{N}LA JUD\u00c9E{/}

L'usage de ce mot n'appara\u00eet que dans les textes postexiliques (Tobie, 
Judith, Maccab\u00e9es et Daniel, et ensuite, bien s\u00fbr, le Nouveau Testament). 
Mais il n'\u00e9chappe \u00e0 personne que derri\u00e8re lui se cache le nom de Juda. 
C'est \u00e0 partir de la captivit\u00e9 \u00e0 Babylone que l'on attribua le nom de 
Jud\u00e9e \u00e0 la partie m\u00e9ridionale de la Palestine, comprise entre la Mer 
Morte et la M\u00e9diterran\u00e9e_; ce qui correspondait \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 l'ancien 
royaume de Juda. Mais les fronti\u00e8res ont fluctu\u00e9 au gr\u00e9 des alliances et 
des invasions. 
En raison du choix de David et de J\u00e9rusalem par Dieu [1R_11,13] cette 
r\u00e9gion m\u00e9ridionale de la Palestine sera \u00e0 tout jamais le coeur d'Isra\u00ebl.
{K}UNE REGION HETEROCLITE{/}

D'est en ouest, le massif de Jud\u00e9e se subdivise en trois r\u00e9gions tout \u00e0 
fait disparates_: 
La r\u00e9gion occidentale de la Sh\u00e9ph\u00e9lah, au pied de la montagne, pr\u00e9sente 
un paysage de collines basses et arrondies avec d'amples vall\u00e9es propres 
\u00e0 la culture. 
La montagne proprement dite, qui culmine \u00e0 plus de 1000_m., s'\u00e9tend sur 
une longueur de 40 km, de Bethl\u00e9em \u00e0 Beersh\u00e9ba. Elle est form\u00e9e de 
plateaux calcaires et rocailleux dans lesquels s'encaissent les {N}wadis{/}. 
Sur les versants bien expos\u00e9s s'\u00e9tagent en gradins des champs de 
c\u00e9r\u00e9ales, de la vigne, des oliviers et des figuiers. Quant \u00e0 J\u00e9rusalem , 
elle se situe au nord de cette ar\u00eate montagneuse, non loin de la 
fronti\u00e8re qui, \u00e0 l'\u00e9poque biblique, s\u00e9parait la tribu de Juda de celle de 
Benjamin. Les vall\u00e9es profondes qui coupent la Jud\u00e9e d'est en ouest, 
facilitent le passage entre la plaine c\u00f4ti\u00e8re et la vall\u00e9e du Jourdain.
Mais cette r\u00e9gion poss\u00e8de aussi son d\u00e9sert_: le d\u00e9sert de Juda qui 
commence aux portes de J\u00e9rusalem, qui descend graduellement jusqu'\u00e0 la 
vall\u00e9e du Jourdain et \u00e0 la Mer Morte sur un d\u00e9nivel\u00e9 de 1400_m. Sur ce 
versant, la pluviosit\u00e9 diminue, les arbres se font rares, nous sommes ici 
dans le domaine des pasteurs dont les moutons et les ch\u00e8vres tentent 
d'arracher aux collines, durant toute une partie de l'ann\u00e9e, leur maigre 
duvet d'herbe.
{K}UNE ORIGINE INCERTAINE{/}

Le nom de Juda semble d'origine plus g\u00e9ographique qu'historique, \u00e0 
l'inverse de Nephtali ou d'Ephra\u00efm. En effet les textes les plus anciens 
de la Bible omettent la tribu de Juda_; ils mentionnent par contre les 
divers clans qui la constitueront plus tard_: les Q\u00e9nizzites, et parmi 
eux les fils de {N}Caleb{/} et ceux d'{N}Otniel{/}, les {N}Y\u00e9ram\u00e9elites{/}, ou encore 
les clans de P\u00e9r\u00e8\u00e7, de Sh\u00e9la ou de Z\u00e9rah. C'est donc finalement toute une 
mosa\u00efque de clans nomades qui, trouvant leur unit\u00e9 sous la houlette de 
David, prendront le nom de la r\u00e9gion qu'ils occupent, le sud de la 
Palestine. 
Selon les habitudes des soci\u00e9t\u00e9s de culture orale, et pour bien marquer 
que cette tribu appartient au peuple d'Isra\u00ebl, on lui attribuera un 
anc\u00eatre parmi les fils de Jacob et sa m\u00e8re sera L\u00e9a, l'\u00e9pouse d\u00e9laiss\u00e9e 
certes, mais l'\u00e9pouse b\u00e9nie de Dieu.
En effet, dit le texte de la Gen\u00e8se, Yahv\u00e9 vit que L\u00e9a \u00e9tait d\u00e9laiss\u00e9e, 
et il la rendit f\u00e9conde alors que Rachel \u00e9tait st\u00e9rile. Elle fut encore 
enceinte, et pour la quatri\u00e8me fois, elle donna le jour \u00e0 un fils. 
{C}"Cette fois, dit-elle, je chanterai les louanges de Yahv\u00e9." C'est 
pourquoi elle l'appela Juda. Puis elle cessa d'avoir des enfants{/} 
[Gn_29,31] - [Gn_29,35].
{K}BENIE PAR LE PATRIARCHE{/}

Sentant venir sa mort prochaine, Jacob appela ses fils. Apr\u00e8s avoir b\u00e9ni 
les trois premiers, il se tourna vers Juda_: "{C}Juda, tes fr\u00e8res feront 
ton \u00e9loge. Ta main p\u00e8sera sur le cou de tes ennemis, les fils de ton p\u00e8re 
se prosterneront devant toi. Juda, mon fils, tu es comme un jeune lion 
qui revient avec sa proie_! Il s'est accroupi comme un lion, allong\u00e9 
comme une lionne_: qui osera le provoquer_? On n'enl\u00e8vera pas \u00e0 Juda le 
sceptre royal, ni le b\u00e2ton de commandement d'entre ses pieds jusqu'au 
jour o\u00f9 viendra celui \u00e0 qui tous les peuples ob\u00e9iront. Il attache \u00e0 la 
vigne son \u00e2ne, au pied de la vigne le petit de son \u00e2nesse. Il lave dans 
le vin son v\u00eatement, et dans le sang des raisins, son manteau."{/} 
[Gn_49,8] - [Gn_49,12].
On reconna\u00eet ici sans peine l'oeuvre des scribes de la dynastie royale de 
J\u00e9rusalem. N'\u00e9tait ce pas David qui s'\u00e9tait impos\u00e9 \u00e0 toutes les tribus_? 
Mais derri\u00e8re David se profile d\u00e9j\u00e0 un autre Roi_: un roi selon le coeur 
de Dieu, qui descendra le mont des Oliviers mont\u00e9 sur un \u00e2non, le petit 
d'une \u00e2nesse, un roi \u00e0 qui tous les peuples de la terre seront soumis. 
Son v\u00eatement sera souill\u00e9 de son propre sang [Is_63,1] - [Is_63,3], pour 
que par le vin de l'alliance nouvelle et \u00e9ternelle, toutes les nations 
soient d\u00e9finitivement r\u00e9concili\u00e9es avec Dieu.
{K}- BETHANIE{/}

Sur la pente orientale du mont des Oliviers, le village de B\u00e9thanie se 
dresse au-dessus du paysage aust\u00e8re des collines de Juda, qui descendent 
jusqu'au Jourdain_; on d\u00e9couvre \u00e0 l'horizon les monts de Moab. Dans ce 
village situ\u00e9 {C}pr\u00e8s de J\u00e9rusalem \u00e0 une distance de quinze stades{/} 
[Jn_11,18], soit un peu plus de deux kilom\u00e8tres, l'Evangile de Jean 
localise la R\u00e9surrection de Lazare qui a d'ailleurs donn\u00e9 son nom \u00e0 
l'actuelle bourgade arabe_: {C}el Azarieh{/}.
J\u00e9sus \u00e9tait familier de l'endroit. La maison de {N}Lazare{/} et de ses deux 
soeurs, Marthe et Marie, fut pour lui un havre d'amiti\u00e9 et de paix. Il 
est justement c\u00e9l\u00e8bre par le signe magistral que Jean rapporte au 
chapitre 11 de son livre_: J\u00e9sus rappelle \u00e0 la vie son ami Lazare, et 
annonce par l\u00e0 une derni\u00e8re fois le myst\u00e8re de sa Passion et de sa 
R\u00e9surrection.
Sur le sentier qui descend de l'ancien village vers l'est, sont align\u00e9es 
des tombes ant\u00e9rieures \u00e0 la ruine de J\u00e9rusalem en 70_: parmi elles se 
trouve celle de Lazare.
Le tombeau, dit de Lazare, est aujourd'hui surmont\u00e9 d'un minaret. Creus\u00e9 
dans la roche, il est fait d'un vestibule et d'une chambre fun\u00e9raire, en 
contre-bas de trois marches._ Les t\u00e9moignages concernant le tombeau de 
Lazare sont nombreux d\u00e8s le 3\u00e8me si\u00e8cle, parmi eux celui d'Orig\u00e8ne (185-
254). Par diverses relations de voyage des p\u00e9lerins du 4\u00e8me si\u00e8cle, on 
apprend qu'un premier sanctuaire, avec atrium, fut construit sur le 
tombeau entre 330 et 390. 
Retenons ici l'onction de {N}Marie{/} qui versa sur les pieds de J\u00e9sus une 
livre d'un parfum tr\u00e8s pur et de tr\u00e8s grande valeur [Jn_12,1] - 
[Jn_12,11], geste proph\u00e9tique aussi qui, quelques jours avant la P\u00e2que, 
anticipe l'ensevelissement de J\u00e9sus.

{K}- BETHL\u00c9EM{/}

J\u00e9sus \u00e9tait n\u00e9 \u00e0 Bethl\u00e9em de Juda, au temps du roi H\u00e9rode{N}{/} [Mt_2,1]. 
Ville du Messie-Sauveur, mais aussi ville de David, le roi berger, et de 
son anc\u00eatre Ruth, la Moabite, Bethl\u00e9em tire probablement son nom d'une 
vieille divinit\u00e9 assyrienne, le dieu Lahamu. Mais dans la tradition 
chr\u00e9tienne, par le jeu d'une \u00e9tymologie populaire et approximative, elle 
restera "la maison du pain", J\u00e9sus n'est-il pas en v\u00e9rit\u00e9 {C}le pain vivant 
descendu du ciel{/}_? [Jn_6,51].
Bethl\u00e9em se trouve \u00e0 sept kilom\u00e8tres au sud de J\u00e9rusalem, \u00e0 pr\u00e8s de huit 
cents m\u00e8tres d'altitude sur les mont de Juda. Elle eut une importance 
strat\u00e9gique d\u00e8s l'antiquit\u00e9, de par sa situation sur la route des 
caravanes qui se rendaient de J\u00e9rusalem en Egypte, via H\u00e9bron. L'homme 
s'y est \u00e9tabli d\u00e8s l'\u00e2ge de pierre. Apr\u00e8s une occupation philistine, le 
village, selon le livre des Chroniques [2Ch_11,6] aurait \u00e9t\u00e9 fortifi\u00e9 par 
Roboam. 
Berceau de la dynastie davidique l'humble bourgade n'aurait jamais connu 
une telle c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 si J\u00e9sus, descendant de David, n'y \u00e9tait n\u00e9. C'est 
ici que dans un premier temps nous retrouvons David et son a\u00efeule, Ruth 
la Moabite.
{K}UNE A\u00cfEULE BIEN SYMPATHIQUE{/}

Le livre de Ruth_! Quelle bouff\u00e9e de fra\u00eecheur, d'affection et de 
tendresse, dans cette peinture des vertus familiales, au moment o\u00f9 le 
lecteur est si souvent d\u00e9rout\u00e9 par les r\u00e9cits violents du Livre des Juges 
ou des Livres de Samuel_! Ruth l'\u00e9trang\u00e8re \u00e9pouse Booz, le propri\u00e9taire 
du champ sur lequel elle glanait les orges. De cette union na\u00eetra Obed, 
le p\u00e8re de Jess\u00e9 qui engendrera David.
{K}LE ROI QU'ON N'ATTENDAIT PAS{/} 
Dieu n'avait-il pas fait savoir aux enfants d'Isra\u00ebl, de bien des fa\u00e7ons, 
que leurs pens\u00e9es n'\u00e9taient pas ses pens\u00e9es, que leurs chemins n'\u00e9taient 
pas ses chemins [Is_55,8]_? Et voici qu'\u00e0 Bethl\u00e9em, une nouvelle fois, 
Dieu choisit un inconnu pour en faire le roi de son peuple_: le petit 
p\u00e2tre, pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 ses fr\u00e8res [1S_16,1].
{K}LA PROPH\u00c9TIE DE MICH\u00c9E{/}

Bethl\u00e9em, c'est encore la proph\u00e9tie de Mich\u00e9e qui atttend un Messie, 
nouveau David issu lui aussi de Bethl\u00e9em_: Bethl\u00e9em Efrata, bien que tu 
sois le plus petit des clans de Juda, c'est de toi que me na\u00eetra celui 
qui doit r\u00e9gner sur Isra\u00ebl_; ses origines remontent aux temps anciens, 
aux jours d'autrefois. ([Mi_5,1] .. [Mi_5,4]).
C'est dans cette petite bourgade de Juda que le peuple d'Isra\u00ebl attend 
avec son proph\u00e8te la naissance du descendant de David, celui qui viendra 
sauver son peuple.
{K}J\u00c9SUS EST-IL N\u00c9 \u00c0 BETHL\u00c9EM_?{/}

Chez ceux que l'\u00e9vangile d\u00e9concerte, c'et presque une mode dedire qu'on 
ne sait rien de la naissance de J\u00e9sus et qu'on a parl\u00e9 de Bethl\u00e9em pour 
sa naissance pour cette seule raison qu'on le croyait Messie, donc \u00ab_Fils 
de David_\u00bb, donc descendant de David qui \u00e9tait de Bethl\u00e9em, donc n\u00e9 \u00e0 
Bethl\u00e9em. Aucun argument n'a jamais \u00e9t\u00e9 apport\u00e9 contre le t\u00e9moignage des 
\u00e9vangiles et, comme \u00e9crivait Joachim Jeremias, lapreuve incombe \u00e0 celui 
qui nie le t\u00e9moignage, non \u00e0 celui qui le re\u00e7oit. Au t\u00e9moignage de 
l'Ecriture se joignent bien d'autres t\u00e9moins. 
En 135, Bethl\u00e9em est occup\u00e9e par une l\u00e9gion romaine qui liquide les 
derniers insurg\u00e9s soulev\u00e9s par Bar Kochba. Alors l'empereur Hadrien, 
traitant avec le m\u00eame m\u00e9pris Juda\u00efsme et Christianisme, fait pour 
l'Eglise ce qu'il a fait pour la Synagogue. A Mambr\u00e9 il a transform\u00e9 le 
lieu qui garde souvenir d'{N}Abraham{/} en un march\u00e9 o\u00f9 l'on vend les Juifs 
r\u00e9duits en esclavage. A Bethl\u00e9em, il entoure la grotte d'un bois sacr\u00e9 en 
l'honneur de Tammous, l'Adonis des Grecs, dont le culte va se c\u00e9l\u00e9brer 
dans la grotte m\u00eame. C'est donc que l'authenticit\u00e9 de la grotte \u00e9tait 
reconnue par la plus ancienne tradition chr\u00e9tienne.
Au d\u00e9but du 3\u00e8me_si\u00e8cle, le Christianisme est en pleine expansion et 
Bethl\u00e9em attire de plus en plus de p\u00e8lerins. En 326, Sainte H\u00e9l\u00e8ne, la 
m\u00e8re de Constantin qui s'est converti au Christianisme, engage les 
travaux de construction d'une grande basilique \u00e0 cinq nefs, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d'un 
vaste atrium.
{K}LA GROTTE{/}

Sous la basilique se trouve la grotte de la Nativit\u00e9 \u00e0 laquelle on acc\u00e8de 
par un escalier am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 droite du choeur. Chaque anfractuosit\u00e9 de la 
grotte a connu au cours des \u00e2ges d\u00e9nomination, affectation et 
modification. Saint J\u00e9r\u00f4me, aurait travaill\u00e9 ici \u00e0 sa traduction des deux 
Testaments en latin. Il s'\u00e9tait install\u00e9 dans une grotte proche. 
N'oublions pas qu'\u00e0 l'\u00e9poque de J\u00e9sus ces grottes \u00e9taient en plein centre 
du village de Bethl\u00e9em. Comme \u00e0 Nazareth et comme dans bien d'autres 
lieux de Palestine, bien des maisons s'\u00e9taient construites \u00e0 partir d'une 
anfractuosit\u00e9 naturelle_; avec le temps on avait ajout\u00e9 des pi\u00e8ces sur le 
devant.
{K}LE TOMBEAU DE RACHEL{/}

La tradition a localis\u00e9 la s\u00e9pulture de Rachel, la femme bien-aim\u00e9e de 
Jacob et la m\u00e8re de trois tribus_: Ephra\u00efm-Manass\u00e9, et Benjamin, \u00e0 la 
sortie de Bethl\u00e9em, sur la route de J\u00e9rusalem. Un petit monument blanc, 
surmont\u00e9 d'un d\u00f4me, abriterait donc la seconde femme de Jacob. Mais cette 
localisation se trouve contest\u00e9e par un passage du livre de Samuel qui 
situe la tombe de Rachel dans le territoire de Benjamin [1S_10,2], pr\u00e8s 
de B\u00e9thel.
Il est probable que la localisation de la tombe a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9e de 
B\u00e9thel \u00e0 Bethl\u00e9em, comme cela est arriv\u00e9 pour d'autres lieux v\u00e9n\u00e9r\u00e9s, en 
raison d'\u00e9v\u00e9nements politiques_: lorsque les territoires du nord 
tomb\u00e8rent entre les mains des Assyriens, il devenait impossible pour les 
habitants du sud d'aller v\u00e9n\u00e9rer le tombeau de Rachel. C'est alors qu'on 
se replia sur la r\u00e9gion de Bethl\u00e9em.

{K}- EKRON{/}

"Les cinq petits royaumes philistins sont_: Gaza, Ashdod, Ashk\u00e9lon, Gat 
et Ekron."{/} [Jos_13,3]
Eqron faisait partie de cette f\u00e9d\u00e9ration philistine qui allait dominer 
les terres fertiles de la plaine c\u00f4ti\u00e8re et de la Sh\u00e9ph\u00e9la \u00e0 partir du 
12\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., en conflit permanent avec les Isra\u00e9lites de la 
r\u00e9gion montagneuse. De la poterie et des outils de silex bien ant\u00e9rieurs 
\u00e0 l'\u00e9poque philistine indiquent que le site \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9 au 
4\u00e8me_mill\u00e9naire av.J.C. 
{K}LA CIT\u00c9-\u00c9TAT  PHILISTINE{/} 
Eqron est un des plus grands sites de l'Age du Fer en Palestine, un 
centre urbain important entre le 12\u00e8me et le 10\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C._; la 
ville est entour\u00e9e d'un puissant syst\u00e8me de fortifications. A l'int\u00e9rieur 
de ce mur d'enceinte, s'\u00e9levaient des \u00e9difices publics et des quartiers 
industriels o\u00f9 l'on a d\u00e9couvert de la poterie philistine, mais aussi des 
objets d'inspiration cypriote et \u00e9g\u00e9enne. Des statues assises de 
divinit\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s dans le lieu de culte, au centre de la ville.
{K}UNE INDUSTRIE DE L'OLIVE{/}

La fabrication de l'huile d'olive a fait la richesse de la cit\u00e9. La 
production d\u00e9passant largement les besoins de la population, le surplus 
\u00e9tait export\u00e9 vers les villes du royaume de Juda, en particulier sur 
J\u00e9rusalem. Les olives \u00e9taient d'abord \u00e9cras\u00e9es, puis mises dans des 
paniers de paille que l'on pla\u00e7ait sous une presse rudimentaire, faite 
d'une grosse pierre actionn\u00e9e par des leviers en bois. L'huile ainsi 
extraite se d\u00e9versait dans des cuves de pierre. Des centaines de jarres 
de d\u00e9cantation ou de conservation ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9es dans les diff\u00e9rentes 
habitations. En effet il s'agissait l\u00e0 d'une industrie familiale. A 
Ekron, des autels faits d'une seule pierre, tr\u00e8s souvent \u00e0 quatre cornes, 
comme les autels canan\u00e9ens, \u00e9taient plac\u00e9s tout pr\u00e8s des pressoirs.
D'autres installations \u00e9taient compos\u00e9es de deux cuves_; la plus plate se 
trouvait \u00e0 l'entr\u00e9e de la maison et se d\u00e9versait \u00e0 l'ext\u00e9rieur dans une 
plus creuse. Les habitants d'Eqron, qui n'\u00e9taient occup\u00e9s que deux mois 
de l'ann\u00e9e par la production d'huile d'olive, se livraient peut-\u00eatre le 
reste de l'ann\u00e9e, \u00e0 l'artisanat du cuir et \u00e0 la culture du lin.
Ekron fut d\u00e9truite en 701 par Sennach\u00e9rib qui commen\u00e7a sa campagne en 
ravageant les cit\u00e9s c\u00f4ti\u00e8res de Philistie.

{K}- GABAON{/}

Gabaon \u00e9tait une grande ville, comme une capitale royale_; elle \u00e9tait 
plus grande que A\u00ef et ses hommes \u00e9taient tous entra\u00een\u00e9s.{/} [Jos_10,2]
Gabaon, \u00e0 une quinzaine de kilom\u00e8tres au nord-ouest de J\u00e9rusalem sur la 
route de Beth Horon, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0, au 2\u00e8me_mill\u00e9naire av.J.C., une 
puissante cit\u00e9 canan\u00e9enne. Josu\u00e9 et le Dieu d'Isra\u00ebl firent la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 
de la ville lorsque, selon la tradition rapport\u00e9e dans le livre sacr\u00e9, 
ils arr\u00eat\u00e8rent le soleil dans sa course.
Dans ce r\u00e9cit populaire qui reprend un vieil \u00e9crit po\u00e9tique, le Livre du 
Juste, le Livre de Josu\u00e9 rappelle \u00e0 Isra\u00ebl les merveilles que Dieu fit 
pour lui. Isra\u00ebl doit apprendre que ce n'est pas par la force de ses 
armes qu'il triomphe du mal. Sa force est en Dieu, et c'est lui qui donne 
\u00e0 son peuple la Terre Promise. {C}Les autres ont leurs chars, leurs 
chevaux, mais nous, nous invoquons le nom du Seigneur notre Dieu{/} 
[Ps_20,8].
{K}GABAON \u00c0 L'\u00c9POQUE ROYALE{/}

Apr\u00e8s sa victoire sur les Philistins, {C}Sa\u00fcl construisit un autel \u00e0 Yahv\u00e9 
et ce fut le premier autel qu'il construisit{/} [1S_14,35]; l'examen des 
lieux autorise \u00e0 faire un rapprochement entre cet autel de fortune et "la 
grande pierre qui se trouvait \u00e0 Gabaon" [2S_20,8], et sur laquelle les 
animaux \u00e9taient sacrifi\u00e9s. C'est \u00e0 ce lieu sacr\u00e9 de la tribu de Benjamin 
que le roi Salomon {C}se rendit pour y offrir des sacrifices_; c'\u00e9tait le 
haut-lieu principal... L\u00e0, \u00e0 Gabaon, Yahv\u00e9 apparut en songe \u00e0 Salomon 
pendant la nuit{/}.{C} Il lui dit_: "Demande-moi ce que tu veux et je te le 
donnerai."{/} [1R_3,4] .. [1R_3,13]). 
D\u00e8s le 10\u00e8me_si\u00e8cle la ville est entour\u00e9e d'une muraille. Le syst\u00e8me 
d'adduction d'eau \u00e0 partir d'une source qui se trouvait en contre-bas, \u00e0 
l'ext\u00e9rieur du mur d'enceinte, rappelle ceux de Meguiddo, Hasor, G\u00e9zer et 
J\u00e9rusalem_: un tunnel partant de l'int\u00e9rieur des murailles permettait 
d'acc\u00e9der au bassin de la source par un escalier d'une centaine de 
marches, taill\u00e9 dans la roche, sans craindre les assaillants.

{K}- GU\u00c9ZER{/}

A une trentaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l'ouest de J\u00e9rusalem, sur les derniers 
contreforts des montagnes de Juda se dresse Gu\u00e9zer. Elle devient \u00e0 
l'\u00e9poque royale, avec Hasor et Meguiddo, l'une des trois grandes 
forteresses contr\u00f4lant les routes possibles d'invasion [1R_9,15]. Durant 
un mill\u00e9naire encore elle partagera les heures de prosp\u00e9rit\u00e9 comme les 
temps de guerre de cette r\u00e9gion de Jud\u00e9e.
{K}UN BON OBSERVATOIRE{/}

Rien en apparence ne laisse deviner, en ce lieu o\u00f9 s'affaissent les 
derni\u00e8res pentes des collines, l'int\u00e9r\u00eat strat\u00e9gique de Gu\u00e9zer_; seul le 
trac\u00e9 des anciennes routes explique sa position privil\u00e9gi\u00e9e. La Via Maris 
monte d'Egypte_; apr\u00e8s avoir long\u00e9 la c\u00f4te nord de la presqu'\u00eele du 
Sina\u00ef, elle traverse le pays des Philistins passant \u00e0 Ekron, \u00e0 11_km \u00e0 
vol d'oiseau_; ensuite elle poursuivra sa route vers le Carmel dont elle 
traversera les prolongements \u00e0 la passe de Meguiddo. Un autre axe, 
transversal celui-l\u00e0, venant de la plaine c\u00f4ti\u00e8re, grimpe vers J\u00e9rusalem 
pour redescendre vers J\u00e9richo et de l\u00e0 p\u00e9n\u00e9trer en Transjordanie_: ces 
deux voies majeures se croisent sous les yeux de Gu\u00e9zer. On comprend que 
cette position strat\u00e9gique ait conduit tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 la fortification de 
cette butte. 
Le site fut occup\u00e9 d\u00e8s le 4\u00e8me_mill\u00e9naire, comme l'attestent les 
relations commerciales avec l'empire des Pharaons. Au 17\u00e8me_si\u00e8cle 
av.J.C., les Hyksos s'emparent de la ville et construisent un 
impressionnant syst\u00e8me de d\u00e9fense_: un rempart colossal renforc\u00e9 par des 
tours \u00e9normes. A l'int\u00e9rieur de la muraille, sur une vaste esplanade, le 
sanctuaire de Gu\u00e9zer dresse ses dix "masseboths"  ou \u00ab_pierres lev\u00e9es_\u00bb 
vers le ciel. C'est le plus bel exemple de haut-lieu de ce type trouv\u00e9 \u00e0 
ce jour_: les {C}pierres lev\u00e9es{/} ont ici entre 1,50_m et 3_m de haut_; 
devant l'une d'entre elles un cube de pierre creus\u00e9 en forme de cuve 
\u00e9tait peut-\u00eatre destin\u00e9 \u00e0 recevoir l'huile pour les libations.
Une population nouvelle, qui s'est facilement assimil\u00e9e aux Canan\u00e9ens, 
habite la cit\u00e9_: les {N}Horites{/}. Peuple d'origine inconnue, intr\u00e9pides 
cavaliers et habiles conducteurs de chars, ils arrivaient de la 
M\u00e9sopotamie du Nord. Ils exerc\u00e8rent longtemps leur domination sur les 
\u00e9tats voisins de Syrie et de Palestine. 
{K}GU\u00c9ZER DANS LA BIBLE{/}

Au 16\u00e8me si\u00e8cle, les arm\u00e9es \u00e9gyptiennes interviennent et la ville est 
ravag\u00e9e. Puis la d\u00e9cadence \u00e9gyptienne favorise la mainmise des Philistins 
sur le sud-ouest de la Palestine et le Livre des Juges nous laisse une 
image de Gu\u00e9zer, habit\u00e9e en majorit\u00e9 sans doute par une population 
canan\u00e9enne, mais contr\u00f4l\u00e9e par des princes philistins.
Au temps de Salomon, Gu\u00e9zer est de nouveau mentionn\u00e9e dans la Bible{C}_: Le 
Pharaon, roi d'Egypte, \u00e9tait mont\u00e9 et s'\u00e9tait empar\u00e9 de G\u00e9zer_; il br\u00fbla 
la ville et tua les Canan\u00e9ens qui l'habitaient, puis il donna la ville en 
dot \u00e0 sa fille, la femme de Salomon.{/} {C}Salomon reb\u00e2tit donc G\u00e9zer.{/} 
[1R_9,16] - [1R_9,17]. L'architecture est alors caract\u00e9ristique de 
l'\u00e9poque salomonienne_: on la voit aujourd'hui, admirablement conserv\u00e9e, 
avec son collecteur d'eaux usag\u00e9es qui la traverse souterrainement de 
part en part. A la m\u00eame \u00e9poque, au 10\u00e8me si\u00e8cle, on avait am\u00e9nag\u00e9 le 
syst\u00e8me qui assurait l'acc\u00e8s \u00e0 l'eau en cas de si\u00e8ge_: il consistait en 
un puits profond de 7 m\u00e8tres qui menait \u00e0 un tunnel de 41 m\u00e8tres de long 
aboutissant \u00e0 la grotte o\u00f9 sourdait l'eau.
Ce formidable syst\u00e8me de d\u00e9fense, en tout semblable \u00e0 ceux de Meguiddo et 
d'Hasor, est rest\u00e9 en l'\u00e9tat jusqu'\u00e0 la conqu\u00eate du pays par les 
Assyriens. Dans les b\u00e2timents de ce qui avait \u00e9t\u00e9 le centre administratif 
on a retrouv\u00e9 une petite plaque de calcaire sur laquelle \u00e9tait grav\u00e9 le 
calendrier agricole. Ecrit en h\u00e9breu ancien, il fournit une liste des 
mois de l'ann\u00e9e en rapport avec le d\u00e9roulement saisonnier des travaux de 
la terre. 
Apr\u00e8s la mort de Salomon, la forteresse de G\u00e9zer fut partiellement 
d\u00e9truite_; le Pharaon Sheshonk \u00e9tait pass\u00e9 par l\u00e0 au cours de la campagne 
qu'il menait en Asie. Au 7\u00e8me_si\u00e8cle, le sud de la Palestine devint une 
r\u00e9gion d'un int\u00e9r\u00eat tout particulier pour les Assyriens, puisqu'elle 
gardait la route de l'Egypte, objet de leur convoitise. L'arch\u00e9ologie 
atteste la pr\u00e9sence massive d'Assyriens dans la cit\u00e9, qui prend alors le 
rang de forteresse d'avant-garde pour les souverains de Ninive, et cela 
jusqu'\u00e0 l'invasion babylonienne, qui mettra fin au royaume de Juda.
La derni\u00e8re occupation date de la p\u00e9riode des Maccab\u00e9es, la ville est 
alors appel\u00e9e {N}Gazara{/}. Simon Maccab\u00e9e s'empara de la cit\u00e9, occup\u00e9e par 
les hommes de Bakid\u00e8s, g\u00e9n\u00e9ral du roi d'Antioche D\u00e9m\u00e9trius, il s'y 
installa pour un temps, puis il la confia \u00e0 son fils, le futur Jean 
Hyrcan{C}{/} [1M_13,53]. 
Les Crois\u00e9s_firent revivre pour quelques ann\u00e9es le nom de G\u00e9zer avec la 
Seigneurie de Mont-Gisart. C'est au pied de Montgisart que Baudoin_IV, le 
roi l\u00e9preux, dans une charge h\u00e9ro\u00efque contre un ennemi enorgueilli par 
ses premiers succ\u00e8s, an\u00e9antit l'arm\u00e9e de Saladin qui, d\u00e9j\u00e0, marchait sur 
J\u00e9rusalem_: on \u00e9tait en 1177.

{K}- H\u00c9BRON-MAMBR\u00c9{/}

"Abram leva la tente et vint habiter au ch\u00eane de Mambr\u00e9 qui est \u00e0 
H\u00e9bron_; il y \u00e9leva un autel \u00e0 Yahv\u00e9"{N}{/} [Gn_13,18].
Au coeur des collines d'H\u00e9bron, autrefois couvertes de ch\u00eanes et de 
t\u00e9r\u00e9binthes, s'est enracin\u00e9e la foi de nos P\u00e8res. Pour les croyants des 
trois religions monoth\u00e9istes, juive, chr\u00e9tienne et musulmane, ce lieu est 
charg\u00e9 de sens_: l'exp\u00e9rience religieuse d'Abraham, l'homme \u00e0 qui Dieu 
s'est manifest\u00e9 et en qui{C} sont b\u00e9nies toutes les familles de la terre.{/} 
Tous y v\u00e9n\u00e8rent les tombeaux des Patriarches et c\u00e9l\u00e8brent avec la m\u00eame 
ferveur leur p\u00e8re commun Abraham, "{C}l'Ami de Dieu{/}". H\u00e9bron est encore la 
premi\u00e8re grande \u00e9tape de l'ascension de David_:  ici, {C}les hommes de Juda 
se rassembl\u00e8rent, et ils consacr\u00e8rent David comme roi sur la maison de 
Juda{/} [2S_2,4].
{K}ABRAHAM AU CH\u00caNE DE MAMBR\u00c9{/}

Des migrations successives conduisent Abraham et le clan de son p\u00e8re, 
d'{N}Ur{/} en Chald\u00e9e (Irak actuel) \u00e0 {N}Haran{/} en Haute M\u00e9sopotamie (en 
Turquie de l'est aujourd'hui). A l'appel de Dieu, Abraham quitte le clan 
paternel. Combl\u00e9 de b\u00e9n\u00e9dictions et de promesses, promesse d'un pays et 
d'une descendance, il part vers le pays de Canaan [Gn_2,15]. De campement 
en campement, le nomade passe au lieu saint de Sichem, \u00e0 B\u00e9thel (La 
Maison de Dieu), et pour en finir, il {C}vient s'\u00e9tablir au ch\u00eane de 
Mambr\u00e9, qui est \u00e0 H\u00e9bron {/} ([Gn_13,18]).
A l'\u00e9poque royale, une voie sacr\u00e9e menait au lieu saint qui regroupait 
l'autel, le puits et le ch\u00eane d'Abraham. H\u00e9rode l'entoura d'une enceinte 
monumentale, dont il reste d'\u00e9normes blocs  de pierre. Le site fut 
d\u00e9truit lors de la premi\u00e8re r\u00e9volte juive contre les Romains, en 70 de 
notre \u00e8re, mais les pierres furent r\u00e9utilis\u00e9es par l'empereur Hadrien qui 
\u00e9leva un temple en l'honneur d'Herm\u00e8s. 
Seul le livre de la Gen\u00e8se cite le lieu saint de Mambr\u00e9. Ce sanctuaire 
tribal, o\u00f9 l'on v\u00e9n\u00e9rait un ch\u00eane, risquait d'encourager le retour aux 
cultes de la nature condamn\u00e9s par la loi de Mo\u00efse_: sans doute est-ce 
pour cela qu'il fut abandonn\u00e9 lors de la r\u00e9forme de Josias en 722 av.J.C. 
[2R_23,1].
C'est l\u00e0 pourtant que, d\u00e8s l'\u00e9poque royale, les p\u00e8lerins Isra\u00e9lites 
comm\u00e9moraient le renouvellement de la promesse faite par Dieu au P\u00e8re des 
Croyants_: promesse de le pourvoir contre toute \u00e9vidence d'une 
descendance innombrable.
{K}UN FILS \u00c0 TOI, N\u00c9 DE TON SANG{/}

Alors la parole de Yahv\u00e9 lui fut adress\u00e9e en ces termes_:{C} "Ton h\u00e9ritier 
sera un enfant \u00e0 toi n\u00e9 de ton sang." Il le fit sortir de sa tente_: 
"Regarde le ciel et compte les \u00e9toiles si tu peux les compter." Et il 
ajouta_: "Ainsi sera ta descendance." Abram crut en Yahv\u00e9, et pour cela, 
Yahv\u00e9 le regarda comme juste{/} [Gn_15,1].
C'est \u00e0 Mambr\u00e9 qu'Abraham pr\u00e9pare le sacrifice rituel de toute alliance 
chez les nomades_: des animaux partag\u00e9s entre lesquels passent les 
contractants. Et voici que Dieu lui-m\u00eame s'engage, le premier_: soudain 
la nuit qui d\u00e9j\u00e0 se fait noire s'embrase, le feu d'une fournaise dissipe 
les t\u00e9n\u00e8bres... Dieu est pass\u00e9_! L'Alliance est sign\u00e9e de la main m\u00eame de 
Yahv\u00e9. 
C'est \u00e0 Mambr\u00e9 que par la gr\u00e2ce de Dieu l'impossible devient r\u00e9alit\u00e9_et 
na\u00eet le fils de la promesse. C'est \u00e0 Mambr\u00e9 qu'Abraham avait re\u00e7u ses 
trois myst\u00e9rieux visiteurs, lesquels en d\u00e9finitive n'\u00e9taient que 
l'Unique.
{K}H\u00c9BRON, UNE DES PLUS ANCIENNES VILLES DE JUDA{/}

D'apr\u00e8s le livre des Nombres, {C}H\u00e9bron avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sept ans avant la 
ville de Tanis en Egypte{/}. [Nb_13,22]. Tanis-Zoan fut une cit\u00e9 
florissante, dans la partie nord-est du delta du Nil, les Hyksos en 
firent leur capitale. Mais il semble qu'H\u00e9bron soit encore plus ancienne 
: au d\u00e9but du deuxi\u00e8me mill\u00e9naire c'\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 une ville fortifi\u00e9e. La 
cit\u00e9 jouait un r\u00f4le important dans les montagnes  de Juda et poss\u00e9dait 
d\u00e9j\u00e0 une culture \u00e9crite. 
La ville canan\u00e9enne s'appelait aussi {N}Quiryat-Arba{/}, "la ville des 
Quatre". Dans le sanctuaire central devaient se rassembler les quatre 
clans qui occupaient les quartiers de la ville et ses environs. 
{K}A H\u00c9BRON, ABRAHAM ACH\u00c8TE UNE TOMBE ET UNE TERRE{/}

On sait l'importance de l'achat par Abraham d'un terrain o\u00f9 sera enterr\u00e9e 
{N}Sara{/}. Il acquiert non seulement la grotte et le champ, mais tous les 
arbres qui se trouvent dans le champ_; il devient ainsi propri\u00e9taire 
d'une premi\u00e8re parcelle de la Terre que Dieu lui a jur\u00e9e.
{K}LA S\u00c9PULTURE DES PATRIARCHES_: LE HARAM EL KHALIL{/}

Abraham fit de la grotte de Makp\u00e9la le lieu de la s\u00e9pulture familiale. 
C'est l\u00e0 qu'il fut enterr\u00e9 lui-m\u00eame, aupr\u00e8s de Sara {C}lorsqu'il mourut 
dans une vieillesse heureuse, \u00e2g\u00e9 et rassasi\u00e9 de jours{/} ([Gn_25,8]). 
Le lieu saint a re\u00e7u le nom de Haram el Khalil, le Sanctuaire de l'Ami. 
Synagogue de fortune, architecture du temps des Crois\u00e9s, minbar et mirhab 
musulmans rappellent qu'ici tous les fils d'Abraham se r\u00e9clament d'un 
Dieu unique. Tous, Juifs, Chr\u00e9tiens et Musulmans v\u00e9n\u00e8rent en Abraham leur 
p\u00e8re dans la foi. Abraham est notre p\u00e8re \u00e0 tous ([Rm_4,16] - [Rm_4,17]). 
L'esp\u00e9rance dont Abraham est porteur concerne l'humanit\u00e9 tout enti\u00e8re_:{C} 
L\u00e0, il n'y a plus de distinctions_: Juif et Grec, esclave et homme libre, 
homme et femme_; tous vous \u00eates devenus un dans le Christ J\u00e9sus. Et si 
vous \u00eates au Christ, vous \u00eates la descendance d'Abraham, les h\u00e9ritiers de 
la promesse{/} [Ga_3,26] - [Ga_3,29].
{K}LE ROI DAVID \u00c0 H\u00c9BRON{/}

Lors de la conqu\u00eate du pays de Canaan, {C}Josu\u00e9, \u00e0 la t\u00eate de tout Isra\u00ebl, 
monta d'Eglon vers H\u00e9bron et l'attaqua. Ils s'en empar\u00e8rent{/} 
([Jos_10,36]). Plus tard, Josu\u00e9 attribue la cit\u00e9 et son territoire \u00e0 
Caleb qui, seul parmi les \u00e9claireurs envoy\u00e9s par Mo\u00efse pour reconna\u00eetre 
la Terre Promise, n'avait ni d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 le pays, ni d\u00e9courag\u00e9 le peuple.
La r\u00e9gion d'H\u00e9bron, rattach\u00e9e aux clans cal\u00e9bites, joue un r\u00f4le capital 
au d\u00e9but de l'histoire de David. Poursuivi par Sa\u00fcl, David y trouve 
refuge. Il \u00e9pouse {N}Abigayil{/}, la veuve d'un notable cal\u00e9bite. Cette union 
l'int\u00e8gre \u00e0 cette puissante tribu et en fait comme le fils-h\u00e9ritier de 
Caleb. Oint du Seigneur, guerrier habile et courageux, aur\u00e9ol\u00e9 de la 
gloire de ses victoires, {C}David consulta alors Yahv\u00e9_: "Monterai-je dans 
l'une des villes de Juda_?" Yahv\u00e9 r\u00e9pondit_: "Monte." David ajouta_: "O\u00f9 
monterai-je ?" Et Yahv\u00e9 r\u00e9pondit_: "A H\u00e9bron." David monta donc avec ses 
deux femmes, Ahinoam de Yizr\u00e9el et Abigayil femme de Nabal de Karmel. 
David fit monter encore ses compagnons d'armes, chacun avec sa famille, 
et ils s'install\u00e8rent dans les villes d'H\u00e9bron. Alors les hommes de Juda 
se rassembl\u00e8rent, et l\u00e0, ils consacr\u00e8rent David comme roi sur la maison 
de Juda{/} [2S_2,2] - [2S_2,4].
C'est ainsi que royaume de Juda entre dans l'histoire.

{K}- H\u00c9RODE ET L'H\u00c9RODIUM{/}

La forteresse de l'H\u00e9rodium se dresse \u00e0 cinq kilom\u00e8tres au sud-est de 
Bethl\u00e9em, dans des terres semi-arides aux confins des collines et du 
d\u00e9sert de Juda. Elle s'inscrit dans un ensemble architectural de d\u00e9fense 
aussi bien que de prestige, r\u00e9alis\u00e9 par H\u00e9rode le Grand_: les palais-
forteresses de J\u00e9richo, Massada, Mach\u00e9ronte, Hyrcania et Cyprus, 
l'Antonia \u00e0 J\u00e9rusalem, la grandiose reconstruction du Temple de J\u00e9rusalem 
ou l'am\u00e9nagement du port de C\u00e9sar\u00e9e-sur-Mer.
{K}H\u00c9RODE LE GRAND{/}

Il na\u00eet \u00e0 Ashkelon en 73 av.J.C., d'un p\u00e8re idum\u00e9en, ministre de Jean 
Hyrcan II, dernier repr\u00e9sentant de la dynastie asmon\u00e9enne (les 
descendants des Maccab\u00e9es), et d'une princesse arabe nabat\u00e9enne. Bien 
qu'il f\u00eet profession d'appartenance \u00e0 la religion d'Isra\u00ebl, il ne sera 
jamais consid\u00e9r\u00e9 par les Juifs comme un des leurs, de par ses origines 
m\u00eames. D\u00e8s 47 av.J.C., il devient t\u00e9trarque de la Galil\u00e9e. Il y r\u00e9prime 
durement la r\u00e9volte d'Ez\u00e9chias. Poursuivi par le Sanh\u00e9drin pour avoir 
outrepass\u00e9 ses droits en mettant \u00e0 mort un grand nombre de Juifs, il 
s'enfuit en Syrie. A peine revenu \u00e0 J\u00e9rusalem avec l'appui des Romains, 
il en est chass\u00e9 par Antigone, neveu de Jean Hyrcan, qui s'est alli\u00e9 aux 
Parthes. H\u00e9rode en fuite est rattrap\u00e9 par Antigone et ses partisans, mais 
il sort vainqueur de l'affrontement. 
Parvenu \u00e0 Rome, il est d\u00e9clar\u00e9 roi de Jud\u00e9e par Antoine et le S\u00e9nat 
romain en 39 av.J.C., mais ce n'est qu'en 37 qu'il assure son autorit\u00e9 en 
Palestine avec l'appui des l\u00e9gions romaines. Sa servilit\u00e9 envers le 
pouvoir romain et son implacable cruaut\u00e9 le rendirent odieux \u00e0 tous les 
Juifs. Apr\u00e8s avoir chass\u00e9 sa premi\u00e8re femme, d'origine idum\u00e9enne comme 
lui, il \u00e9pouse Mariamme, petite-fille de Jean Hyrcan, pensant ainsi 
l\u00e9gitimer son pouvoir sur la Jud\u00e9e. Il ne tarde pas \u00e0 la mettre \u00e0 mort_; 
l'h\u00e9catombe familiale se poursuivra avec son beau-fr\u00e8re Aristobule, le 
grand pr\u00eatre, sa belle-m\u00e8re et trois de ses propres fils, sans compter la 
foule de Juifs qui tomb\u00e8rent sous ses coups. Avant de mourir, il partagea 
ses \u00e9tats entre trois de ses fils qui \u00e9taient encore en vie_: Archela\u00fcs, 
H\u00e9rode Antipas et H\u00e9rode Philippe. 
Malgr\u00e9 les meurtres en s\u00e9rie et les compromissions de tous ordres, le 
r\u00e8gne d'H\u00e9rode ne manqua pas de gloire. Il sut \u00e9carter les Parthes et les 
Arabes, pacifier la Jud\u00e9e apr\u00e8s les troubles qui avaient ensanglant\u00e9 le 
pays. Son oeuvre architecturale porte la marque du personnage. Elle 
traduit son app\u00e9tit de pouvoir et de domination, sa folie des grandeurs, 
son angoisse maladive de mourir assassin\u00e9 \u00e0 son tour, qui le conduiront 
jusqu'\u00e0 la folie.
{K}L'H\u00c9RODIUM{/}

Seule forteresse \u00e0 porter le nom d'H\u00e9rode, elle fut construite \u00e0 partir 
de 37 av.J.C., en comm\u00e9moration de la modeste victoire de son arri\u00e8re-
garde sur les Parthes alors qu'il fuyait J\u00e9rusalem pour se r\u00e9fugier \u00e0 
Massada.
On aper\u00e7oit depuis J\u00e9rusalem cette colline naturelle qu'H\u00e9rode a 
fortifi\u00e9e apr\u00e8s l'avoir fait rehausser de tous c\u00f4t\u00e9s. Elle forme une 
sorte de crat\u00e8re dans lequel se logera le somptueux palais-forteresse, 
cach\u00e9 aux regards indiscrets. H\u00e9rode ne se sentait en s\u00e9curit\u00e9 que perch\u00e9 
dans un de ces nids d'aigle qu'il avait am\u00e9nag\u00e9s en r\u00e9sidences d'hiver ou 
d'\u00e9t\u00e9.
L'H\u00e9rodium comprend un palais-forteresse construit sur la colline, et \u00e0 
son pied, un palais r\u00e9sidentiel.
On acc\u00e9dait au palais-forteresse par une rampe d'acc\u00e8s lat\u00e9rale de deux 
cents marches recouvertes de marbre. Elle grimpait jusqu'au sommet_de la 
colline et sa partie sup\u00e9rieure prenait l'allure d'un tunnel qui 
aboutissait \u00e0 une petite porte. Le visiteur d\u00e9bouchait alors sur une 
vaste cour entour\u00e9e de colonnades et un jardin agr\u00e9ment\u00e9 de jets d'eaux, 
luxe fabuleux aux portes du d\u00e9sert. De magnifiques bains romains 
comprenaient, selon la coutume, une salle pour le bain chaud, une autre 
pour les bains ti\u00e8des et la troisi\u00e8me pour les bains froids. On avait 
creus\u00e9 des citernes \u00e0 m\u00eame le roc, pour recueillir les pluies d'hiver. 
Cet ensemble formait \u00e0 la fois une somptueuse villa romaine et une 
forteresse d'o\u00f9 la garde personnelle d'H\u00e9rode surveillait les alentours.
Le palais r\u00e9sidentiel avait \u00e9t\u00e9 b\u00e2ti \u00e0 une centaine de m\u00e8tres plus bas, 
sur un terrain de quinze hectares. Au centre d'une immense cour, un grand 
bassin servait aussi bien de r\u00e9servoir que de piscine ou de plan d'eau. 
Au milieu du bassin se trouvait le {C}columbarium{/} en forme de rotonde o\u00f9 
l'on d\u00e9posait les urnes des d\u00e9funts incin\u00e9r\u00e9s. 
L'incin\u00e9ration \u00e9tait un mode de s\u00e9pulture typiquement pa\u00efen. Les Juifs 
pharisiens, qui croyaient \u00e0 la r\u00e9surrection, ne pouvaient adopter ce rite 
fun\u00e9raire par respect pour leurs corps, promis \u00e0 la vie \u00e9ternelle. Le 
columbarium \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9, semble-t-il, \u00e0 la garde personnelle d'H\u00e9rode_: 
ils \u00e9taient tous pa\u00efens et galates. H\u00e9rode pensait pouvoir compter 
davantage sur la fid\u00e9lit\u00e9 de ces \u00e9trangers que sur celle des Juifs, qui 
cherchaient peut-\u00eatre l'occasion favorable pour le supprimer. 
La somptuosit\u00e9 du palais nous aide \u00e0 entendre la page emphatique de 
Flavius Jos\u00e8phe d\u00e9crivant l'enterrement d'H\u00e9rode_:
"Arch\u00e9la\u00fcs songea alors \u00e0 faire au roi son p\u00e8re de somptueuses 
fun\u00e9railles et r\u00e9solut d'y_\u00eatre personnellement pr\u00e9sent. Le corps du 
d\u00e9funt \u00e9tait drap\u00e9 d'atours royaux_; couronne d'or sur la t\u00eate et sceptre 
en main, il \u00e9tait port\u00e9 sur une liti\u00e8re d'or sertie de pierres pr\u00e9cieuses 
de grand prix. Suivaient les fils du d\u00e9funt et sa proche famille, et 
apr\u00e8s eux, tous les hommes de guerre s'avan\u00e7aient nation par nation. 
Thraces, Germains et Galates marchaient en t\u00eate, et tous les autres \u00e0 
leur suite, encadr\u00e9s par les chefs_; chacun portait ses armes comme en un 
jour de bataille. Cinq cents officiers, familiers du roi d\u00e9funt, 
portaient les parfums et fermaient cette marche solennelle. On marcha en 
cette ordonnance de J\u00e9richo au palais de l'H\u00e9rodium_: c'est l\u00e0 qu'on 
enterra le prince comme il l'avait ordonn\u00e9" (Antiquit\u00e9s Juives_XVII 10).
{K}- J\u00c9RICHO{/}

Lorsque le son de la corne de b\u00e9lier se prolongera, tout le peuple 
poussera une grande clameur et le rempart de la ville s'\u00e9croulera sur 
place, et le peuple montera, chacun droit devant soi{N}{/} [Jos_6,5].
C'est ainsi que la Bible raconte la prise de J\u00e9richo par les tribus 
isra\u00e9lites, sous la conduite de Josu\u00e9. Avec ses trompettes et ses 
murailles qui s'effondrent, l'histoire de la ville appartient \u00e0 
l'imagerie populaire. Mais J\u00e9richo sert aussi de cadre, dans l'\u00e9vangile 
de Luc, \u00e0 la gu\u00e9rison miraculeuse d'un aveugle, et \u00e0 la conversion de 
Zach\u00e9e, juch\u00e9 sur son sycomore. Enfin, c'est une \u00e9tape d\u00e9cisive dans la 
mont\u00e9e de J\u00e9sus vers J\u00e9rusalem au cours de laquelle J\u00e9sus, pour la 
troisi\u00e8me fois, annonce aux disciples sa mort prochaine et sa 
r\u00e9surrection.
Pour tout voyageur qui vient de traverser le d\u00e9sert, cette oasis, situ\u00e9e 
\u00e0 une dizaine de kilom\u00e8tres au nord de la Mer Morte, et \u00e0 250 m\u00e8tres au-
dessous du niveau de la M\u00e9diterran\u00e9e, se pr\u00e9sente comme un lieu 
paradisiaque \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation luxuriante d'arbres aux fruits tropicaux_: 
la "ville des {N}palmiers{/}" [Dt_34,3]. Au centre de la ville actuelle, les 
ruines de Tell-es-Sultan nous rappellent que, bien avant l'\u00e8re 
chr\u00e9tienne, bien avant m\u00eame l'entr\u00e9e des tribus en Canaan, J\u00e9richo avait 
d\u00e9j\u00e0 une longue histoire qui remontait au-del\u00e0 du 8\u00e8me_mill\u00e9naire av.J.C.
{K}TELL-ES-SULTAN{/}

Le site fut occup\u00e9 d\u00e8s le 10\u00e8me_mill\u00e9naire par des hommes porteurs de la 
culture natoufienne, des semi-nomades qui vivaient de cueillette et de 
chasse_; ils habitaient dans des huttes. Vers le 9\u00e8me_mill\u00e9naire 
apparaissent des changements si importants dans les modes de vie, que les 
historiens ont pu parler \u00e0 juste titre de r\u00e9volution {N}n\u00e9olithique{/}_: 
durant cette p\u00e9riode, l'homme va passer de l'\u00e9conomie de {C}pr\u00e9dation{/}, \u00e0 
une \u00e9conomie de {C}production{/}. La cueillette fait place \u00e0 l'agriculture et 
l'\u00e9levage se substitue progressivement \u00e0 la chasse_; l'homme se fixe au 
sol, se s\u00e9dentarise, ce qui lui permet d'observer les rythmes et les 
conditions de d\u00e9veloppement des v\u00e9g\u00e9taux et des animaux, et son mode de 
vie \u00e9volue. Une des premi\u00e8res communaut\u00e9s agricoles s\u00e9dentaires s'est 
regroup\u00e9e sur ces lieux. Elle s'\u00e9tablit \u00e0 l'ouest de la source, dite 
d'Elis\u00e9e en m\u00e9moire de son assainissement par le Proph\u00e8te [2R_2,19] - 
[2R_2,22]. 
Dans la partie ouest du tell, un \u00e9pais mur de pierre est flanqu\u00e9 d'une 
tour ronde en pierres s\u00e8ches, de 8,50_m de diam\u00e8tre et haute de 8_m _: on 
reste stup\u00e9fait devant son \u00e9tat de conservation quand on songe qu'elle a 
environ 10.000 ans et que les grandes Pyramides d'Egypte sont plus 
proches de nous qu'elles ne le sont de cette tour. Un escalier, abrupt, 
am\u00e9nag\u00e9 \u00e0 l'int\u00e9rieur de la tour m\u00e8ne au sommet, sur lequel se d\u00e9tache 
une pierre nettement plus grande que les autres et dont la fonction \u00e9tait 
probablement de caract\u00e8re sacrificiel. Le r\u00f4le de cette tour n'est pas 
assur\u00e9. Il semble cependant que dans ce plat pays qu'est le couloir du 
Jourdain, la tour \u00e9tait comme un haut-lieu au sommet duquel on offrait 
les sacrifices. 
Le site, abandonn\u00e9 pendant plusieurs si\u00e8cles, conna\u00eet \u00e0 partir de 7500 
une p\u00e9riode d'expansion. On ne peut encore parler que de communaut\u00e9s 
agricoles, et non de ville \u00e0 proprement parler.
{K}LA TENTATION DE POSS\u00c9DER{/}

A c\u00f4t\u00e9 de la tour on observe des structures cylindriques qui sont 
probablement des silos. On comprend sans peine le vertige qui s'emparait 
de ces hommes, lorsqu'apr\u00e8s avoir observ\u00e9 la nature et ses lois durant 
des mill\u00e9naires, ils se lan\u00e7aient dans la folle aventure de l'agriculture 
et voyaient leurs premi\u00e8res tentatives couronn\u00e9es de succ\u00e8s. Quoi de plus 
naturel d\u00e8s lors que de confier ce tr\u00e9sor de la r\u00e9colte aux divinit\u00e9s 
bienfaisantes_?
L'homme oubliera facilement cette attitude humble et reconnaissante. Etle 
Deut\u00e9ronome met en garde Isra\u00ebl contre la tentation de ne croire qu'\u00e0 
l'efficacit\u00e9 de son travail_: {C}"Yahv\u00e9 ton Dieu va te faire entrer dans un 
bon pays, pays de torrents, de sources d'eau qui jaillissent dans les 
vall\u00e9es et dans les montagnes_; terre du bl\u00e9 et de l'orge, de la vigne, 
du figuier et du grenadier, pays de l'olivier, de l'huile et du miel_; 
terre o\u00f9 le pain ne te sera pas mesur\u00e9 et o\u00f9 tu ne manqueras de rien... 
Garde-toi alors d'oublier Yahv\u00e9 ton Dieu... Ne te dis surtout pas_: "J'ai 
acquis tous ces biens par moi-m\u00eame, par mon travail." Souviens-toi plut\u00f4t 
de Yahv\u00e9 ton Dieu_: c'est lui qui t'a donn\u00e9 la force pour acqu\u00e9rir cette 
richesse. Sois fid\u00e8le \u00e0 l'Alliance qu'il a promise par serment \u00e0 tes 
p\u00e8res.{/} [Dt_8,7] - [Dt_8,18].
{K}J\u00c9RICHO_: UNE VILLE \u00c0 L'\u00c2GE DU BRONZE{/}

Le processus d'urbanisation qui se r\u00e9pand d\u00e8s le 4\u00e8me_mill\u00e9naire av.J.C. 
dans tout le Proche Orient, permet maintenant de parler de J\u00e9richo comme 
d'une ville. Elle s'entoure au 3\u00e8me_mill\u00e9naire de gigantesques 
fortifications. Les murs, en briques crues, sont alors construits en 
sections ind\u00e9pendantes, capables de r\u00e9sister aux s\u00e9ismes, fr\u00e9quents dans 
cette r\u00e9gion du Ghor. Un double mur et des tours en fer \u00e0 cheval, puis 
rectangulaires, viennent renforcer le syst\u00e8me de d\u00e9fense. 
J\u00e9richo est d\u00e9truite \u00e0 la fin du 3\u00e8me_mill\u00e9naire. Le site est de nouveau 
occup\u00e9 par une population de semi-nomades et l'on observe un changement 
dans les coutumes fun\u00e9raires. Dans une soci\u00e9t\u00e9 urbaine, les s\u00e9pultures 
collectives abritent des g\u00e9n\u00e9rations d'une m\u00eame famille, alors que dans 
les populations itin\u00e9rantes les morts sont enterr\u00e9s individuellement dans 
des tombes en forme de puits verticaux creus\u00e9s dans le roc, formant ainsi 
de vastes cimeti\u00e8res.
{K}LES HYKSOS PASSENT PAR L\u00c0{/}

Durant la p\u00e9riode de 1800 \u00e0 1550, J\u00e9richo est la ville la plus importante 
de la vall\u00e9e du Jourdain. Dans les petites maisons diss\u00e9min\u00e9es le long 
des deux rues en escalier, le grain, les meules et les tours de potier 
qui y ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s attestent la pr\u00e9sence d'un artisanat local. La 
ville s'entoure d'un rempart. Avec la soci\u00e9t\u00e9 urbanis\u00e9e, s'op\u00e8re le 
retour aux s\u00e9pultures multiples_; elles  donnent des renseignements 
pr\u00e9cieux sur le mode de vie des populations de l'\u00e9poque, gr\u00e2ce \u00e0 
l'extraordinaire conservation des mati\u00e8res organiques_: meubles en bois, 
lits, si\u00e8ges, table \u00e0 trois pieds, outils, sans compter la vaisselle en 
alb\u00e2tre. Tous ces tr\u00e9sors sont rassembl\u00e9s au Mus\u00e9e Rockfeller \u00e0 
J\u00e9rusalem. Cette ville florissante est n\u00e9anmoins ravag\u00e9e par un incendie 
vers 1550 av.J.C. Cette destruction co\u00efncide avec l'expulsion des Hyksos, 
poursuivis en Palestine par les Egyptiens.
{K}LES REMPARTS DE J\u00c9RICHO SONT-ILS TOMB\u00c9S_?{/}

C'est une question pas mal vieillie qui permet au cynique de se moquerr 
de la v\u00e9racit\u00e9 des Livres Saints et \u00e0 l'apologiste d'inventer mille et un 
stratag\u00e8mes par lesquels des joueurs de trompette seraient parvenus \u00e0 
an\u00e9antir les remparts d'une forteresse. 
De fait, le site de J\u00e9richo fut pratiquement abandonn\u00e9 pendant des 
si\u00e8cles et ne pouvait former qu'un modeste village \u00e0 l'\u00e9poque de Josu\u00e9. 
Il y a donc contradiction apparente entre les rep\u00e8res de l'arch\u00e9ologie et 
le texte biblique. Il faut peut-\u00eatre alors se poser une autre question. 
Quelle est la fonction de ce r\u00e9cit ? Le texte est beau, rythm\u00e9 sur les 
sept jours de la Cr\u00e9ation, comme un \u00e9cho du rythme primordial o\u00f9 le 7\u00e8me 
jour est celui de l'accomplissement. Ici la prise de J\u00e9richo par 
l'envahisseur isra\u00e9lite n'appartient pas \u00e0 l'histoire \u00e9v\u00e9nementielle 
d'Isra\u00ebl, mais \u00e0 l'histoire de sa foi. L'origine de cette liturgie 
grandiose est \u00e0 chercher dans le rite que l'on c\u00e9l\u00e9brait \u00e0 Guilgal, 
autour du cercle de pierres d\u00e9pos\u00e9 par Josu\u00e9, pour comm\u00e9morer la 
travers\u00e9e du Jourdain \u00e0 pied sec_: ce jour-l\u00e0 en effet, {C}Josu\u00e9 fit 
dresser \u00e0 Guilgal les douze pierres qu\u00b4il avait prises dans le Jourdain. 
Il dit ensuite aux Isra\u00e9lites_: \u00ab_Lorsque demain vos fils demanderont \u00e0 
leurs p\u00e8res ce que font ici ces pierres, vous leur r\u00e9pondrez_: C\u00b4est 
parce qu\u00b4Isra\u00ebl a travers\u00e9 ce Jourdain \u00e0 pied sec. Oui, Yahv\u00e9 a mis \u00e0 sec 
les eaux du Jourdain devant vous, jusqu\u00b4\u00e0 ce que tout le monde ait 
travers\u00e9... Que tous les peuples de la terre sachent donc combien est 
puissante la main de Yahv\u00e9_! Quant \u00e0 vous, craignez toujours Yahv\u00e9 votre 
Dieu{/} ([Jos_4,20] - [Jos_4,24]).
A J\u00e9richo, les Isra\u00e9lites rendent gr\u00e2ces devant l'action miraculeuse de 
Dieu qui vient de leur livrer, en ruines, la premi\u00e8re ville rencontr\u00e9e 
apr\u00e8s le passage du Jourdain, c'est la premi\u00e8re \u00e9tape de 
l'accomplissement des promesses faites aux patriarches. Le r\u00e9cit se 
termine par l'incendie de la ville et la mal\u00e9diction de Josu\u00e9_: {C}\u00ab_Que 
Yahv\u00e9 maudisse celui qui voudra reb\u00e2tir cette ville de J\u00e9richo. Il en 
posera les fondements au prix de son premier-n\u00e9, il en rel\u00e8vera les 
portes au prix de son plus jeune fils._\u00bb{/} [Jos_6,26]. Au milieu du 
9\u00e8me_si\u00e8cle av. J.C., au temps d'Achab, cette mal\u00e9diction tombera sur un 
certain Hiel de B\u00e9thel_[1R_16,34]. Cet homme ne faisait que renouer avec 
les sacrifices de fondation pratiqu\u00e9s par les peuples canan\u00e9ens.
{K}LA J\u00c9RICHO H\u00c9RODIENNE{/}

Au 2\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., la ville s'\u00e9tend vers le sud-ouest, sur les rives 
du Wadi Qelt. Les rois asmon\u00e9ens en font leur r\u00e9sidence d'hiver, heureux 
de laisser la capitale et ses montagnes durant l'hiver pour un climat 
plus cl\u00e9ment. Alexandre Jann\u00e9e (103-76 av.J.C.) entreprend la 
construction d'un premier palais. Il y adjoint deux piscines entour\u00e9es 
sur trois c\u00f4t\u00e9s d'une vaste esplanade ; des jardins et des bains 
compl\u00e8tent ces installations.
Le palais \u00e9tait pr\u00eat pour accueillir de nouveaux locataires_: ce fut 
chose faite vers la fin du 1er_si\u00e8cle av.J.C. D\u00e8s sa rencontre avec 
Cl\u00e9op\u00e2tre_VII en 41 av.J.C., le triumvir Marc Antoine (83-30 av.J.C.) 
s'\u00e9tait \u00e9pris de la reine d'Egypte. Tr\u00e8s vite, l'intrigante ma\u00eetresse 
persuada le Romain de l'\u00e9pouser  et  de lui donner une partie de ses 
possessions_: la Cr\u00e8te, Chypre et la Ph\u00e9nicie pass\u00e8rent ainsi  de 
l'autorit\u00e9 de Rome \u00e0 celle de l'Egypte. Marc Antoine lui octroya donc la 
bande c\u00f4ti\u00e8re, depuis le Liban jusqu'\u00e0 Gaza, puis le territoire de 
J\u00e9richo avec ses palmiers, ses baumiers et ses fruits tropicaux_: toute 
sorte de biens qui  pouvaient assurer \u00e0 Cl\u00e9op\u00e2tre un revenu appr\u00e9ciable. 
Elle sut en tirer parti en louant \u00e0 bail ces territoires \u00e0 H\u00e9rode le 
Grand qui venait de recevoir d'Octave la couronne de Palestine.
Sans perdre un instant, H\u00e9rode agrandit cette luxueuse r\u00e9sidence. Un 
premier palais fut \u00e9difi\u00e9_: il disparut dans le s\u00e9isme de 31 avant J.C. 
Au m\u00eame moment Antoine et Cl\u00e9op\u00e2tre, vaincus par Octave \u00e0 la bataille d' 
Actium (31)_ se donnaient la mort_. 
H\u00e9rode passait ainsi de la condition de locataire au statut de 
propri\u00e9taire. Il construisit un deuxi\u00e8me palais sur les ruines de 
l'\u00e9difice asmon\u00e9en, qu'il avait fait recouvrir d'une \u00e9paisse couche de 
terre. Sur cette terrasse il am\u00e9nagea une r\u00e9sidence qui dominait la 
palmeraie, construisit une vaste piscine qui rempla\u00e7ait les anciennes_: 
c'est l\u00e0 qu'il avait fait noyer quelques ann\u00e9es auparavant le grand 
pr\u00eatre Aristobule II, son jeune beau-fr\u00e8re, dont la popularit\u00e9 lui 
portait ombrage.
A la fin du 1er_si\u00e8cle av.J.C., un troisi\u00e8me palais, se construisait, de 
part et d'autre du Wadi Qelt, achevant ainsi un somptueux complexe 
r\u00e9sidentiel._C'est dans cette r\u00e9sidence d'hiver qu'H\u00e9rode mourut. Sans 
faillir \u00e0 l'instinct cruel et impitoyable qui l'avait anim\u00e9 tout au long 
de son r\u00e8gne, il avait ordonn\u00e9 qu'apr\u00e8s sa mort soient mis \u00e0 mort tous 
les notables jud\u00e9ens. Heureusement pour eux, cet ordre sanglant ne fut 
pas mis \u00e0 ex\u00e9cution.
{K}J\u00c9SUS \u00c0 J\u00c9RICHO{/}

En d\u00e9pit du vieux sycomore de {N}Zach\u00e9e{/} que l'on montre avec humour dans 
un jardin en bord de route, il ne reste pas plus de vestiges de la 
J\u00e9richo du temps de J\u00e9sus, que des murailles de la ville au temps de 
Josu\u00e9. 
C'est pourtant ici que J\u00e9sus a gu\u00e9ri l'aveugle et qu'il a sauv\u00e9 le 
publicain_: {N}Bartim\u00e9e{/} [Lc_18,35] et Zach\u00e9e{N}{/} [Lc_19,1]. J\u00e9sus r\u00e9v\u00e8le ici  
le caract\u00e8re irrempla\u00e7able de la lumi\u00e8re qu'il apporte et  la  nouveaut\u00e9 
des chemins du salut. Ces deux r\u00e9cits, plac\u00e9s imm\u00e9diatement la derni\u00e8re 
annonce de la Passion, sont comme une cat\u00e9ch\u00e8se adress\u00e9e aux disciples 
qui rejettent le scandale d'un Messie crucifi\u00e9. 
{K}LE MONAST\u00c8RE DE LA QUARANTAINE{/}

A l'ouest de l'antique J\u00e9richo, une paroi rocheuse du mont de la 
Quarantaine porte, comme suspendu \u00e0 ses flancs, le monast\u00e8re grec du m\u00eame 
nom et qui date de la fin du 4\u00e8me_si\u00e8cle. Une muraille en ruine entoure 
le site pr\u00e9sum\u00e9 de la forteresse de {N}Dok{/} o\u00f9 Simon Maccab\u00e9e fut assassin\u00e9 
en 134 av.J.C. [1M_16,11]. C'est \u00e0 l'int\u00e9rieur de cette enceinte qu'une 
\u00e9glise fut \u00e9difi\u00e9e, comm\u00e9morant probablement les tentations du Christ au 
d\u00e9sert. Rien ne permet d'affirmer que J\u00e9sus se retira dans ces parages.
{K}- LAQISH{/}

Les bas-reliefs du palais royal de Ninive ont immortalis\u00e9 la prise de 
Laqish par le roi assyrien {N}Sennach\u00e9rib{/} en 701 av.J.C. Laqish, situ\u00e9e 
sur un \u00e9peron rocheux qui domine la plaine c\u00f4ti\u00e8re entre Gaza et H\u00e9bron, 
faisait partie des forteresses qui fermaient aux envahisseurs la route de 
J\u00e9rusalem. Elle fut occup\u00e9e d\u00e8s le 3\u00e8me_mill\u00e9naire av J.C.
{K}UNE PUISSANTE CIT\u00c9 CANAN\u00c9ENNE 1580-1220 A.C.{/}

Des trois temples superpos\u00e9s, construits dans le foss\u00e9 de d\u00e9fense hyksos, 
il reste peu de vestiges. Dans le temple le plus r\u00e9cent, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d'objets 
typiquement canan\u00e9ens, on a retrouv\u00e9 des ivoires sculpt\u00e9s et des 
scarab\u00e9es \u00e9gyptiens t\u00e9moins du contr\u00f4le qu'y exer\u00e7aient les Egyptiens 
jusqu'\u00e0 sa destruction totale_en 1220 av J.C. Deux \u00e9v\u00e8nements majeurs 
marquent l'\u00e9poque_: l'arriv\u00e9e des {N}peuples{/} de la {N}mer{/} (les Philistins), 
et l'entr\u00e9e des tribus en Canaan sous la conduite de Josu\u00e9. Ecoutons 
l'Ancien Testament_: {C}Josu\u00e9 et tout Isra\u00ebl avec lui, passa de Libna \u00e0 
Laqish. Il \u00e9tablit son camp devant la ville et l'attaqua. Yahv\u00e9 livra 
Laqish entre les mains d'Isra\u00ebl. Il s'en empara le second jour et la 
frappa de l'\u00e9p\u00e9e ainsi que tous ses habitants, comme il l'avait fait pour 
Libna"{/}. [Jos_10,31] - [Jos_10,32].
{K}LA FORTERESSE ISRA\u00c9LITE{/}

Elle fut la place forte la plus importante du royaume de Juda, apr\u00e8s 
J\u00e9rusalem. A partir du r\u00e8gne de Roboam (928-911), les palais se sont 
succ\u00e9d\u00e9s sur le sommet de la colline dominant la cit\u00e9 et ses environs. 
Roboam h\u00e9rissa la route nord-sud de la Sh\u00e9ph\u00e9la de places fortes, dont 
Az\u00e9qa, H\u00e9bron, Laqish. {C}Il les fortifia solidement et y pla\u00e7a des chefs 
et des r\u00e9serves_: des vivres, de l'huile et du vin{/} [2Ch_11,11]. 
Cependant, ce sont les successeurs de Roboam, Asa et Josaphat, qui ont 
construit les fortifications monumentales mises au jour par les fouilles.
{K}LA PRISE DE LAQISH PAR SENNACH\u00c9RIB EN 701 AV J.C.{/}

Apr\u00e8s la chute de Samarie, la menace d'une invasion assyrienne sur le 
royaume de Juda, et plus particuli\u00e8rement sur J\u00e9rusalem se pr\u00e9cisait. 
{N}Ez\u00e9quias{/} (716-685 av.J.C.) prit l'initiative d'une r\u00e9volte contre 
l'Assyrie avec le soutien de l'Egypte. On tenta de rallier \u00e0 la cause les 
cit\u00e9s philistines_; mais  Gaza et Ashdod avaient \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement ch\u00e2ti\u00e9es 
par Sargon_II pour leurs r\u00e9voltes ant\u00e9rieures et n'avaient nulle envie de 
recommencer ; le roi Sidka d'Ashk\u00e9lon accepta pourtant. Quant \u00e0 Padi, le 
roi d'Eqron qui refusait d'entrer dans la coalition, il fut conduit 
encha\u00een\u00e9 \u00e0 J\u00e9rusalem, devant Ez\u00e9quias.. La r\u00e9action assyrienne  ne se fit 
pas attendre. L'arm\u00e9e de Sennach\u00e9rib traversa la Galil\u00e9e, la Samarie, 
s'empara des cit\u00e9s philistines de la c\u00f4te, et mit le si\u00e8ge devant Laqish. 
Sennach\u00e9rib prit la forteresse dont il fit son quartier g\u00e9n\u00e9ral. Il fit 
repr\u00e9senter la d\u00e9faite de la ville sur les murs de son palais de Ninive, 
avec une pr\u00e9cision et une richesse de d\u00e9tails incroyables_: une v\u00e9ritable 
bande dessin\u00e9e o\u00f9 l'on voit la bataille, les diff\u00e9rents corps de troupes 
et les engins de guerre, dans le d\u00e9cor scrupuleusement reconstitu\u00e9 de la 
forteresse, et cela depuis le premier assaut jusqu'au cort\u00e8ge de d\u00e9port\u00e9s 
apr\u00e8s la prise de la ville. 
La prise de Laqish n'\u00e9tait qu'une premi\u00e8re \u00e9tape pour Sennach\u00e9rib_: de 
l\u00e0, il se proposait d'aller attaquer J\u00e9rusalem ; seule une intervention 
miraculeuse de Dieu pouvait encore sauver la Ville Sainte. Elle se 
produisit [2R_18,13] - [2R_19,37].
Ainsi, la prise de Laqish n'avait apport\u00e9 \u00e0 l'Assyrien qu'\u00e9chec et 
confusion. Alors que tout semblait perdu, Dieu venait au secours de son 
peuple, renouvelant ainsi les miracles de l'Exode. De nombreuses jarres 
portant l'estampille royale,  et retrouv\u00e9es \u00e0 Laqish, ont servi de 
r\u00e9serves de nourriture pour l'arm\u00e9e d'Ez\u00e9quias, lui permettant de 
soutenir un si\u00e8ge long et difficile. Des centaines de pointes de fl\u00e8ches 
en fer, retrouv\u00e9es au niveau des remparts et de la rampe d'assaut 
assyrienne, montrent la violence des combats. 
La ville avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, enfouie sous une \u00e9paisse couche de cendres. 
Reconstruite rapidement au 7\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., elle surv\u00e9cut jusqu'\u00e0 
l'effondrement du Royaume de Juda. Elle dut alors s'incliner devant les 
arm\u00e9es de Nabuchodonosor. Les fameuses "lettres de Laqish", trouv\u00e9es pr\u00e8s 
de la porte de la cit\u00e9, sont, pour la plupart, les missives adress\u00e9es au 
commandant de la place de Laqish, au temps de S\u00e9d\u00e9cias et du proph\u00e8te 
J\u00e9r\u00e9mie.
{K}- MARESHA{/} 
Situ\u00e9e \u00e0 l'extr\u00e9mit\u00e9 nord de la Sh\u00e9ph\u00e9la, Maresha est cit\u00e9e en 
[Jos_15,44], dans la nomenclature des villes donn\u00e9es \u00e0 la tribu de Juda, 
lors du partage de la terre. Le second Livre des Chroniques mentionne 
Maresha parmi les villes fortifi\u00e9es par Roboam [2Ch_11,8], mais ces 
travaux eurent lieu semble-t-il avant l'invasion de Sh\u00e9shonq, et nul ne 
sait ce qui en resta apr\u00e8s la campagne \u00e9gyptienne. C'est par la Sh\u00e9ph\u00e9la, 
que les arm\u00e9es assyriennes et babyloniennes traversaient le pays ; et 
toutes ses villes seront d\u00e9truites lors de la conqu\u00eate de la Palestine 
par S\u00e9nnacherib en 701 av.J.C_
A la fin du 6\u00b0_si\u00e8cle, la ville passe aux mains des Edomites et deviendra 
capitale de l'Idum\u00e9e. Elle aurait servi de plaque tournante pour le 
commerce des esclaves avec l'Egypte. Une importante colonie de Sidoniens, 
originaires de Ph\u00e9nicie, s'implant\u00e8rent dans la ville. Maresha fut 
d\u00e9truite par les Parthes en 4 avant J.C. 
{K}- QUMRAN{/}

Surplombant la {N}Mer Morte{/} d'une hauteur de 300 m\u00e8tres, Qumran occupe une 
terrasse au nord du Wadi Qumran. Le site est domin\u00e9 par une haute paroi 
de calcaire rouge\u00e2tre, perc\u00e9e de grottes naturelles. C'est dans ce lieu 
aride et sauvage qu'au 2\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., un groupe d'Ess\u00e9niens, en 
rupture avec le clerg\u00e9 du Temple de J\u00e9rusalem, est venu chercher la 
solitude et le recueillement. Le site n'avait gu\u00e8re int\u00e9ress\u00e9 les 
arch\u00e9ologues jusqu'au printemps 1947, date de la d\u00e9couverte fortuite des 
c\u00e9l\u00e8bres Manuscrits de la Mer Morte. 
{K}LA D\u00c9COUVERTE{/}

Le  1er Avril 1947, Mohamed el-Dib, un jeune berger de la tribu des 
Ta'amireh, \u00e0 la recherche d'une brebis \u00e9gar\u00e9e, lan\u00e7a  par hasard une 
pierre dans une cavit\u00e9 de la falaise rocheuse, l'\u00e9cho r\u00e9percuta le bruit 
d'objets bris\u00e9s. Intrigu\u00e9, le jeune berger s'introduisit dans la grotte_: 
le sol \u00e9tait jonch\u00e9 de tessons de poterie, mais il y avait aussi huit 
jarres, munies de couvercles, et dans l'une d'elles, des rouleaux de 
peau, couverts d'\u00e9critures anciennes, envelopp\u00e9s dans un tissu de lin. 
Ces pr\u00e9cieux rouleaux parvinrent, apr\u00e8s bien des p\u00e9rip\u00e9ties, entre les 
mains des arch\u00e9ologues, puis des ex\u00e9g\u00e8tes qui avaient rapidement pris 
conscience de l'importance exceptionnelle de cette d\u00e9couverte. Des 
recherches m\u00e9thodiques furent entreprises dans un p\u00e9rim\u00e8tre d'une dizaine 
de kilom\u00e8tres autour de la fameuse cachette. Tandis que les grottes  
naturelles de la falaise rocheuse, comme celles creus\u00e9es dans la marne, 
livraient de tr\u00e8s nombreux manuscrits, les fouilles men\u00e9es sur la 
terrasse autour de quelques ruines insignifiantes \u00e0 premi\u00e8re vue, 
r\u00e9v\u00e9laient la pr\u00e9sence de b\u00e2timents communautaires. Il s'av\u00e9ra bien vite 
que ces constructions \u00e9taient pour leur quasi-totalit\u00e9 l'oeuvre 
d'Ess\u00e9niens.
{K}LE MOUVEMENT ESS\u00c9NIEN DE QUMRAN{/}

L'histoire des Ess\u00e9niens \u00e9tait connue depuis l'Antiquit\u00e9, au travers des 
textes de Philon d'Alexandrie, de Flavius Jos\u00e8phe et de Pline l'Ancien. 
Ce dernier, dans son Histoire Naturelle (V, 17, 73) les d\u00e9finit ainsi : 
"Peuple extraordinaire, le plus extraordinaire m\u00eame qui soit, sans 
femmes, sans amour, sans argent, et vivant dans la soci\u00e9t\u00e9 des 
palmiers.....Ainsi, depuis des milliers de si\u00e8cles, chose incroyable, 
subsiste un peuple \u00e9ternel o\u00f9 personne ne na\u00eet".{N}{/} Malgr\u00e9 les exc\u00e8s 
notoires de cette description, marqu\u00e9e par l'imagination et la plume 
alerte de l'auteur, il n'en est pas moins vrai que les Ess\u00e9niens ont 
form\u00e9, d\u00e8s le 2\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C., une soci\u00e9t\u00e9 de {C}purs{/}, coup\u00e9s du monde 
et pratiquant l'asc\u00e8se et la pri\u00e8re.
Leur origine rel\u00e8ve \u00e0 la fois d'une crise religieuse et d'une crise 
politique. En 151 av.J.C., Alexandre Balas, un imposteur qui se faisait 
passer pour le fils d'Antiochus Epiphane, usurpa le tr\u00f4ne de Syrie au 
pr\u00e9judice de D\u00e9m\u00e9trius_I Soter. Un an plus tard, il conf\u00e9rait \u00e0 
{N}Jonathan{/}, fr\u00e8re et successeur de Judas Maccab\u00e9e, la dignit\u00e9 de grand -
pr\u00eatre, le nommant en outre chef militaire et gouverneur de la Jud\u00e9e. 
Gagn\u00e9 \u00e0 l'hell\u00e9nisme, c'est-\u00e0-dire \u00e0 la culture grecque, Jonathan 
abandonne alors la politique d'ind\u00e9pendance et de r\u00e9forme religieuse 
qu'avaient engag\u00e9e son p\u00e8re et son fr\u00e8re._ Devant cette d\u00e9rive, le milieu 
sacerdotal juif conservateur ne tarde pas \u00e0 r\u00e9agir_: la s\u00e9cularisation en 
cours d\u00e9nature les fondements du Juda\u00efsme. Et par ailleurs, l'imposteur 
qui vient d'accepter une telle charge n'en remplit pas les conditions. En 
effet Jonathan appartenait bien \u00e0 une famille de pr\u00eatres, mais n'\u00e9tait 
pas issu de la lign\u00e9e des fils de Sadoq. La substitution du calendrier 
hell\u00e9nistique au calendrier liturgique traditionnel ajoutait encore aux 
griefs qui pesaient sur le nouveau Grand Pr\u00eatre.
{K}L'EXODE \u00c0 QUMRAN{/} 
Alors, devant le scandale du Temple souill\u00e9 par un sacerdoce ill\u00e9gitime 
et indigne, un petit groupe int\u00e9gr\u00e9 de douze la\u00efcs symbolisant les douze 
tribus d'Isra\u00ebl, et de trois pr\u00eatres repr\u00e9sentant les trois clans 
l\u00e9vitiques, s'exile \u00e0 Qumran entre 140 et 130 av J.C. Voici comment 
s'exprime \u00e0 ce sujet la R\u00e8gle de la Communaut\u00e9_: {C}ils se s\u00e9pareront du 
milieu de l'habitat des hommes d'iniquit\u00e9 pour aller au d\u00e9sert afin d'y 
pr\u00e9parer la voie de Dieu selon ce qui est \u00e9crit :{/} "{C}Dans le d\u00e9sert, 
pr\u00e9parez la voie de l'Eternel, rendez droite dans la steppe une chauss\u00e9e 
pour notre Dieu"{/}. (R\u00e8gle de la Communaut\u00e9, colonne VIII). 
C'est ainsi qu'\u00e0 la suite du Ma\u00eetre de Justice, fondateur et ma\u00eetre du 
mouvement qui par une gr\u00e2ce sp\u00e9ciale appr\u00e9hende les myst\u00e8res cach\u00e9s dans 
les livres Saints, na\u00eet la communaut\u00e9 de Qumran, fond\u00e9e sur l'Alliance 
dont le groupe se consid\u00e8re comme l'unique d\u00e9positaire. En choisissant de 
se retirer dans ce lieu aride sur les rives de la Mer Morte, ils revivent 
l'exp\u00e9rience des P\u00e8res et l'errance au d\u00e9sert avant l'entr\u00e9e en Terre 
Promise. Convaincus de repr\u00e9senter le v\u00e9ritable Isra\u00ebl, "le petit reste" 
unique h\u00e9ritier des promesses messianiques, ils pr\u00e9parent le nouvel 
Isra\u00ebl qui sera la r\u00e9ponse au dessein de salut de Dieu. Seule, la vie 
communautaire quasi-monastique consacr\u00e9e \u00e0 la lecture de l'Ecriture, \u00e0 la 
pri\u00e8re et \u00e0 la m\u00e9ditation de la Loi et des Proph\u00e8tes leur permettra de 
vivre la rencontre avec Dieu.
Durant pr\u00e8s de trois si\u00e8cles ces pr\u00eatres et ces la\u00efcs volontairement 
retir\u00e9s sur les rives de la Mer Morte vont copier et recopier les Livres 
Saints, en m\u00eame temps qu'ils r\u00e9digent des \u00e9crits originaux.
{K}DIFF\u00c9RENTS STADES D'OCCUPATION{/}

Les fouilles arch\u00e9ologiques ont permis de suivre dans le d\u00e9tail 
l'histoire et la vie de la Communaut\u00e9 de l'Alliance. Lorsque ses 
"fondateurs" arriv\u00e8rent au bord de la mer Morte, ils trouv\u00e8rent une tour 
et une citerne plus ou moins \u00e0 l'abandon_: c'\u00e9taient les t\u00e9moins de 
travaux entrepris au 8\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C. par le roi Ozias {C}qui 
construisit des tours dans le d\u00e9sert et creusa de nombreuses citernes{/} 
[2Ch_26,10] probablement pour installer de petites garnisons dans cette 
r\u00e9gion frontali\u00e8re. C'est autour de ces \u00e9l\u00e9ments que s'\u00e9difia vers le 
milieu du 2\u00e8me_si\u00e8cle av.J.C. la premi\u00e8re installation communautaire.
Aux environs de 135 av.J.C., sous le r\u00e8gne de Jean Hyrcan I, 
l'\u00e9tablissement s'agrandit et d\u00e9veloppe le syst\u00e8me hydraulique. Le site 
prend le visage qu'on lui conna\u00eet aujourd'hui. Mais une destruction 
violente intervient_: sans doute le tremblement de terre de 31 av.J.C.
Sous le r\u00e8gne d'Arch\u00e9la\u00fcs (4 av.J.C.- 6 ap.J.C.), les b\u00e2timents 
endommag\u00e9s sont remis en \u00e9tat, la tour est consolid\u00e9e par un glacis de 
pierres. Soixante-dix ans plus tard les  pas de la 10\u00e8me L\u00e9gion se font 
entendre sur les rives de la Mer Morte. Envoy\u00e9 par Rome pour r\u00e9primer la 
premi\u00e8re r\u00e9volte juive, Vespasien, qui en a termin\u00e9 avec la Galil\u00e9e, 
lance ses troupes vers la plaine c\u00f4ti\u00e8re d'une part, et dans la Vall\u00e9e du 
Jourdain de l'autre. Arriv\u00e9s \u00e0 Qumran, les l\u00e9gionnaires massacrent la 
communaut\u00e9 et mettent \u00e0 sac les bat\u00eements (68 ap.J.C.).
Une garnison romaine occupera les lieux jusqu'\u00e0 la fin du si\u00e8cle. Les 
partisans de Bar Kohba viendront s'y r\u00e9fugier lors de la seconde r\u00e9volte 
juive (132 - 135). Mais il faudra attendre pr\u00e8s de deux mille ans pour 
que les pelles des arch\u00e9ologues arrachent \u00e0 leur sommeil les ruines de 
Qumran et leur \u00e9tonnant secret.
{K}UN PLAN  M\u00c9THODIQUE{/}

Le plan d'ensemble r\u00e9v\u00e8le le souci de r\u00e9pondre aux besoins et aux 
exigences de la vie communautaire dans un groupe important d\u00e9sireux de 
vivre en autarcie sur cette plate-forme isol\u00e9e.
Pr\u00e8s de l'entr\u00e9e, sur la route montant des rives de la Mer Morte, une 
tour contr\u00f4le les abords. Elle se prolonge au sud par un b\u00e2timent \u00e0 \u00e9tage 
comportant une salle entour\u00e9e de banquettes basses, peut-\u00eatre une salle 
de r\u00e9union, et le \u00ab_scriptorium_\u00bb (salle o\u00f9 l'on \u00e9crit). On y a retrouv\u00e9 
le "bureau" des scribes, longue table en terre cuite enduite de pl\u00e2tre, 
avec ses encriers de bronze. Toujours dans ce complexe, on avait am\u00e9nag\u00e9 
des salles de service avec cuisine et teinturerie. Une pi\u00e8ce tout en 
longueur semble avoir \u00e9t\u00e9 le r\u00e9fectoire.
Des quartiers industriels rassemblent les ateliers : dans la partie sud, 
ce sont les ateliers de poterie, remarquablement conserv\u00e9s : le bassin, 
la cuve de malaxage pour l'argile, le tour et les deux fours de taille 
diff\u00e9rente -le plus grand a d\u00fb cuire les jarres qui ont pr\u00e9cieusement 
conserv\u00e9 les manuscrits-. Dans le quartier ouest se trouvaient le 
meunier, le boulanger et ses fours \u00e0 pain, les r\u00e9serves de grains et de 
fruits, ainsi qu'une \u00e9curie. Le syst\u00e8me hydraulique forme comme l'\u00e9pine 
dorsale de l'\u00e9tablissement : partout des citernes, des bassins... Un 
barrage avait \u00e9t\u00e9 construit sur le Wadi Qumran_: \u00e0 partir de l\u00e0 un 
aqueduc avec bassin de d\u00e9cantation, et de nombreuses canalisations 
alimentaient citernes et bassins.
{K}LE CIMETI\u00c8RE ET LA FERME{/}

S\u00e9par\u00e9 de la cit\u00e9 des vivants par un long mur de pierres qui domine le 
ravin, le domaine des morts ne comprend pas moins de 1100 tombes. Les 
morts, en tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des hommes, \u00e9taient d\u00e9pos\u00e9s dans des 
loculi creus\u00e9s \u00e0 moins d'un m\u00e8tre de profondeur, sans traces d'offrandes 
ni de pi\u00e8ces de monnaie comme le voulait la coutume juive de l'\u00e9poque. 
Quelques squelettes de femmes et d'enfants ont \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s en contre-
bas, ce qui semble contredire les t\u00e9moignages de l'\u00e9poque et la R\u00e8gle de 
la Communaut\u00e9, laquelle s'adresse \u00e0 des c\u00e9libataires ayant choisi de 
vivre dans un parfait \u00e9tat de puret\u00e9 rituelle. Il s'agit peut-\u00eatre de 
familles proches de la communaut\u00e9, car la "R\u00e8gle annexe" mentionne femmes 
et enfants dans l'environnement du "monast\u00e8re".
A trois kilom\u00e8tres au sud de Qumran la grande oasis d'A\u00efn Feskha, plant\u00e9e 
de palmiers-dattiers assurait  la subsistance de la Communaut\u00e9. Plusieurs 
sources abondantes irriguaient  les cultures_; elles \u00e9taient \u00e9galement 
n\u00e9cessaires pour le traitement des peaux affin\u00e9es en {N}parchemins{/} 
qu'utilisaient les scribes.
{K}LA BIBLIOTH\u00c8QUE DE QUMRAN{/}

La d\u00e9couverte des manuscrits de Qumran constitue certainement une des 
d\u00e9couvertes arch\u00e9ologiques les plus pr\u00e9cieuses du 20\u00e8me si\u00e8cle. Les 
grottes ont livr\u00e9 la biblioth\u00e8que de ces hommes qui se retir\u00e8rent dans 
les ermitages naturels de la falaise aux heures de danger. Les grottes 1 
et 4, contenaient les documents de la Communaut\u00e9 qui avaient d\u00fb \u00eatre 
cach\u00e9s en h\u00e2te, quand le site fut d\u00e9truit et abandonn\u00e9. Des milliers de 
fragment de toutes tailles ont \u00e9t\u00e9 patiemment rassembl\u00e9s, mais seuls, 
onze rouleaux sont pratiquement complets, parmi eux deux rouleaux d'Isa\u00efe 
et un des Psaumes. Les manuscrits sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e9crits sur parchemin, 
en {N}\u00e9criture{/} h\u00e9bra\u00efque carr\u00e9e, notamment pour les livres bibliques, mais 
aussi en aram\u00e9en, ou en caract\u00e8res h\u00e9bra\u00efques d'une forme plus ancienne.
On peut classer les documents en trois cat\u00e9gories : les manuscrits 
bibliques, les apocryphes de l'Ancien Testament, et les \u00e9crits propres \u00e0 
la Communaut\u00e9.
{K}LES LIVRES DE LA BIBLE{/}

Si nous confrontons les textes bibliques en langue h\u00e9bra\u00efque retrouv\u00e9s  
ici aux copies que l'on poss\u00e9dait jusqu'\u00e0 ce jour - et qui ne remontent, 
pour les plus anciennes qu'au 9\u00e8me si\u00e8cle ap.J.C._- on reste stup\u00e9fait de 
leur similitude, ce qui maniteste l'extraordinaire conscience des scribes 
qui par leur travail m\u00e9ticuleux ont ainsi garanti la parfaite 
transmission du Livre sacr\u00e9. La d\u00e9couverte de ces manuscrits a donc 
permis de confirmer le texte h\u00e9breu de l'Ancien Testament_; elle montre 
que la composition du texte que nous lisons dans nos bibles \u00e9tait 
pratiquement arr\u00eat\u00e9e au d\u00e9but du 1er si\u00e8cle av. J.C.
Tous les livres h\u00e9breux de l'Ancien Testament, sauf celui d'Esther, sont 
repr\u00e9sent\u00e9s. On a m\u00eame quatorze copies du Deut\u00e9ronome, douze d'Isa\u00efe et 
une dizaine pour les Psaumes. On lisait beaucoup le livre de Daniel \u00e0 
Qumran_: on en a retrouv\u00e9 sept exemplaires_;  uisque ce livre a \u00e9t\u00e9 
compos\u00e9 en 164 av.J.C., cette copie n'en est \u00e9loign\u00e9e que de cinquante 
ans. Pour Qoh\u00e9let, le manuscrit de Qumran, n'a qu'un si\u00e8cle de distance 
avec l'original.
{K}DES APOCRYPHES VARI\u00c9S{/}

Les Apocryphes de l'Ancien Testament sont des livres qui n'ont pas \u00e9t\u00e9 
inclus dans la Bible mais qui se meuvent dans la tradition de l'Ancien 
Testament ; la litt\u00e9rature apocalyptique y figure en bonne place. Le 
courant apocalyptique, avec sa vision d'un monde sous l'emprise du d\u00e9mon 
et d'une histoire dont les \u00e9v\u00e9nements sont d\u00e9j\u00e0 inscrits dans les livres 
c\u00e9lestes est accord\u00e9 aux croyances et \u00e0 la th\u00e9ologie de la Communaut\u00e9. De 
m\u00eame son \u00e9sot\u00e9risme qui r\u00e9serve la v\u00e9rit\u00e9 aux seuls initi\u00e9s et son 
esp\u00e9rance dans la victoire \u00e0 la fin des temps,.
{C}Le livre des{N}{/} {N}Jubil\u00e9s{C}{/} pr\u00e9sente l'histoire sacr\u00e9e depuis la Cr\u00e9ation 
jusqu'\u00e0 la th\u00e9ophanie du Sina\u00ef. Le r\u00e9cit se d\u00e9roule en 49 p\u00e9riodes de 49 
ans chacune. L'auteur s'ing\u00e9nie \u00e0 retrouver dans les \u00e9v\u00e9nements des 
origines, et en privil\u00e9giant la p\u00e9riode patriarcale, la justification des 
lois et coutumes de son temps. Cet ordre, n\u00e9 de la Loi donn\u00e9e au peuple 
d'Isra\u00ebl dans le cadre de l'Alliance, \u00e9tait d'ailleurs garanti par un 
calendrier solaire dont le respect rigoureux  ramenait chaque ann\u00e9e \u00e0 
leurs dates propres, les f\u00eates religieuses et les sabbats.
{C}Le livre d'{/}{N}H\u00e9noch{/}, une des plus grandes apocalypses juives, raconte 
les voyages dans l'au-del\u00e0 de ce patriarche nomm\u00e9 par la Gen\u00e8se, et ses 
visions de l'affrontement des anges et des d\u00e9mons.
Le {N}Testament{/} des douze {N}Patriarches{/} rassemble les recommandations des 
douze fils de Jacob \u00e0 leurs descendants, les exhortant \u00e0 observer la Loi 
et \u00e0 se soumettre \u00e0 la tribu sacerdotale de L\u00e9vi et les appelant \u00e0 la 
saintet\u00e9, un id\u00e9al \u00e9lev\u00e9 qui avait inspir\u00e9 le groupe inconnu, auteur de 
ce livre o\u00f9 l'on retrouve le th\u00e8me qumranien des deux Messies.
{K}DES \u00c9CRITS PROPRES \u00c0 LA COMMUNAUT\u00c9{/}

La litt\u00e9rature de la Communaut\u00e9 est fort abondante. 
{C}La R\u00e8gle de la Communaut\u00e9{/}, le document le plus important, a \u00e9t\u00e9 
retrouv\u00e9e dans la grotte 1, pratiquement dans son int\u00e9gralit\u00e9 ; on peut 
l'assimiler aux r\u00e8gles monastiques. Elle contient le rituel annuel du 
renouvellement de l'Alliance et le code p\u00e9nal de la Communaut\u00e9. Une 
partie doctrinale expose la th\u00e9orie sur les deux Esprits. Lui \u00e9taient 
associ\u00e9es la R\u00e8gle pour la congr\u00e9gation d'Isra\u00ebl aux derniers jours et 
une s\u00e9rie de B\u00e9n\u00e9dictions. 
En 1910 on avait retrouv\u00e9 deux manuscrits du 10\u00e8me et du 12\u00e8me si\u00e8cles 
ap.J.C. qui \u00e0 r\u00e9v\u00e9laient \u00eatre des copies d'un manuscrit ant\u00e9rieur \u00e0 la 
ruine du Temple en 70 de notre \u00e8re. Les pr\u00eatres, fils de Sadoq, y 
tenaient une place importante, on y parlait de la "Nouvelle Alliance au 
pays de Damas"_: il devint clair que la communaut\u00e9 dont on venait de 
d\u00e9couvrir la r\u00e8gle se rattachait aux Ess\u00e9niens connus d\u00e9j\u00e0 par Philon 
d'Alexandrie et F. {N}Jos\u00e8phe{/}. Les  manuscrits de Qumran, et tout 
particuli\u00e8rement la R\u00e8gle de la Communaut\u00e9, sont venus confirmer ces 
intuitions premi\u00e8res. 
{C}La R\u00e8gle de la Guerre{/} doit assurer la victoire des "Fils de Lumi\u00e8re" 
sur les "Fils de T\u00e9n\u00e8bres". Elle donne la strat\u00e9gie guerri\u00e8re \u00e0 suivre 
pour parvenir \u00e0 conqu\u00e9rir le monde. 
{C}Le Rouleau des{N}{/} {N}Hymnes{/} \u00e0 la louange de Dieu, action de gr\u00e2ce pour la 
mis\u00e9ricorde divine qui accorde \u00e0 l'homme le salut, en d\u00e9pit de sa 
fragilit\u00e9, exprime un d\u00e9sir profond de communion avec Dieu.
{C}Les commentaires{/} {C}(ou Pesharim){/} des livres d'Habaquq, Mich\u00e9e, Nahum ou 
Isa\u00efe entrem\u00ealent l'explication et l'interpr\u00e9tation minutieuse des textes 
en fonction de l'histoire contemporaine, de celle de la Communaut\u00e9 et de 
l'eschatologie.{C}
Le Rouleau du{N}{/} {N}Temple{/} s'inspire largement du Deut\u00e9ronome_; les lois 
qui avaient \u00e9t\u00e9 transmises au peuple par l'interm\u00e9diaire de Mo\u00efse y sont 
\u00e9nonc\u00e9es directement par Dieu, \u00e0 la premi\u00e8re personne, et adress\u00e9es \u00e0 la 
Communaut\u00e9 de ce nouvel Isra\u00ebl.
{C}Les rouleaux de{N}{/} {N}bronze{/} enfin \u00e9tablissent une liste de cachettes, 
pour la plupart regroup\u00e9es autour de J\u00e9rusalem, qui rec\u00e8leraient un 
fabuleux tr\u00e9sor, si myst\u00e9rieux que toute recherche est rest\u00e9e vaine 
jusqu'\u00e0 ce jour. 
Cette litt\u00e9rature \u00e9claire l'\u00e9volution du monde juif au seuil de l'\u00e8re 
chr\u00e9tienne_; elle fait aussi, en quelque sorte, le lien entre les 
derniers livres de la Bible juive et les \u00e9crits du Nouveau Testament. 
D'autre part, ces manuscrits apportent un t\u00e9moignage direct sur la vie et 
les doctrines de ce groupe ess\u00e9nien retir\u00e9 \u00e0 Qumran, loin du Temple et de 
la Ville Sainte.
{K}LE DUALISME ESS\u00c9NIEN{/}

Pour parvenir \u00e0 cette communion avec Dieu,  les membres de la Communaut\u00e9 
doivent vaincre l'impuissance de l'homme devant le Mal. Dans le coeur de 
tout homme s'affrontent les deux Esprits qui se disputent le monde : 
l'Esprit de T\u00e9n\u00e8bres et l'Esprit de Lumi\u00e8re, les forces du Mal et les 
forces du Bien. Dans cette lutte cosmique Dieu lui-m\u00eame assurera la 
victoire du Bien, non sans le concours des Fils de Lumi\u00e8re qui doivent 
s'engager dans une guerre d'extermination, dont la strat\u00e9gie se trouve 
minutieusement analys\u00e9e dans la "R\u00e8gle de la Guerre". 
{K}LA LITURGIE DE LA NOUVELLE ALLIANCE{/} 
L'id\u00e9al hautement spirituel de tous les membres \u00e9tait nourri et soutenu 
par une observance stricte des r\u00e8gles sociales et religieuses, par des 
rites de purification dont t\u00e9moigne le grand nombre de bassins retrouv\u00e9s, 
par des rites li\u00e9s \u00e0 la conversion du coeur, enfin par des assembl\u00e9es 
liturgiques au cours desquelles le repas sacr\u00e9 -pain et vin doux- 
repr\u00e9sentait un avant-go\u00fbt du banquet eschatologique. 
Les f\u00eates solennelles se r\u00e9glaient sur le calendrier luni-solaire qui 
seul, assure l'harmonie de la liturgie terrestre et de la louange 
c\u00e9leste. Cette vie de pri\u00e8re communautaire constituait en elle-m\u00eame les 
pr\u00e9mices de la vie ang\u00e9lique, promise \u00e0 la fin des Temps.
La f\u00eate de la Pentec\u00f4te se voyait attribuer une importance 
exceptionnelle. Cette communaut\u00e9 de "la Nouvelle Alliance", dont les 
membres recevaient l'Esprit de Saintet\u00e9 et, par lui, l'acc\u00e8s aux myst\u00e8res 
divins, se devait de solenniser le jour o\u00f9 l'on v\u00e9n\u00e9rait le don de la Loi 
\u00e0 Isra\u00ebl sur le Sina\u00ef. La liturgie s'inspirait du renouvellement de 
l'Alliance, telle qu'elle est rapport\u00e9e dans le Deut\u00e9ronome_: 
{C}Voici les paroles de l\u00b4Alliance que Yahv\u00e9 demanda \u00e0 Mo\u00efse de conclure 
avec les Isra\u00e9lites au pays de Moab...Mo\u00efse rassembla tout Isra\u00ebl et lui 
dit_: \u00ab_Vous avez vu tout ce que Yahv\u00e9 a fait sous vos yeux dans le pays 
d\u00b4\u00c9gypte,.. Observez donc maintenant les paroles de cette Alliance, 
mettez-les en pratique, afin de r\u00e9ussir dans toutes vos entreprises. 
C\u00b4est le moment de pr\u00eater serment et d\u00b4entrer dans l\u00b4Alliance que Yahv\u00e9 
ton Dieu conclut en ce jour avec toi. Il te choisit aujourd\u00b4hui pour son 
peuple et il devient ton Dieu, comme il te l\u00b4a dit et comme il l\u00b4a jur\u00e9 \u00e0 
tes p\u00e8res Abraham, Isaac et Jacob{/} [Dt_28,69] .. [Dt_29,14].
Malgr\u00e9 son authentique profondeur spirituelle et l'id\u00e9al de saintet\u00e9 qui 
l'animait, cette communaut\u00e9 des "Purs" n'eut gu\u00e8re d'influence, ni sur le 
Juda\u00efsme palestinien, ni sur le Christianisme naissant. Elle \u00e9tait si 
convaincue de sa vocation sup\u00e9rieure qu'elle se consid\u00e9rait comme le 
groupe des sauv\u00e9s, seul habilit\u00e9 \u00e0 interpr\u00e9ter l'Ecriture, et elle 
s'enferma dans un isolement souverain. Le dualisme sectaire qui 
constituait la base de la th\u00e9ologie de Qumran, le combat sans merci des 
Fils de Lumi\u00e8re contre les Fils de T\u00e9n\u00e8bres vou\u00e9s \u00e0 l'extermination, 
donnaient la mesure de son intransigeance. 
Malgr\u00e9 les parall\u00e8les que l'on rel\u00e8ve entre les \u00e9crits ess\u00e9niens et les 
textes du Nouveau Testament. Ceux-ci peuvent lui avoir emprunt\u00e9 quelques 
\u00e9l\u00e9ments, mais en leur donnant un sens nouveau, de sorte que la foi 
chr\u00e9tienne garde toute son originalit\u00e9 face aux croyances et aux 
pratiques de la Communaut\u00e9 de l'Alliance. Le Messie Fils de Dieu annonce 
un Royaume de Dieu d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent sur la terre_; le salut est don gratuit 
de l'amour de Dieu, et tous les hommes sont appel\u00e9s \u00e0  participer au 
banquet de la Fin des Temps.
