lui transmet toute sa sagesse. L'honn\u00eatet\u00e9, bien s\u00fbr, dans tous les secteurs de la vie, sachant que Dieu est juste et qu'il n'oublie jamais de r\u00e9compenser ceux qui le servent: Tobie parle \u00e0 partir dlongue exp\u00e9rience de la vie et de la providence de Dieu.
Ensuite ce sera une invitation pressante \u00e0 "l'aum\u00f4ne", un mot qui nous semble vieillot, mais qui signifie simplement le partage. Le peuple juif avait beau \u00eatre pauvre, le don du dixi\u00e8me de ses revenus semblait une chose toute normale. Ne nous \u00e9tonnons pas du manque de foi chez bien des jeunes de famille chr\u00e9tienne: ont-ils vu chez eux cette pratique du partage?
Puis viendra le devoir de se marier avec une fille de sa race et de sa religion. Bien s\u00fbr nous trouvons l\u00e0 la conscience juive d'\u00eatre une race qui doit se maintenir \u00e0 part des autres pour continuer sa mission. Mais plus encore pour des chr\u00e9tiens, le mariage ne peut pas \u00eatre seulement la recherche d'un amour partag\u00e9: il est toujours au service d'une mission.

{N}5,{/}4: Le voyage de Tobie \u00e0 Rhag\u00e8s sera aussi une exp\u00e9rience spirituelle. Il rencontre un ange de Dieu sous forme humaine et cet ami, Azarias, l'aide par ses conseils: il lui fera d\u00e9couvrir la volont\u00e9 de Dieu et ainsi Tobie pourra lib\u00e9rer Sarra de son d\u00e9mon.

{N}6,{/}14: C'est seulement dans les tous derniers si\u00e8cles que s'est affirm\u00e9e dans le couple la priorit\u00e9 de l'amour mutuel.
Dans le m\u00eame temps est venue, avec la grande crise du vingti\u00e8me si\u00e8cle, cette question: la famille, pourquoi? Et dans les pays vieillis on a trouv\u00e9 normale l'option suicidaire du couple sans enfants, ou avec un ou deux enfants, c'est-\u00e0-dire la mort de la nation \u00e0 plus ou moins br\u00e8ve \u00e9ch\u00e9ance.

{N}7,{/}12: On remarquera ce mariage dont la c\u00e9l\u00e9bration est d'abord un acte de la religion familiale. Cela a \u00e9t\u00e9 ainsi dans un grand nombre de pays et de religions. Dans la primitive Eglise il nous est difficile de savoir dans quelle mesure la reconnaissance du mariage par l'Eglise ajoutait quelque chose \u00e0 cette liturgie familiale. C'est d'abord la famille qui se sentait le devoir de se perp\u00e9tuer, avec la conscience d'une responsabilit\u00e9 dans ce monde.
On notera \u00e9galement cet appel \u00e0 la loi de Mo\u00efse: la c\u00e9l\u00e9bration officielle du mariage aide les conjoints \u00e0 voir qu'ils engagent r\u00e9ellement leurs vies et qu'ils ne pensent pas se r\u00e9aliser l'un et l'autre sinon dans l'accomplissement d'une commune mission.

{N}12,{/}1: Dieu donne souvent une r\u00e9compense, d\u00e9j\u00e0 sur terre, \u00e0 ceux qui sont fid\u00e8les \u00e0 sa loi. Tobie se voit r\u00e9compens\u00e9 et il reprend l'invitation au partage que nous lisions au chapitre 4.
L'aum\u00f4ne, le partage, lib\u00e8re de la mort, elle purifie de tout p\u00e9ch\u00e9. Les mots qu'utilise Tobie sont propres d'une soci\u00e9t\u00e9 qui ne ressemblait en rien \u00e0 la n\u00f4tre et le partage aujourd'hui prend bien des formes lorsque les nations commencent \u00e0 se rendre compte qu'elles ne sont qu'une seule humanit\u00e9. Mais le partage reste une loi premi\u00e8re: si aujourd'hui tant de personnes et de familles se trouvent en situation difficile, il n'est pas possible de rejeter toujours la faute sur "la soci\u00e9t\u00e9": il faut aussi se demander si on a suffisamment su partager et attirer ainsi la b\u00e9n\u00e9diction de Dieu. Les livres de sagesse le r\u00e9p\u00e9teront: l'homme injuste emprunte et ne rend pas, le juste donne largement et il a de quoi (Ps 37,20-26).

