{N}1,{/}1: Que signifie ce recensement d'Isra\u00ebl avec de si nombreuses r\u00e9p\u00e9titions et cette disposition des camps des douze tribus? Cela ressemble \u00e0 un jeu sc\u00e9nique: les tribus d'Isra\u00ebl font face au monde et \u00e0 l'avenir; les arm\u00e9es de Yahv\u00e9 marchent \u00e0 la conqu\u00eate de la Terre Promise. En premier lieu viennent les hommes de la tribu de L\u00e9vi, les L\u00e9vites, charg\u00e9s du culte: nous savons donc qu'il s'agit d'un peuple "saint", c'est-\u00e0-dire consacr\u00e9 \u00e0 Dieu.

{N}3,{/}1: Les chapitres 3, 4 et 8 se rapportent aux pr\u00eatres ou L\u00e9vites.
A l'\u00e9poque d'Abraham, chaque chef de famille \u00e9tait "pr\u00eatre de son propre groupe: il \u00e9tait responsable des sacrifices (Gn 15,10), des rites sacr\u00e9s (Gn 28,18); et il b\u00e9nissait de la part de Dieu (Gn 27,27).
On peut penser que Mo\u00efse d\u00e9j\u00e0 avait nomm\u00e9 des hommes charg\u00e9s d'enseigner les lois de Yahv\u00e9 \u00e0 Isra\u00ebl. Le groupe que l'on appelle la tribu de L\u00e9vi, peut-\u00eatre une tribu de guerriers au d\u00e9but, \u00e9tait responsable de cette mission. Dans l'incident du veau d'or, les l\u00e9vites aident Mo\u00efse \u00e0 r\u00e9tablir l'ordre. Cependant, les chefs de famille tout comme les l\u00e9vites, continuent de c\u00e9l\u00e9brer sans lois ni contr\u00f4le (Jg 17).
David et surtout Salomon organisent le clerg\u00e9 d'Isra\u00ebl: \u00e0 partir de ce moment-l\u00e0, seuls les hommes de la tribu de L\u00e9vi seront pr\u00eatres. C'est peut-\u00eatre avec la r\u00e9forme de Josias qu'une distinction s'\u00e9tablit parmi les L\u00e9vites eux-m\u00eames. D\u00e9sormais on appellera pr\u00eatres ceux d'un rang sup\u00e9rieur, et l\u00e9vites ceux d'un rang inf\u00e9rieur. Ceux qui retourn\u00e8rent \u00e0 J\u00e9rusalem sur l'ordre de Josias, apr\u00e8s la fermeture des sanctuaires de province (voir 2R 23,8) et ne furent pas autoris\u00e9s \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer dans le Temple, furent peut-\u00eatre ces premiers "l\u00e9vites" d'un rang inf\u00e9rieur, tandis que le clerg\u00e9 de J\u00e9rusalem voyait ses privil\u00e8ges confirm\u00e9s. Alors, ces "pr\u00eatres" du Temple commencent \u00e0 former une classe sup\u00e9rieure et pour se diff\u00e9rencier, \u00e0 l'int\u00e9rieur de la tribu de L\u00e9vi, ils se disent descendants d'Aaron, fr\u00e8re de Mo\u00efse. Mais le livre des Nombres attribue \u00e0 Mo\u00efse lui-m\u00eame, de fa\u00e7on fictive, toute cette organisation.
Les L\u00e9vites repr\u00e9sentent les premiers-n\u00e9s d'Isra\u00ebl, ceux que Yahv\u00e9 a sauv\u00e9s lors de la premi\u00e8re P\u00e2que tandis que les premiers-n\u00e9s d'Egypte mouraient. Comme ils avaient \u00e9t\u00e9 sauv\u00e9s par Yahv\u00e9, dor\u00e9navant, ils lui appartenaient.

{N}4,{/}1: En Isra\u00ebl, tous les m\u00e2les de la tribu de L\u00e9vi sont automatiquement pr\u00eatres. De plus, chaque famille de cette tribu est destin\u00e9e \u00e0 un service d\u00e9termin\u00e9. C'est la le\u00e7on que nous enseigne ce recensement de la tribu de L\u00e9vi. Les L\u00e9vites, consacr\u00e9s au service de Dieu d'une fa\u00e7on permanente et pour toute leur vie (et celle de leur fils) rappellent par leur pr\u00e9sence m\u00eame qu'Isra\u00ebl est tout entier au service de Dieu.
Ce clerg\u00e9 d'Isra\u00ebl \u00e9tait encore en place dans le Temple au temps du Christ. Mais d\u00e8s la premi\u00e8re heure, l'Eglise naissante se d\u00e9tache de cette vision des choses: en effet pour elle il n'y a plus d\u00e9sormais de Temple, il n'y a plus une "Maison de Dieu" au milieu des maisons des hommes (Jn 2,19; Apoc 21,22): J\u00e9sus est le Nouveau Temple en qui "r\u00e9side la pl\u00e9nitude de la divinit\u00e9" (Col 2,9). D\u00e8s lors l'Eglise, Corps du Christ ressuscit\u00e9 (1Co 12) n'a plus besoin d'un "clerg\u00e9" assurant le service du Temple, elle n'a plus besoin de "L\u00e9vites". Ce dont l'Eglise a maintenant besoin c'est de "ministres" qui par leurs diff\u00e9rents services assurent la croissance du Corps tout entier (Eph 4,11-12).
Mais au fur et \u00e0 mesure des si\u00e8cles, l'Eglise se d\u00e9veloppait et des peuples entiers adh\u00e9raient \u00e0 la suite de leur roi ou de leurs princes \u00e0 la religion nouvelle. Or la grande majorit\u00e9 des hommes sentent le besoin d'une religion, sans avoir entendu pour autant l'appel \u00e0 la foi. Une majorit\u00e9, donc, \u00e9tait chr\u00e9tienne simplement parce que le christianisme avait d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 les anciennes croyances. Ainsi, en r\u00e9gime de chr\u00e9tient\u00e9, l'Eglise redevenait ce qu'avait \u00e9t\u00e9 l'ancien Isra\u00ebl: un peuple religieux anim\u00e9 par un r\u00e9seau invisible de croyants. D\u00e9j\u00e0 l'extension des communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes, le culte dans des \u00e9glises rempla\u00e7ant les rencontres dans des maisons priv\u00e9es, avaient pr\u00e9par\u00e9 le terrain pour des minist\u00e8res plus accaparants: la situation nouvelle obligea \u00e0 revenir aux perspectives de l'Ancien Testament. D\u00e9sormais on voulait des "pr\u00eatres" et un "clerg\u00e9" pour encadrer les "fid\u00e8les", ceux qui "n'\u00e9taient que baptis\u00e9s".
Il faudra attendre le vingti\u00e8me si\u00e8cle pour que soit revaloris\u00e9 le bapt\u00eame et pour que l'on comprenne que l'Eglise a besoin de minist\u00e8res, mais que tous les minist\u00e8res ne supposent pas l'appartenance \u00e0 un clerg\u00e9 de c\u00e9libataires, hommes recrut\u00e9s d\u00e8s la jeunesse et form\u00e9s d'avance dans des s\u00e9minaires, plut\u00f4t que choisis \u00e0 partir des dons qu'ils ont manifest\u00e9s \u00e0 l'int\u00e9rieur de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne et avec l'approbation de cette communaut\u00e9.
Renvoyez-les du camp... (5,1). N'oublions pas que tout ceci a valeur de figure. Le camp repr\u00e9sente le Lieu Saint, le Temple. C'est une mani\u00e8re de dire que ces gens ne peuvent pas entrer dans le Temple.

{N}6,{/}1: Les nazirs sont ceux qui se consacrent \u00e0 Dieu pour un certain temps ou pour toute leur vie. Samson \u00e9tait un nazir (Jg 13,5) et Jean-Baptiste l'a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 \u00e9galement (voit Lc 1,15). Il y avait aussi des nazirs parmi les premiers chr\u00e9tiens de race juive (Ac 21,23). Voir le voeu de Paul (Ac 18,18).
Il n'y avait pas de vocations religieuses en Isra\u00ebl comme celles que nous connaissons maintenant dans l'Eglise; mais, la loi sur les nazirs permettait \u00e0 n'importe quel croyant de se consacrer \u00e0 Dieu personnellement et pour un temps.

{N}6,{/}24: B\u00e9n\u00e9diction de Mo\u00efse que St Fran\u00e7ois d'Assise aimait reprendre.

{N}10,{/}29: Ici commence une s\u00e9rie d'anciennes traditions qui forment l'essentiel des chapitres 11 \u00e0 14. Dans cette section nous pr\u00e9sentons ces r\u00e9cits anciens en caract\u00e8res normaux, et la partie qui provient des pr\u00eatres r\u00e9dacteurs du livre des Nombres, en italique.

{N}11,{/}1: Deux traditions sont r\u00e9unies dans ce chapitre:
-_Une qui se rapporte aux cailles et \u00e0 la manne, et qui ressemble \u00e0 ce que nous trouvons dans Exode 16.
-_L'autre concerne le don de "l'Esprit de Yahv\u00e9" aux anciens, c'est-\u00e0-dire aux dirigeants d'Isra\u00ebl.

{N}11,{/}24: La premi\u00e8re connaissance que les Isra\u00e9lites ont eu de l' Esprit de Dieu leur est venue de la mani\u00e8re d'agir des proph\u00e8tes. Les proph\u00e8tes \u00e9taient des hommes qui savaient quelque chose des secrets de Dieu, ceux avec qui Dieu avait partag\u00e9 un peu de sa sagesse et qui, en certaines occasions, disposaient d'une force irr\u00e9sistible. Par le comportement des proph\u00e8tes, les Isra\u00e9lites comprennent que Dieu communique son Esprit comme un vent violent et inattendu (en h\u00e9breu le terme ruah signifie \u00e0 la fois esprit et vent).
Pour mieux comprendre ce r\u00e9cit, il faudrait le comparer \u00e0 1S 10,1-13 et 19,18-24.
Cette histoire nous enseigne que l'Esprit agit de diverses mani\u00e8res (voir 1Co 12 et 14). Une chose est de dire des paroles proph\u00e9tiques, de faire des actions \u00e9tranges, de parler en langues, etc; c'en est une autre bien plus importante, de recevoir la responsabilit\u00e9 de guider et d'instruire le peuple de Dieu. C'est l'esprit de Mo\u00efse, le repr\u00e9sentant de Dieu (qui ne parlait pas en langues et ne proph\u00e9tisait pas avec des extases), qui va produire chez les soixante-dix anciens les manifestations proph\u00e9tiques \u00e9tranges.
L'\u00e9pisode d'Eldad et de M\u00e9dad nous montre que Dieu ne communique pas toujours son Esprit par l'interm\u00e9diaire de la hi\u00e9rarchie. Il est vrai qu'Eldad et M\u00e9dad sont sur la liste, mais ils ne sont pas \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Mo\u00efse. De m\u00eame les autorit\u00e9s du peuple de Dieu ne doivent pas s'\u00e9tonner que parfois l'esprit soit communiqu\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 ils ne sont pas, et sans leurs interventions: tel est le cas de Corneille (Ac 10) et de Paul (Ac 9).

{N}11,{/}29: Ah! Si tout le peuple de Yahv\u00e9 \u00e9tait  proph\u00e8te. (Voir Jo\u00ebl 3,1 et Ac 2,17).

{N}12,{/}1: Dans l'Evangile, J\u00e9sus d\u00e9clare qu'aucun proph\u00e8te n'est accept\u00e9 par sa propre famille (voir Mc 6,4). Les "fr\u00e8res" de Mo\u00efse, Miryam et Aaron critiquent ce qu'il a fait: ils ont peut-\u00eatre raison. Mais, c'\u00e9tait pour eux une fa\u00e7on de se rendre semblables \u00e0 Mo\u00efse et Dieu intervient pour d\u00e9fendre son proph\u00e8te. La r\u00e9ponse de Dieu \u00e9claircit deux choses:
-_Mo\u00efse occupe une place sp\u00e9ciale dans la r\u00e9v\u00e9lation: c'est lui qui \u00e9tablit les fondements de la foi en un Dieu lib\u00e9rateur, juste, saint et mis\u00e9ricordieux. Aucun proph\u00e8te ne pourra changer cela par la suite. De plus, les proph\u00e8tes devront \u00eatre reconnus par les chefs religieux d'Isra\u00ebl qui sont de fait les successeurs de Mo\u00efse.
-_Je lui parle face \u00e0 face (v. 8). Voir commentaire Ex 33,18.

{N}12,{/}3: Mo\u00efse \u00e9tait un homme tr\u00e8s humble: signe de l'authenticit\u00e9 de sa rencontre avec Dieu.

{N}13,1{/}6: A l'\u00e9poque la terre promise aux H\u00e9breux s'appelait Canaan. Plus tard, cette terre s'appellera Isra\u00ebl puisque les Isra\u00e9lites en deviennent les propri\u00e9taires. On l'appelle aussi la Palestine. Dans leur enthousiasme, les Isra\u00e9lites consid\u00e8rent cette terre comme un paradis. Ils coupent un rameau avec une grappe de raisins qu'ils portent \u00e0 deux, sur une perche. Ce d\u00e9tail fabuleux veut dire que c'est un merveilleux pays "de lait et de miel". Aujourd'hui encore, les Isra\u00e9lites utilisent cette image comme embl\u00e8me de leur pays.
Comme dans Ex 32, la Bible d\u00e9crit ici un des grands p\u00e9ch\u00e9s d'Isra\u00ebl. Isra\u00ebl n'aurait pas eu de difficult\u00e9s pour croire en Yahv\u00e9 s'il ne leur avait impos\u00e9 la conqu\u00eate de la terre de Canaan, un d\u00e9fi qui les effrayait. Il en est de m\u00eame de nos jours pour beaucoup de chr\u00e9tiens remplis de ferveur spirituelle qui s'effraient quand l'Eglise leur demande d'entreprendre, de travailler \u00e0 la justice et \u00e0 la r\u00e9conciliation dans tous les secteurs du monde.

{N}14,{/}1: Cette r\u00e9volte nous rappellera sans doute bien des exp\u00e9riences:
La peur est mauvaise conseill\u00e8re; elle rend violents les l\u00e2ches.
Les m\u00e9diocres tuent les proph\u00e8tes, soit pour pr\u00e9server leur paix, soit pour retourner en arri\u00e8re, \u00e0 la "servitude en Egypte".
Mais, Dieu vient au secours de celui qui affronte la foule pour Dieu.

{N}14,{/}11: Combien de temps encore ce peuple va-t-il me m\u00e9priser? Ces mots s'adressent aussi \u00e0 tous ceux qui, face \u00e0 l'alcoolisme, aux pots-de-vin, ou \u00e0 la corruption, disent: il n'y a rien \u00e0 faire. De telle personne ne construisent rien et ne font que d\u00e9courager les autres.

{N}14,{/}19: Pardonne donc la faute de ce peuple. Mo\u00efse appara\u00eet une fois de plus dans son r\u00f4le d'intercesseur. Dans ses rapports avec le Seigneur, Mo\u00efse a appris que Dieu est riche en bont\u00e9 et mis\u00e9ricorde.
Dieu pardonne, mais cela ne dispense pas les hommes de payer le prix de leurs erreurs. La r\u00e9volte de Qadesh et la d\u00e9faite qui suit explique pourquoi les H\u00e9breux vont \u00eatre maintenus \u00e0 distance de Canaan. Ils seront longtemps comme emprisonn\u00e9s \u00e0 Qadesh et tous ceux qui ont refus\u00e9 de participer \u00e0 la conqu\u00eate y mourront.

{N}15,{/}1: Dans les chapitres 15 \u00e0 19 nous retrouvons des lois et des coutumes d'Isra\u00ebl.

{N}15,{/}17: invitation \u00e0 offrir les pr\u00e9mices du pain, c'est-\u00e0-dire les premiers pains apr\u00e8s la r\u00e9colte. Le peuple de Dieu sera un peuple bien \u00e9duqu\u00e9, courtois o\u00f9 l'on ne mange pas sans rendre gr\u00e2ce, o\u00f9 l'on ne se sert pas le premier; la premi\u00e8re part sera donn\u00e9e aux l\u00e9vites ou aux pauvres, ce qui signifie l'offrir \u00e0 Dieu.

{N}15,{/}37: le fil de pourpre peut se comparer aux insignes que beaucoup portent aujourd'hui: un signe ext\u00e9rieur qui ne vaut que s'il correspond \u00e0 une attitude int\u00e9rieure. J\u00e9sus observe ce pr\u00e9cepte (Mt 9,20) mais il critique ceux qui portent des franges uniquement pour se faire remarquer (Mt 23,5).

{N}16,{/}1: Tous les membres de la communaut\u00e9 ne sont-ils pas consacr\u00e9s et Yahv\u00e9 n'est-il pas au milieu d'eux? C'est Dieu seul qui choisit et appelle ceux \u00e0 qui il confie une mission particuli\u00e8re dans son peuple, comme l'auteur de la lettre aux H\u00e9breux le rappellera plus tard: "Personne ne s'attribue la charge de pr\u00eatre; on y est appel\u00e9 par Dieu, comme dans le cas d'Aaron" (He 5,4).
Ce texte m\u00eale deux histoires:
-_Dans la premi\u00e8re, le l\u00e9vite Cor\u00e9 revendique les privil\u00e8ges des pr\u00eatres, fils d'Aaron, et le feu du ciel le d\u00e9vore ainsi que ses deux cent cinquante partisans.
-_Dans la seconde, Datan et Abiram, de la tribu de Ruben, se r\u00e9voltent contre Mo\u00efse, et la terre les engloutit.

{N}16,{/}28: Comparer Nb 16,28 avec Jn 5,19 et 5,36.

{N}17,{/}1: Divers prodiges montrent l'autorit\u00e9 d'Aaron et l'efficacit\u00e9 de sa pri\u00e8re parce qu'il est le pr\u00eatre choisi par Dieu. Le rameau d'Aaron avait fleuri. Aaron est le repr\u00e9sentant des pr\u00eatres qui, comme le reste des L\u00e9vites n'ont pas de terre en Isra\u00ebl. Et cependant son rameau sec et improductif est celui qui fleurit. Cette l\u00e9gende sera conserv\u00e9e dans la tradition byzantine et appliqu\u00e9e \u00e0 saint Joseph: selon la l\u00e9gende, son rameau fleurit et le fait chosir entre douze pr\u00e9tendants comme \u00e9poux de Marie, la vierge f\u00e9conde.

{N}19,{/}1: La lettre aux H\u00e9breux fait surtout allusion \u00e0 ce chapitre lorsqu'elle parle des sacrifices de l'Ancien Testament qui ne peuvent pas donner la puret\u00e9 int\u00e9rieure aux hommes, et qui ne font qu'annoncer le parfait sacrifice de J\u00e9sus (Voir He 9,13 et 13,11).
Aux versets 17 \u00e0 21, il s'agit de l'eau pour la purification. Beaucoup de peuples utilisent l'eau dans leurs rites religieux; ici, nous voyons comment les Juifs l'utilisaient.
Apr\u00e8s nous avoir lav\u00e9s par le bapt\u00eame, l'Eglise utilise aussi l'eau b\u00e9nite. L'Eglise ne lui attribue pas de pouvoirs magiques, mais elle sait que les signes visibles nous aident \u00e0 garder certaines dispositions: le signe de la croix avec l'eau b\u00e9nite, fait avec attention et foi, nous aide \u00e0 laisser la poussi\u00e8re de nos pr\u00e9occupations quotidiennes \u00e0 l'entr\u00e9e de l'\u00e9glise.

{N}20,{/}1: Avec les chapitres 20-25, nous revenons aux anciennes traditions concernant les \u00e9v\u00e9nements du d\u00e9sert. Encore une fois, dans cette section, nous emploierons des caract\u00e8res normaux pour l'histoire ancienne et nous mettrons en italique les paragraphes ajout\u00e9s plus tard par les pr\u00eatres.
Ce r\u00e9cit fait partie des textes r\u00e9dig\u00e9s par les pr\u00eatres au retour de la captivit\u00e9. Il reprend l'\u00e9pisode racont\u00e9 dans Ex 17,1-7 mais en y introduisant un "p\u00e9ch\u00e9 de Mo\u00efse". Pourquoi? En relisant l'histoire des anc\u00eatres, une question se posait \u00e0 ces pr\u00eatres: comment \u00e9tait-ce possible que Mo\u00efse, cet "homme le plus humble que la terre ait port\u00e9" (Nb 12,3), ce proph\u00e8te avec qui "Dieu parlait face \u00e0 face" (Ex 33,11) ait \u00e9t\u00e9 exclu de la Terre Promise. Mo\u00efse \u00e9tait mort l\u00e0, myst\u00e9rieusement, sur le mont N\u00e9bo. Cependant face \u00e0 cette constatation, une certitude s'imposait: Dieu est juste! Si Mo\u00efse n'\u00e9tait pas entr\u00e9 en Terre Promise, c'est donc qu'il avait p\u00e9ch\u00e9. On avait alors r\u00e9\u00e9crit le r\u00e9cit de l'Exode, mais en chargeant Mo\u00efse d'un p\u00e9ch\u00e9: il avait dout\u00e9 de Dieu! On verra un cas semblable en comparant les deux r\u00e9cits de la mort de Josias, le roi juste (2R 22,2 et 23,29 \u00e0 comparer \u00e0 2Chr 35,19-25). Mais comment les pr\u00eatres, au retour de la captivit\u00e9, pouvaient-ils comprendre la "mort du juste". Seul l'accomplissement des Ecritures pouvait \u00e9clairer pleinement la mission de Mo\u00efse. Mo\u00efse avait re\u00e7u mission de guider le peuple de Dieu jusqu'aux portes de la Terre Promise: arriv\u00e9 l\u00e0, il avait achev\u00e9 sa mission, il pouvait se retirer et dire comme Jean-Baptiste, le dernier proph\u00e8te de l'Ancien Testament: "Il faut qu'il grandisse et que moi je diminue". Maintenant commen\u00e7ait la mission de Josu\u00e9: ouvrir au peuple de Dieu les portes de la Terre Promise pour en "prendre possession". La double vocation de Mo\u00efse et de Josu\u00e9, pr\u00e9figure ainsi et \u00e9claire la mission de l'Ancien Testament et celle de J\u00e9sus (en h\u00e9breu Josu\u00e9 et J\u00e9sus se disent de la m\u00eame fa\u00e7on).

{N}21,{/}4: A propos de ce serpent de bronze, on peut se poser deux questions bien diff\u00e9rentes. La premi\u00e8re: Quelle est l'origine historique de ce r\u00e9cit? La r\u00e9ponse est facile: pr\u00e8s des mines du Sina\u00ef on honorait un dieu gu\u00e9risseur, et on lui offrait en reconnaissance de petits serpents de bronze. Les r\u00e9cits de voyageurs doivent avoir inspir\u00e9 le r\u00e9cit. Mais la question importante est la seconde: Que veut dire cette page du livre sacr\u00e9?

{N}21,{/}8: Fabrique-toi un serpent br\u00fblant. Ordre \u00e9trange pour les Isra\u00e9lites, mais le serpent de bronze est un signe proph\u00e9tique. Celui qui le regarde vivra: les p\u00e9cheurs n'auront pas \u00e0 accomplir des p\u00e9nitences rigoureuses: qu'ils regardent seulement avec foi le signe que Dieu leur envoie pour les gu\u00e9rir. J\u00e9sus dira: "Comme Mo\u00efse a \u00e9lev\u00e9 le serpent de bronze dans le d\u00e9sert, ainsi le Fils de l'Homme doit \u00eatre \u00e9lev\u00e9 (sur la croix) pour que celui qui croit ait la vie \u00e9ternelle" (Jn 3,14).
Le r\u00e9cit du serpent dans la Bible est une de ces images dont le sens restera cach\u00e9 et il faudra attendre que le Christ en d\u00e9voile le sens. Il en est de m\u00eame pour l'histoire de Melquis\u00e9dek (Gn 14) et pour l'histoire de Joseph.
C'est la m\u00eame chose dans notre vie, il peut y avoir des incidents dont nous n'avons pas compris le sens \u00e0 l'\u00e9poque. Pourquoi cela m'est-il arriv\u00e9? Un jour, la lumi\u00e8re du Christ nous en donnera le sens.

{N}21,{/}21: A la fin de leurs ann\u00e9es de r\u00e9clusion \u00e0 Qadesh, les Isra\u00e9lites se remettent en marchent avec Mo\u00efse vers la terre de Canaan.
Ils contourn\u00e8rent le pays par le sud et s'install\u00e8rent provisoirement dans les territoires \u00e0 l'est du Jourdain. De grandes victoires y eurent lieu et les Isra\u00e9lites constat\u00e8rent encore une fois, que Dieu \u00e9tait leur sauveur. Dans le Psaume 136, apr\u00e8s avoir lou\u00e9 Dieu "qui nous a fait traverser la Mer Rouge parce que son amour est \u00e9ternel", on rappelle qu'il "a fait mourir de grands rois, Sihon, roi des Amorites, et Og, roi du Bashan."

{N}22,{/}2: C'est ici que commence l'histoire de Balaam, d\u00e9velopp\u00e9e sous forme de l\u00e9gende. Quand le peuple de Dieu a pris le chemin de la libert\u00e9, il affrontait plusieurs dangers: les ennemis, et leur propre l\u00e2chet\u00e9 face aux sacrifices n\u00e9cessaires. Mais un plus grand danger les mena\u00e7ait sans qu'ils le sachent: Balaam, le sorcier, a \u00e9t\u00e9 pay\u00e9 pour leur jeter un mauvais sort. Nous savons tous, bien que nous utilisions des termes plus modernes pour exprimer cette mal\u00e9diction, que nos propres d\u00e9mons peuvent nous conduire au d\u00e9sastre: radicalisation des conflits, refus du risque, et autres p\u00e9ch\u00e9s contre la vie.
Plus tard Dieu rappellera aux Isra\u00e9lites comment il les a prot\u00e9g\u00e9s dans l'incident de Balaam: non seulement il les a prot\u00e9g\u00e9s des ennemis  humains visibles, mais encore d'ennemis invisibles que ni les hommes ni les gouvernants ne pouvaient pr\u00e9voir ou contenir (voir Josu\u00e9 24,9 et Mich\u00e9e 6,5).
Il n'est sans doute pas inutile de rappeler que Balaam, proph\u00e8te des Moabites, avait laiss\u00e9 un souvenir durable dans les terres au-del\u00e0 du Jourdain - voir le commentaire de Gen\u00e8se 32.

{N}24,{/}15: Il semblerait que par tous les moyens, m\u00eame par la bouche de Balaam, Dieu veut proclamer au monde entier le merveilleux destin de son peuple. Nous soulignons ici le plus c\u00e9l\u00e8bre des po\u00e8mes, ou proph\u00e9tie de Balaam (24,15-19) qui annonce l'\u00e9toile de Jacob. Quand le po\u00e8me fut \u00e9crit, cette \u00e9toile faisait allusion au roi David, choisi par Dieu pour inaugurer le Royaume de Dieu en terre d'Isra\u00ebl. Mais \u00e0 travers lui nous reconnaissons un autre \u00e9lu de Dieu, le Christ, celui qui demeure \u00e0 jamais.

{N}25,{/}1: Le libertinage sexuel a quelque chose \u00e0 voir avec la vie d'un peuple. Il ne s'agit pas seulement de moralit\u00e9 priv\u00e9e, car il p\u00e8se lourdement dans le d\u00e9veloppement social, dans l'exercice des responsabilit\u00e9s et la capacit\u00e9 \u00e0 se sacrifier. Dans la Bible, la lutte contre l'immoralit\u00e9 sexuelle est toujours unie \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 envers Dieu.
Quand les Isra\u00e9lites prirent possession de Canaan, les cultes pa\u00efens de ce pays furent pour eux une constante tentation. Une des pratiques les plus courantes de ces cultes \u00e9tait "la prostitution sacr\u00e9e": pour s'unir \u00e0 la divinit\u00e9, les fid\u00e8les s'unissaient aux pr\u00eatresses de cette divinit\u00e9. La pratique pa\u00efenne de la prostitution sacr\u00e9e, s\u00e9v\u00e8rement condamn\u00e9e par la Bible, \u00e9tait encore tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9e au temps de Paul, en particulier \u00e0 Corinthe (1Co 6,16). Ici on nous raconte, \u00e0 titre de le\u00e7on que le peuple avait d\u00e9j\u00e0 commis ce p\u00e9ch\u00e9 au temps de Mo\u00efse et quel en avait \u00e9t\u00e9 le ch\u00e2timent. Le Dieu unique ne tol\u00e9rait pas cette double prostitution: prostitution au sens propre, certes, mais aussi infid\u00e9lit\u00e9 de l'homme qui trahit son Sauveur (Os 4,14).

{N}25,{/}13: Il s'est montr\u00e9 jaloux pour son Dieu: il n'a pas craint qu'on le traite de puritain, d'homme aux id\u00e9es d\u00e9mod\u00e9es et manquant de tol\u00e9rance. Il ne s'est pas content\u00e9 de rire et de prendre des photos.

{N}25,{/}14: C'est ici que finissent les anciennes traditions concernant l'\u00e9poque de Mo\u00efse. Mais, nous trouverons le souvenir de la mort de Mo\u00efse dans le Deut\u00e9ronome (34).

{N}26,{/}1: Les chiffres de ce recensement, \u00e0 la sortie du d\u00e9sert, ne sont pas plus historiques que ceux du premier chapitre. Ils ne sont pas pour autant pur caprice. Ces chiffres, pris s\u00e9par\u00e9ment ou dans leur ensemble, avaient une valeur symbolique et servaient de pr\u00e9texte \u00e0 un enseignement religieux.

{N}31,{/}1: Dans ce chapitre il s'agit de la "guerre sainte". Il est important de se souvenir que tout ceci a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit vers le septi\u00e8me ou le sixi\u00e8me si\u00e8cle avant le Christ, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 Isra\u00ebl n'avait plus les moyens d'attaquer d'autres peuples (voir le commentaire de Josu\u00e9 ch 6 \u00e0 ce sujet). Le massacre des femmes n'est pas d\u00e9crit dans cet \u00e9pisode imaginaire... L'auteur de ce r\u00e9cit n'\u00e9tait pas un assoiff\u00e9 de sang: il voulait seulement insister sur le danger qu'il y avait pour les Isra\u00e9lites \u00e0 se marier avec des femmes pa\u00efennes, \u00e9trang\u00e8res, et m\u00eame \u00e0 les fr\u00e9quenter.

{N}32,{/}1: Tous les Isra\u00e9lites ne sont pas partis ensemble de Qadesh, cette oasis du d\u00e9sert o\u00f9 ils sont rest\u00e9s "quarante ans". La traditionnelle image des Isra\u00e9lites partant comme un seul homme \u00e0 la conqu\u00eate de Canaan est plus po\u00e9tique qu'historique. Ces hommes \u00e9taient jaloux de leur ind\u00e9pendance et chaque groupe errait librement avec ses troupeaux, en dehors des moments difficiles o\u00f9 ils se rassemblaient, comme ils l'avaient fait avec Mo\u00efse. Un certain nombre partirent de Qadesh avant ou apr\u00e8s Mo\u00efse; le groupe le plus important partit en Galaad, de l'autre c\u00f4t\u00e9 du Jourdain, o\u00f9 ils s'install\u00e8rent pacifiquement au milieu d'autres peuples.

{N}32,{/}20: souligne la solidarit\u00e9 entre les Isra\u00e9lites.

{N}35,{/}9: Ces lois concernant les villes de refuge ressemblent \u00e0 celles dont le commentaire se trouve dans Dt 19,1.

