{N}1,{/}1 En ce premier verset l'expression {C}Fils de Dieu{/} manque dans un certain nombre de manuscrits. De fait, il semble bien qu'elle fait pendant \u00e0 la d\u00e9claration de l'officier romain qui reconna\u00eet J\u00e9sus comme le (ou: un) {C}fils de Dieu {/}lorsqu'il l'a vu mourir. Hors ces deux endroits, il n'y a que les d\u00e9mons qui donnent ce titre \u00e0 J\u00e9sus (3,11 et 5,7) et J\u00e9sus les r\u00e9duit au silence. Il semble bien que pour Marc ce titre que nous donnons \u00e0 J\u00e9sus avec trop de facilit\u00e9 ne peut que faire \u00e9cran  et nous cacher la profondeur de ce myst\u00e8re du P\u00e8re et du Fils. Lorsqu'on aura vu J\u00e9sus mourir et qu'on aura cru en sa r\u00e9surrection, on pourra l'appeler Fils de Dieu sans que ce mot cache sa grandeur unique.

{N}1,{/}4 Le texte dit de fa\u00e7on pr\u00e9cise: "un bapt\u00eame de conversion". C'est que le bapt\u00eame est un rite dont la signification n'est pas la m\u00eame pour tous les groupes religieux. Il signifie de soi purification et renouveau, mais Marc pr\u00e9cise que le bapt\u00eame de Jean \u00e9tait une d\u00e9marche publique et exprimait la d\u00e9cision de r\u00e9orienter sa vie de la fa\u00e7on que Jean le demandait.  Le mot que nous traduisons par {C}changement de vie{/} conversi\u00f3n et que d'autres traduiront par "conversion" ou "repentir", signifie de fa\u00e7on pr\u00e9cise un retournement de la fa\u00e7on de voir, de penser et de se comporter. 

{N}1,{/}5 {C}En m\u00eame temps qu'ils confessaient leurs p\u00e9ch\u00e9s{/}. Peut-\u00eatre une confession publique en forme de litanie dans l'esprit de celles qu'on peut lire en Ne 9,6 et Dn 9,4. On imaginerait volontiers Jean faisant l'\u00e9num\u00e9ration des p\u00e9ch\u00e9s de toute sorte que le peuple commet de fa\u00e7on habituelle, un peu comme Mo\u00efse le fait en Dt 27 16-26 et le peuple r\u00e9pondant qu'on ne le fera plus, apr\u00e8s quoi on passe au bapt\u00eame de ceux qui sont venus en p\u00e8lerinage ces jours-l\u00e0.

{N}1,{/}10 Le texte dit:  "il vit les cieux d\u00e9chir\u00e9s". C'\u00e9tait alors la fa\u00e7on de dire que J\u00e9sus avait re\u00e7u des Cieux, ou de Dieu, une vision. Et dans cette vision J\u00e9sus voit l'Esprit venir sur lui. Marc s'\u00e9loigne du sens ancien de l'Esprit, souffle de Dieu qui envahissait le proph\u00e8te. Ici l'Esprit est plut\u00f4t une pr\u00e9sence, ou une "onction" divine qui s'impose en douceur {C}comme fait la colombe{/} quand elle se pose.

{N}1,{/}11 Voir la note plac\u00e9e en Mt 3.17.

{N}1,{/}12 {C}Satan {/}es un mot h\u00e9breu qui signifie: l'adversaire, celui qui s\u00e8me des emb\u00fbches (Job 1,6; Za 3,2). Sa traduction en grec est {C}le diable{/}, l'accusateur.
Selon Marc, J\u00e9sus a \u00e9t\u00e9 tent\u00e9 tout au long de son s\u00e9jour au d\u00e9sert. Est-il s\u00fbr que Marc pense aux animaux sauvages soumis \u00e0 J\u00e9sus comme en Is 11,6? Il se pourrait bien que les animaux sauvages symbolisent les forces du mal: mais face \u00e0 ces hordes du d\u00e9mon, appara\u00eet une autre arm\u00e9e, celle des anges, et ils apportent \u00e0 J\u00e9sus sa nourriture.

{N}1,{/}14 {C}Convertissez-vous et croyez \u00e0 la Bonne Nouvelle.{/} J\u00e9sus reprend l'appel au changement de vie, qui \u00e9tait au coeur du message de Jean, mais il met l'accent sur un \u00e9l\u00e9ment nouveau: {C}croire \u00e0 la Bonne Nouvelle{/}, c'est-\u00e0-dire \u00e0 la venue d'un temps de gr\u00e2ce, une ann\u00e9e de r\u00e9conciliation (Is 61,1). Pour celui qui vient \u00e0 J\u00e9sus, l'ouverture du coeur \u00e0 la foi est aussi importante que la volont\u00e9 de mener une vie droite. Luc explicitera ce message en Lc 4,18-22.

{N}1,{/}16 Nous ne savons que tr\u00e8s peu de choses de ce qu'a \u00e9t\u00e9 la vie de J\u00e9sus avec ses disciples durant les dix-huit mois ou \u00e0 peu pr\u00e8s qu'il a pass\u00e9s avec eux. Jean a pris soin de nous parler des premi\u00e8res rencontres (Jn 1,29-34). Marc souligne ici l'appel que J\u00e9sus leur a un jour adress\u00e9: "Ce n'est pas vous qui m'avez choisi... ". 

{N}1,{/}24 {C}Tu es le saint de Dieu{/}. Jean mettra ces m\u00eames mots dans la bouche de Pierre (6,69). {C}Saint{/} doit \u00eatre compris comme "consacr\u00e9" et a donc a peu pr\u00e8s le m\u00eame sens que le "Messie", celui qui a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9 par une onction.

{N}1,{/}26 {N}IL COMMANDAIT AUX ESPRITS IMPURS{/}
Le texte original nous dit: {C}un esprit impur{/}, ce qui signifie dans un certain sens: un esprit mauvais. Impur est tout ce qui est inconciliable avec le culte de Dieu. Une personne impure n'est pas en \u00e9tat de p\u00e9ch\u00e9, mais elle ne peut pas participer \u00e0 un acte religieux: c'est le cas des l\u00e9preux. En plusieurs endroits Luc nous parle d'esprits mauvais (7,21; 8,2); il veut dire que cette possession amenait un esclavage ou une d\u00e9gradation de la personne poss\u00e9d\u00e9e. Mais plus souvent les \u00e9vangiles nous parleront de {C}d\u00e9mons{/}. N'oublions pas qu'en grec le mot {C}d\u00e9mon{/} d\u00e9signait un esprit non n\u00e9cessairement mauvais. Dans l'\u00e9vangile ce mot est parfois l'\u00e9quivalent de "esprit impur", mais souvent aussi il s'agit purement et simplement de maladies comme la surdit\u00e9 qui avaient un revers psychologique et qu'on attribuait \u00e0 des esprits: c'est certainement le cas en Mc 1,32.
Il est bon de rappeler que les esprits impurs et les possessions de toute sorte \u00e9taient en bonne place dans les pr\u00e9occupations de la soci\u00e9t\u00e9 juive du temps de J\u00e9sus. Par exemple on recommandait de ne pas sortir la nuit sans avoir la t\u00eate couverte pour se prot\u00e9ger contre des sorts qui pourraient \u00eatre lanc\u00e9s par certains oiseaux de nuit. Il y avait d\u00e9j\u00e0 des exorcistes qui chassaient les d\u00e9mons \u00e0 force de pri\u00e8res. D\u00e9j\u00e0 existait la tradition qui continuera dans l'Eglise de demander et d'essayer de forcer le d\u00e9mon \u00e0 dire son nom, ce qui donne certain pouvoir sur lui. Et de m\u00eame quand on tombait sur un vrai d\u00e9mon, celui-ci se chargeait de dire \u00e0 l'exorciste des v\u00e9rit\u00e9s qui pouvaient le mettre mal \u00e0 l'aise ou le d\u00e9router. J\u00e9sus entre donc dans une pratique d\u00e9j\u00e0 existante, tout comme il a profit\u00e9 de la libert\u00e9 de parole qu'ont, le jour du sabbat, les hommes r\u00e9unis dans la synagogue, mais imm\u00e9diatement on remarque chez lui une autorit\u00e9 et une force qui impressionnent. 

{N}1,{/}29 Nous sommes \u00e0 Capharna\u00fcm, bourgade sur les bords du lac, situ\u00e9e \u00e0 la fronti\u00e8re du territoire de H\u00e9rode Antipas et de celui de son fr\u00e8re H\u00e9rode Philippe (Lc 3,1). Cet endroit a \u00e9t\u00e9 l'objet de fouilles arch\u00e9ologiques qui ont mis \u00e0 jour les ruines des quartiers du temps de J\u00e9sus. On a retrouv\u00e9 un endroit o\u00f9 des \u00e9glises successives ont \u00e9t\u00e9 construites sur les restes d'une maison qu'on identifie avec une quasi certitude comme "la maison" (3.20), celle de Pierre, bien entendu, avec sa famille son fr\u00e8re Andr\u00e9 et sa belle m\u00e8re.
Il est fort probable que la pr\u00e9sence et l'activit\u00e9 de J\u00e9sus en cette maison ont \u00e9t\u00e9 pour Pierre et Andr\u00e9 d'abord, puis pour les autres, le mod\u00e8le de ce qu'ils allaient faire quand ils seraient missionnaires en Galil\u00e9e (Mc 3,10).

{N}1,{/}44 J\u00e9sus ne pouvait pas ignorer les lois sur la l\u00e8pre (Lev 14). Il agit en bon Juif, soucieux d'observer des prescriptions de caract\u00e8re \u00e0 la fois civil et religieux.

{N}2,{/}1 {C}Et lui, il leur annon\u00e7ait la Parole{/}. La Parole est un des mots du vocabulaire de l'Eglise primitive. Il d\u00e9signait alors la proclamation du message chr\u00e9tien (Ac 6,4; 10,44, 14,25... Rom 10,8). J\u00e9sus interpr\u00e8te la Parole de Dieu telle qu'il la trouve dans les lectures de l'Ancien Testament; l'inspiration proph\u00e9tique lui permet d'en faire l'application vivante comme on le voit en Lc 4,21. Aussi bien l'\u00e9vangile que les \u00e9crits apostoliques montrent que l'on avait renou\u00e9 avec la tradition proph\u00e9tique: il ne s'agissait plus seulement de redire des textes v\u00e9n\u00e9r\u00e9s, on s'appuyait sur eux pour affirmer que des temps nouveaux avaient commenc\u00e9.

{N}2,{/}10 {C}Le Fils de l'Homme a autorit\u00e9 sur la terre pour remettre les p\u00e9ch\u00e9s{/} Cette parole semble d\u00e9passer tellement ce que pouvaient comprendre les auditeurs qu'on peut se demander si J\u00e9sus lui-m\u00eame l'a prononc\u00e9e \u00e0 ce moment. Pourtant c'est un fait qu'elle se trouve identique dans les trois \u00e9vangiles synoptiques et elle faisait s\u00fbrement partie de la tradition ancienne. Elle retrouve toute sa couleur h\u00e9bra\u00efque si l'on se rappelle que les Juifs de ce temps ne pronon\u00e7aient pas habituellement le nom de Dieu mais disaient: "les Cieux". Ceux qui ont critiqu\u00e9 J\u00e9sus (v.7) ont dit fort probablement: "Qui peut pardonner sinon les Cieux?" et J\u00e9sus r\u00e9pond: "Mais sur la terre le Fils de l'Homme a pouvoir... " Tout comme il est dit en Mt 16,19 et 18,18. 
Dans la religion juive, personne n'avait pouvoir pour remettre les p\u00e9ch\u00e9s; le pr\u00eatre pouvait seulement constater qu'il n'y avait pas eu p\u00e9ch\u00e9 ou que le p\u00e9ch\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9par\u00e9 par restitution ou sacrifice. Ce que J\u00e9sus affirme premi\u00e8rement et que tout le monde peut comprendre, c'est le pardon accord\u00e9 sur terre et que Dieu ratifie; mais il le dit d'une fa\u00e7on telle qu'il se donne \u00e0 lui-m\u00eame une autorit\u00e9 que nul n'oserait r\u00e9clamer.

{N}2,{/}16 Ce d\u00e9tail nous aide \u00e0 saisir l'ambiance dans laquelle J\u00e9sus se trouvait. La critique ne vient pas de Pharisiens qui, de l'ext\u00e9rieur, viendraient faire des observations aux disciples. Dans les d\u00e9buts la pr\u00e9dication de J\u00e9sus reste une affaire locale en Galil\u00e9e et l'institution des Pharisiens ne s'est pas encore sentie concern\u00e9e. Bien des ma\u00eetres de la Loi de cette province s'int\u00e9ressent \u00e0 la campagne que m\u00e8ne J\u00e9sus car ils sentent qu'elle va dans leur sens, et ils sont l\u00e0 parmi les disciples. Invit\u00e9s avec J\u00e9sus, mais chez un p\u00e9cheur. Les ma\u00eetres se rendent compte imm\u00e9diatement que tout le monde va se retrouver en \u00e9tat d'impuret\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 ce d\u00eener avec des p\u00e9cheurs et en maison de p\u00e9cheurs, et ils font partager aux autres leur inqui\u00e9tude: "O\u00f9 nous m\u00e8ne-t-il? Une fois de plus il va falloir nous purifier!"

{N}3,{/}5 Le texte dit: pein\u00e9 de voir "l'endurcissement de leur coeur. Dans la culture h\u00e9bra\u00efque le coeur signifie non pas les bons sentiments mais tout le monde int\u00e9rieur. Ces croyants n'ont pas mauvais coeur, mais J\u00e9sus est pein\u00e9 de les voir si peu ouverts. Bien qu'avoir l'esprit ferm\u00e9 ne soit pas en soi un p\u00e9ch\u00e9, cela am\u00e8ne tr\u00e8s vite \u00e0 condamner celui qui ne pense pas comme vous, et bient\u00f4t on emploiera tous les moyens pour se d\u00e9barrasser de celui qui s\u00e8me le trouble dans les esprits.

{N}3,{/}14 Les paroles entre parenth\u00e8ses manquent dans divers manuscrits anciens. Il est fort possible qu'on les ait simplement copi\u00e9es de Luc 6,13, pensant que si Luc le dit ainsi, J\u00e9sus lui-m\u00eame devait leur avoir donn\u00e9 ce nom, et donc Marc aussi devait l'avoir dit. Il est beaucoup  plus probable que Luc a ajout\u00e9: {C}qu'il nomma aussi ap\u00f4tres,{/} parce que de son temps l'on s'\u00e9tait habitu\u00e9 \u00e0 parler des {C}Douze {/}comme des premiers ap\u00f4tres. Mais pour J\u00e9sus ils \u00e9taient seulement{C} les Douze{/}, et l'\u00e9vangile a presque toujours conserv\u00e9 ce terme (voir encore 1 Cor 15,5). 
Le mot {C}ap\u00f4tres{/}, ou \u00abenvoy\u00e9s\u00bb, qui est grec, a sans doute \u00e9t\u00e9 introduit dans la premi\u00e8re communaut\u00e9 chr\u00e9tienne, mais ce n'est pas certain. du temps de J\u00e9sus, m\u00eame le peuple ordinaire de Galil\u00e9e pouvait difficilement vivre sans utiliser un certain nombre de mots grecs, et il est fort possible que J\u00e9sus ait connu ce terme.

{N}3,{/}31 Il est \u00e9tonnant que les t\u00e9moignages de l'\u00e9vangile \u00e0 ce sujet soient interpr\u00e9t\u00e9s habituellement avec si peu d'impartialit\u00e9. Faut-il penser que l'insistance (et aprfois les exc\u00e8s) de la pr\u00e9dication catholique au sujet de Marie sont contredits par un examen plus objectif des faits? Il vaudrait mieux faire observer que sur ce point ceux qui nient les t\u00e9moignages et les faits n'ont gu\u00e8re d'autres arguments que des "peut-\u00eatre" et des "on peut penser".
Rappelons tout d'abord que "Marie toujours vierge" n'est pas seulement une "tradition ancienne", comme on le lit jusque sous la plume de certains catholiques, mais que cela fait aprtie de la foi et du Credo. Il n'y a pas l\u00e0 unpieux sentiment \u00e0 propos de faits discutables qui seraient \u00e9trangers \u00e0 la r\u00e9v\u00e9lation. Si Dieu-Fils Unique s'est fait r\u00e9ellement homme, et s'il a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u dans un acte libre, digne \u00e0 lafois de Dieu et d'une femme consciente de la gr\u00e2ce unique dont elle \u00e9tait l'objet, laquelle devait \u00eatre sa m\u00e8re au sens le plus fort du terme, il est impossible que Dieu ne l'ait pas faite sienne de fa\u00e7on exclusive et d\u00e9finitive. Aucune personne qui ait eu une exp\u00e9rience spirituelle n'osera mettre ce point en doute. Et c'est ce sentiment -nous parlons d'une intuition de la v\u00e9rit\u00e9 divine- qui est derri\u00e8re l'affirmation constantge de la foi chr\u00e9tienne. Faire toute la lumi\u00e8re sur ce point n'est pas autre chose que r\u00e9v\u00e9ler le visage de Dieu tel qu'il s'est manifest\u00e9 dans l'Ecriture. Et si d'autres \u00e9glises chr\u00e9tiennes continuent d'ignorer cet aspect des merveilles de Dieu, ce n'est pas une raison suffisante pour le taire.
Mais maintenant, est-ce que les textes sont ambig\u00fcs? Nous avons dit d\u00e9j\u00e0 que si les {C}fr\u00e8res de J\u00e9sus{/} \u00e9taient les fils de sa m\u00e8re, l'auteur devait \u00e9crire: \u00abta m\u00e8re et les fils de ta m\u00e8re\u00bb. Mais cette expression ne se lit nulle part. Bien plus, si les trois \u00e9vangiles synoptiques ont voulu rappeler la r\u00e9ponse de J\u00e9sus \u00e0 ce moment, pourquoi ne l'ont-ils pas confirm\u00e9e par un texte qui convenait parfaitement et que tous connaissaient: \u00abje suis devenu un \u00e9tranger pour mes fr\u00e8res, un inconnu pour les fils de ma m\u00e8re\u00bb (Ps 69,9). Car ce psaume est cit\u00e9 en plus de quinze endroits du Nouveau Testament, mais le verset 9 n'appara\u00eet pas, alors qu'il aurait d\u00fb retenir l'attention de l'Eglise si J\u00e9sus avait eu des fr\u00e8res.
Les arguments pour nier que le mot fr\u00e8res d\u00e9signe ici des parents sont tr\u00e8s faibles. Nous n'avons rencontr\u00e9 que les deux suivants. Le premier est: le mot fr\u00e8re peut d\u00e9signer en h\u00e9breu n'importe quel parent, mais l'\u00e9vangile est en grec et le grec a des mots pr\u00e9cis pour distinguer fr\u00e8res et cousins. R\u00e9ponse: dans les textes grecs de la Bible qui traduisent un original h\u00e9breu, on trouve toujours le mot \u00abfr\u00e8re\u00bb pour traduire le {C}fr\u00e8re{/} de l'original, qu'il s'agisse de fr\u00e8res v\u00e9ritables ou de parents: il y a plus de mille exemples dans les LXX. L'autre argument est celui d'un ex\u00e9g\u00e8te qui a vu que dans une \u00e9p\u00eetre (et c'est un cas unique dans le N.T.), Paul a utilis\u00e9 le mot grec \u00abcousin\u00bb (Col 4,10), et il conclut: si Paul l'a utilis\u00e9 en cet endroit, pourquoi ne l'a-t-il pas utilis\u00e9 pour nous parler des fr\u00e8res du Seigneur s'ils n'\u00e9taient que des cousins? R\u00e9ponse: Paul a parl\u00e9 d'Aristarque, \u00abcousin de Barnab\u00e9\u00bb parce que c'est ainsi qu'on l'identifiait dans un milieu grec; mais ailleurs il a parl\u00e9 des \u00abfr\u00e8res du Seigneur\u00bb parce que c'est ainsi qu'on les appelait dans un contexte aram\u00e9en, et m\u00eame en grec l'Eglise avait gard\u00e9 l'expression.
Nous avons dit le poids du t\u00e9moignage de Mc 15,40 \u00e9paul\u00e9 par Mc 15,47 \u00e0 propos de Marie m\u00e8re de Jacques m\u00e8re de Jacques et Joseph: et aussit\u00f4t certains \u00e9mettent des hypoth\u00e8ses qui permettraient d'attaquer ce t\u00e9moignage. Mais pourquoi leur faut-il \u00e0 tout prix attaquer ce t\u00e9moignage? Pourquoi la virginit\u00e9 de Marie et la mention de son fils unique leur cause-t-elle un tel malaise? \u00abIls m'ont ha\u00ef sans raison\u00bb (Jn 15,25).
\u00bfQue fait ici Marie avec ces fr\u00e8res de J\u00e9sus? Nous ne pouvons pas condamner sans plus ces parents qui allaient former un groupe important de l'Eglise primitive. Dans le contexte juif, Marie veuve de Joseph et orpheline de J\u00e9sus ne pouvait que vivre aupr\u00e8s d'eux et cela a d\u00fb \u00eatre une bonne part de sa croix jusqu'au jour o\u00f9 Jean l'a prise en charge.

{N}4,{/}16 Toute cette interpr\u00e9tation de la parabole du Semeur garde la marque de l'usage qu'on en faisait lorsqu'on pr\u00e9parait au bapt\u00eame les nouveaux croyants.  Lorsque J\u00e9sus l'a utilis\u00e9e, il insistait sans doute davantage sur le fait que m\u00eame si les semailles se heurtent \u00e0 bien des \u00e9checs, il faut esp\u00e9rer car il y aura une r\u00e9colte; ici, au contraire, on voulait faire r\u00e9fl\u00e9chir les auditeurs sur les dispositions avec lesquelles ils accueillaient la doctrine de la foi.

{N}5,{/}40 {C}Talitha koum!{/} Ces mots sont ceux que J\u00e9sus a prononc\u00e9s: il parlait aram\u00e9en comme l'ensemble du peuple juif de Palestine. Marc nous a gard\u00e9 quelques autres paroles de J\u00e9sus dans son propre langage (7,34; 15,34). 
Il y a l\u00e0 une donn\u00e9e int\u00e9ressante pour ceux qui aimeraient savoir quel \u00e9tait le langage original de nos \u00e9vangiles, car nos textes du Nouveau Testament sont tous en grec, et s\u00fbrement bien des pages de l'\u00e9vangile ont \u00e9t\u00e9 traduites d'un langage h\u00e9bra\u00efque. Or voici que Marc nous cite l'aram\u00e9en de J\u00e9sus. S'il reproduisait un r\u00e9cit primitif r\u00e9dig\u00e9 en aram\u00e9en, il n'y avait aucune raison pour qu'il veuille garder ces deux mots que rien ne distinguait du reste. Mais si, au contraire, le premier r\u00e9cit a \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9 en h\u00e9breu, une langue qu'on ne parlait pas mais qu'on aimait utiliser pour des textes sacr\u00e9s, on comprendrait mieux que son r\u00e9dacteur ait voulu garder quelques mots de J\u00e9sus qu'il n'avait pas besoin de traduire car tout le monde les comprenait. Ensuite, le traducteur grec aura traduit tout ce qui \u00e9tait en h\u00e9breu; il aura respect\u00e9 les mots aram\u00e9ens du texte, mais en ajoutant leur traduction pour des grecs qui ne pouvaient pas les comprendre. Ceci tend \u00e0 montrer que les premiers \u00e9crits utilis\u00e9s par les synoptiques \u00e9taient en h\u00e9breu, une preuve de la valeur qu'on attachait d\u00e8s le d\u00e9but \u00e0 ces t\u00e9moignages venus directement des ap\u00f4tres.

{N}6,{/}1 {C}Ce n'est que le charpentier{/}. Nous avons l\u00e0 le seul endroit o\u00f9 J\u00e9sus est appel\u00e9 fils de Marie. De la part de Juifs qui auraient d\u00fb l'appeler: \u00able fils de Joseph\u00bb, l'expression est choquante, presque une insulte. Mais certains manuscrits anciens lisent: le fils du charpentier, ce que confirme Orig\u00e8ne lorsqu'il dit que nulle part dans l'\u00e9vangile J\u00e9sus n'est appel\u00e9 \u00able charpentier\u00bb. D'autres manuscrits lisent: \u00able fils du charpentier et de Marie\u00bb. Le texte actuel a d\u00fb \u00eatre modifi\u00e9 par respect pour Marie.

{N}6,{/}45 L''Evangile de Jean situe \u00e0 cet endroit le discours sur le pain de vie et la rupture de J\u00e9sus avec lamajorit\u00e9 de ses disciples. Marc en dit assez pour que nous voyions ici la premi\u00e8re des d\u00e9ceptions qui auront pour cons\u00e9quence l'isolement de J\u00e9sus et le triomphe de ses adversaires. J\u00e9sus traverse le lac et ce sera l'occasion d'une br\u00e8ve mission en D\u00e9capole, territoire peupl\u00e9 en majorit\u00e9 par des \u00abgrecs\u00bb, c'est-\u00e0-dire par cette partie importante de la population de Palestine qui, n'\u00e9tant pas juive, a adopt\u00e9 la langue et les culture grecques. J\u00e9sus dit bien en 7,24 (voir Mt 15,24) que sa mission se limite aux brebis perdues d'Isra\u00ebl, mais sans doute devons-nous perdre l'habitude de donner un caract\u00e8re absolu et illimit\u00e9 \u00e0 toutes ses r\u00e9pliques. 

{N}6,{/}52 {C}Ils n'avaient pas compris l'affaire des pains{/}: et que J\u00e9sus dominait les forces de la nature.

{N}6,{/}56 {C}Toucher la frange de son v\u00eatement.{/} J\u00e9sus portait donc un manteau avec des franges aux quatre coins, comme le demande l'Ecriture (Nb 15,38); elles devaient \u00eatre pour tous un rappel de la Loi. 

{N}7,{/}1 La section qui commence (ch. 6-9) est commune \u00e0 Marc et \u00e0 Matthieu. Ce regroupement doit \u00eatre bien ant\u00e9rieur \u00e0 nos \u00e9vangiles actuels et doit avoir eu un propos de cat\u00e9ch\u00e8se. Le pr\u00e9sent \u00e9pisode contient un enseignement relatif \u00e0 la vraie puret\u00e9 qu'on demande au chr\u00e9tien, et comme elle vient \u00e0 la suite de la multiplication des pains, on peut la comprendre comme une pr\u00e9paration \u00e0 l'eucharistie. Par ailleurs, la parole de J\u00e9sus qui rejette la discrimination entre pur et impur, fondamentale dans la loi juive, pr\u00e9pare l'entr\u00e9e en Eglise de pa\u00efens que ces pratiques de puret\u00e9 auraient maintenus \u00e0 l'\u00e9cart.
Jes\u00fas discute con una delegaci\u00f3n de maestros de la Ley enviados de Jerusal\u00e9n, igual que en 3,22: tal vez el presente hecho sucedi\u00f3 en la misma oportunidad. En 7,3-4 Marcos comenta el hecho para sus lectores romanos poco enterados de las tradiciones jud\u00edas. 

{N}7,{/}5 {C}La tradition des anciens{/}. C'est ainsi que les ma\u00eetres de la Loi d\u00e9signent les traditions qui prennent forme peu \u00e0 peu entre eux et qu'ils se transmettent oralement. On les attribue aux anciens pour leur donner de l'autorit\u00e9 et ce'st cette autorit\u00e9 que J\u00e9sus conteste. J\u00e9sus attaque ces traditions sur un point qui indignait bien des Juifs de son temps. Ce n'est pas que J\u00e9sus soit un \u00abprotestant\u00bb avant l'heure et qu'il oppose la Bible, seule autorit\u00e9, \u00e0 la tradition de la communaut\u00e9 religieuse d'Isra\u00ebl. J\u00e9sus accepte, comme les pharisiens, l'interpr\u00e9tation officielle de la Bible (Mt 23,2), mais il ne se presse pas pour appeler Tradition les enseignements des ma\u00eetres du moment.
Aussit\u00f4t J\u00e9sus prononce la fameuse sentence: ce qui entre dans l'homme... Dans le cas pr\u00e9sent il se r\u00e9f\u00e8re aux aliments que l'on prend, ayant \u00ables mains impures\u00bb. A cette \u00e9poque se multipliaient les rites de purification avec de l'eau, avant ou au cours des repas (Jn 2,6). Mais, bien s\u00fbr, la sentence de J\u00e9sus, sous sa forme si universelle, met en cause la discrimination entre aliments purs et impurs (Lev11).
{C}Ce qui entre du dehors{/} est l'aliment; {C}ce qui sort de la personne{/} sont les intentions.
{C}Parce que cela n'entre pas dans le coeur mais dans l'estomac{/}: Jes\u00fas d\u00e9mythifie le langage et distingue le biologique su spirituel. Il oppose coeur et estomac, tout comme Paul opposera estomac et corps en 1 Cor 6,13.

{N}7,{/}17 Le texte dit: {C}ils l'interrog\u00e8rent sur cette parabole{/}. Cette sentence est parabole dans la mesure o\u00f9 elle nous fait d\u00e9couvrir un aspect important du Royaume de Dieu et o\u00f9 seulement avec le recul du temps on en verra toutes les incidences. Toute la cr\u00e9ation est pure et c'est de l'homme que sort le p\u00e9ch\u00e9. C'\u00e9tait l\u00e0 une chose si r\u00e9volutionnaire que J\u00e9sus ne pouvait en parler qu'en priv\u00e9. Et quoi qu'il l'ait expliqu\u00e9e \u00e0 ses disciples, il faudrait bien des ann\u00e9es et des conflits pour que l'Eglise en prenne la mesure (He 10-11; Ef 3,5; G\u00e1l 2,11).

{N}7,{/}19 Le texte de la seconde partie de ce verset peut se traduire: "...finit sur le fumier -de fait il purifiait tous les aliments." On pourrait traduire aussi: "...finit sur le fumier et du coup tous les aliments sont purifi\u00e9s."
Avec la seconde fa\u00e7on de traduire la phrase coule beaucoup mieux, mais on voit mal ce que J\u00e9sus veut dire.
Avec la premi\u00e8re traduction, que nous adoptons, Marc fait une parenth\u00e8se peu correcte grammaticalement dans laquelle il tire la conclusion du verset 18, une conclusion que sans doute J\u00e9sus n'a pas formul\u00e9e lui-m\u00eame. En affirmant que tous les aliments sont purs, J\u00e9sus aurait cr\u00e9\u00e9 un tr\u00e8s gros scandale sans n\u00e9cessit\u00e9. Lui-m\u00eame observait les lois de puret\u00e9 de la fa\u00e7on que le peuple les observait, c'est-\u00e0-dire sans les mille d\u00e9tails ajout\u00e9s par la tradition et auxquels les Pharisiens \u00e9taient fort attach\u00e9s. Ce point n'aurait d'importance pratique que lorsque des non Juifs se feraient chr\u00e9tiens, car alors l'Eglise leur dirait qu'ils sont libres vis-\u00e0-vis des lois qui sont propres au peuple juif (Ac 15).

{N}7,{/}31 Jes\u00fas chemine sur les fronti\u00e8res de Galil\u00e9e. En D\u00e9capole il se trouve sur un territoire dont la population est en majorit\u00e9 pa\u00efenne. {C}Ils rendaient gloire au Dieu d'Isra\u00ebl{/}: cette expression confirme que ce ne sont pas des Isra\u00e9lites, elle annonce le moment o\u00f9 les pa\u00efens \u00e9vang\u00e9lis\u00e9s par l'Eglise rendront gloire au Dieu d'Isra\u00ebl: Rom 15,7-11; Ef 2,11-13. 
Le miracle du sourd muet que nous lisons ici suit le m\u00eame sch\u00e9ma que celui de 8,22: les deux se compl\u00e8tent pour montrer la r\u00e9alisation de Is 35,5. Ils symbolisent la r\u00e9novation dont b\u00e9n\u00e9ficient les disciples au moment du bapt\u00eame. {C}Effeta{/}: une parole de Jes\u00fas conserv\u00e9e en aram\u00e9en.

{N}8,{/}10 {C}Dalmanuta{/}: une localit\u00e9 aussi inconnue que {C}Magadan{/} que nous lisons en Mt 15,39.

{N}8,{/}12 {N}DU BON USAGE DES SIGNES{/}
{C}Aucun signe ne sera donn\u00e9 \u00e0 cette g\u00e9n\u00e9ration{/}. L'expression "cette g\u00e9n\u00e9ration" que nous lisons dans le texte original peut se traduire par {C}ces gens-l\u00e0{/}. De fait, J\u00e9sus a donn\u00e9 bien des signes (Jn 20,30) et Jean insiste sur le fait que ses miracles font partie des signes qui permettent de le reconna\u00eetre (Jn 10,38). Donc il semble bien qu'ici il refuse de les faire sur commande (Jn 6,30) et quand les conditions ne sont pas r\u00e9unies pour qu'on passe du signe \u00e0 la foi (Jn 6,26). 
Pourtant il y a d'autres passages o\u00f9 J\u00e9sus se plaint de ce que nous ayons toujours besoin de signes pour croire (Jn 4,48). Pour lui le signe que Dieu accorde, tout comme la pri\u00e8re exauc\u00e9e, sont comme le don d'une personne qui se r\u00e9v\u00e8le et c'est ainsi que nous devons les accueillir (Jn 16,24). Il semblerait que bien souvent, dans nos rapports avec Dieu, nous consid\u00e9rons la confiance comme une chose difficile et co\u00fbteuse, et il nous semble juste que Dieu ne la r\u00e9clame pas sans avoir donn\u00e9 des preuves claires qu'il nous entend et que notre foi sera r\u00e9compens\u00e9e. Mais \u00e0 partir du moment o\u00f9 nous nous pla\u00e7ons sur ce terrain du donnant donnant, nous passons \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la seule chose qui l'int\u00e9resse. Quel plaisir trouve-t-il \u00e0 ce que nous accomplissions des devoirs religieux ou des bonnes oeuvres? Il n'en a que faire. Par contre toute sa joie (le mot n'est pas trop fort) est de commencer d\u00e8s ici-bas ce jeu de l'amour r\u00e9ciproque o\u00f9 nous sommes capables de faire un pas en avant pour voir comment il r\u00e9agira, et un second ou un {C}n{/}i\u00e9me pas s'il s'obstine \u00e0 ne pas r\u00e9pondre. C'est cela qui est une approche de la vie \u00e9ternelle.

{N}8,{/}34 Dans ces versets si d\u00e9cisifs, il nous faut traduire \u00e0 plusieurs endroits le mot "\u00e2me", que J\u00e9sus a utilis\u00e9 dans le sens h\u00e9bra\u00efque o\u00f9 l'\u00e2me est aussi la vie ou la personne elle-m\u00eame. On a au v.35: "sauver son \u00e2me" et, "perdre son \u00e2me" (au sens de risquer, sacrifier); au v.36: "faire tort \u00e0 son \u00e2me"; au v.37: "racheter son \u00e2me", et dans tous ces cas, on h\u00e9sitera entre {C}son \u00e2me{/}, {C}soi-m\u00eame{/} et {C}sa vie{/}.
{C}O\u00f9 est le b\u00e9n\u00e9fice...?{/} Les paroles qui suivent font allusion \u00e0 un jugement ou \u00e0 une heure de v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 laquelle chacun pourra voir la r\u00e9ussite ou l'\u00e9chec de toute sa vie. 

{N}8,{/}38 {C}Le Fils de l'Homme{/}. Ce titre laisse entrevoir une venue glorieuse du Christ. Il viendra avec la Gloire de son P\u00e8re, un peu comme en Dn 7,13, mais ici on parle, non de Dieu sinon de son P\u00e8re. {C}Entour\u00e9 des saints anges{/}: ce sont les anges de Dieu, et ils sont saints dans la mesure o\u00f9 ils re\u00e7oivent de lui leur mission. 

{N}9,{/}1 {C}Certains qui sont ici{/}...  Dans le texte actuel des \u00e9vangiles, cette phrase s'interpr\u00e9te assez naturellement comme une annonce de la Transfiguration: elle vient imm\u00e9diatement apr\u00e8s et c'est alors que trois des ap\u00f4tres ont vu le Royaume identifi\u00e9 avec la personne de J\u00e9sus en Gloire. 
Mais cette m\u00eame phrase fait \u00e9galement corps avec le texte ui pr\u00e9c\u00e8de (8,38). Apr\u00e8s avoir annonc\u00e9 sa venue glorieuse, J\u00e9sus affirme que certains verront cette venue. L'expression {C}venir avec puissance{/} devrait alors s'entendre d'une venue du Christ Juge. C'est pourquoi divers auteurs pensent que J\u00e9sus se r\u00e9f\u00e9rait \u00e0 la destruction de J\u00e9rusalem qui, pour lui, \u00e9tait une anticipation du Jugement. Et d'autres pensent que J\u00e9sus avait en t\u00eate un triomphe pas tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9, ce en quoi il se trompait.
Il semble bien qu'ici Luc est plus proche du sens primitif lorsqu'il dit: certains ne mouriront pas sans avoir vu {C}le Royaume de Dieu{/} (Lc 8,27), ce qui se comprend sans difficult\u00e9 de la Transfiguration. J\u00e9sus a laiss\u00e9 entendre bien des fois que le Royaume \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 et qu'on n'avait pas \u00e0 attendre sa venue comme un \u00e9v\u00e9nement spectaculaire (Lc 17,20). 
Par ailleurs il est clair dans les trois \u00e9vangiles synoptiques que la Transfiguration est, avec la vision lors du bapt\u00eame de J\u00e9sus par Jean, l'un des rares signes de Dieu donn\u00e9s \u00e0 J\u00e9sus: l'un et l'autre marquent le d\u00e9but d'une nouvelle \u00e9tape de sa mission. La Transfiguration est l'annonce de la Passion proche; Luc le dit clairement (Lc 9,31), et c'est cela qui explique l'avertissement de J\u00e9sus \u00e0 ses ap\u00f4tres au v..9 de Marc. 
Il est fort possible que, dans les temps qui suivirent, l'attente d'un retour tr\u00e8s proche du Christ ait amen\u00e9 \u00e0 modifier cette parole de J\u00e9sus et qu'on y ait vu l'annonce de sa venue, ce qui aurait donn\u00e9 l'id\u00e9e de la faire pr\u00e9c\u00e9der des avertissements qui pr\u00e9c\u00e8dent: {C}celui qui rougira de moi...{/}
De toutes fa\u00e7ons, cette phrase assez \u00e9nigmatique n'est pas sans rapport avec l'attente de la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration chr\u00e9tienne (1Cor 15,51; 1Tes 4,15) et avec les rumeurs qui couraient \u00e0 propos de l'ap\u00f4tre Jean (Jn 21,23). Et il est remarquable que les \u00e9vang\u00e9listes l'aient conserv\u00e9e alors m\u00eame que l'on en voyait mal la r\u00e9alisation.

{N}9,{/}13 {C}Selon ce qui est \u00e9crit de lui{/}. Aucun texte ne se rapporte directement \u00e0 la mort de Jean Baptiste. Cette notation peut n'\u00eatre qu'une fa\u00e7on de dire: on l'a trait\u00e9 comme Dieu l'avait pr\u00e9vu et voulu. Mais on peut aussi y voir la fa\u00e7on qu'a J\u00e9sus d'interpr\u00e9ter l'Ecriture. Les po\u00e8mes du Serviteur de Yahv\u00e9, qui pour J\u00e9sus \u00e9taient au centre de la proph\u00e9tie de l'Ancien Testament, valaient aussi bien pour ses ap\u00f4tres et ses proph\u00e8tes que pour lui-m\u00eame. 

{N}9,{/}14 Ce n'est pas par hasard que les disciples se trouvent en difficult\u00b4`ealors que J\u00e9sus est sur la montagne. D\u00e9j\u00e0, lorsque Mo\u00efse \u00e9tait \u00e0 l'Horeb, l'esprit mauvais avait su prendre sa revanche avec le veau d'or.
Chaque \u00e9vang\u00e9liste traite cet \u00e9pisode \u00e0 sa mani\u00e8re. Mars d\u00e9veloppe un r\u00e9cit semblable \u00e0 celui de Luc, avec quelques apports qui peuvent provenir de la cat\u00e9qu\u00e8se de Pierre. On notera la difficult\u00e9 qu'il a rencontr\u00e9e pour tout int\u00e9grer: les paragraphes 20-27 s'encha\u00eenent mal avec 14-19. Apr\u00e8s la question de Jes\u00fas en 16, on attend une r\u00e9ponse de la foule, laquelle s'attire le reproche de Jes\u00fas en 19. Pendant ce temps la demande du p\u00e8re en 17-18 attire la r\u00e9ponse qu'on lit en 21-24. 
Il s'agit d'un esprit {C}muet{/} (17), {C}sourd et muet{/} (25), c'est-\u00e0-dire un d\u00e9mon tr\u00e8s rebelle qui fait le sourd aux appels de l'exorciste et se refuse \u00e0 dire son nom, ce qui ne facilite pas son expulsion.

{N}9,{/}29 Cet \u00e9pisode vient rafra\u00eechir l'enthousiasme qui pourrait s'emparer des disciples de J\u00e9sus lorsqu'ils voient ses miracles. D\u00e9j\u00e0 J\u00e9sus a remis en place Pierre qui exprimait tout simplement sa confiance dans le triomphe du Messie. Maintenant l'avertissement vaut aussi bien pour les ap\u00f4tres que pour tous les disciples qui viendront prendre leur place. Qu'ils n'esp\u00e8rent pas trop les miracles que J\u00e9sus promet \u00e0 celui qui a une once de foi: tout comme leurs contemporains, ils ne sont qu'une race incr\u00e9dule. 
{C}Il n'y a que la pri\u00e8re{/}, ou: il n'y a que la pri\u00e8re {C}et le je\u00fbne{/}? Les manuscrits se divisent sur ce point. Il est presque impossible de savoir quelle est laparole authentique car J\u00e9sus n'a jamais insist\u00e9 sur la valeur du je\u00fbne. Peut-\u00eatre l'a-t-il prescrit dans le cas des exorcismes. 

{N}9,{/}33 Il y a deux choses diff\u00e9rentes dans ce paragraphe: la question de savoir qui est le plus grand, l'accueil de J\u00e9sus en la personne des petits. 
Il est int\u00e9ressant de comparer ce paragraphe avec les versions de Matthieu et de Luc, car chacun des \u00e9vang\u00e9listes a sa fa\u00e7on propre de situer ces deux questions. Il y a d'abord les textes parall\u00e8les de Mt 1-10 et Lc 9,46-48. Ensuite il y a la d\u00e9marche de Jacques et Jean en Mt 20,20 et Mc 10,35, laquelle est remplac\u00e9e par une dispute \u00e9quivalente en Lc 22,24. Il y a enfin la r\u00e9ponse de J\u00e9sus \u00e0 ceux qui n'aiment pas le voir b\u00e9nir les enfants: Mt 19,13; Mc 10,13; Lc 18,15.
Dans le pr\u00e9sent paragraphe, J\u00e9sus r\u00e9pond d'abord \u00e0 la premi\u00e8re question: celui qui veut \u00eatre le premier, qu'il se fasse le serviteur de tous.
Ensuite, lorsqu'il fait venir un enfant, c'est pour montrer que l'important n'est pas le rang de celui qu'on re\u00e7oit, mais le fait qu'on accueille en sa personne le Christ et son P\u00e8re.
En Luc 9,46-48 les deux r\u00e9ponses de J\u00e9sus ont \u00e9t\u00e9 combin\u00e9es pour n'en faire plus qu'une: pourquoi donner tant d'importance aux pr\u00e9s\u00e9ances et \u00e0 la hi\u00e9rarchie si la rencontre des personnes ne fait que recouvrir une rencontre de Dieu lui-m\u00eame en la personne de l'autre? 
Marc et Luc r\u00e9servent pour l'incident rapport\u00e9 en Mc 10,13 les paroles sur l'esprit d'enfance et l'accueil du Royaume.
Matthieu a oubli\u00e9 que J\u00e9sus \u00e9tait intervenu \u00e0 la suite d'une rivalit\u00e9 entre les siens; chez lui J\u00e9sus r\u00e9pond, comme un Ma\u00eetre doit le faire, \u00e0 une question pieuse de ses disciples. Il est tout de suite parti sur le th\u00e8me du Royaume des Cieux, et ce qui l'int\u00e9resse, c'est une attitude spirituelle; en cons\u00e9quence il passe sous silence l'avertissement de J\u00e9sus \u00e0 ses ap\u00f4tres, et tout sp\u00e9cialement aux trois "grands" (Pierre et les deux fils de Z\u00e9b\u00e9d\u00e9e): se faire serviteur. Mais J\u00e9sus appelle l'enfant pour enseigner l'esprit d'enfance. Seulement ensuite il parlera de l'accueil des petits, passant soudain des enfants aux "petits", c'est-\u00e0-dire aux croyants simples et sans titre. 
Chez Matthieu, c'est seulement en 20,20 que J\u00e9sus r\u00e9pondra \u00e0 ceux qui cherchent la premi\u00e8re place.

{N}9,{/}43 {C}Aller \u00e0 la g\u00e9henne{/}. J\u00e9sus parle de l'ab\u00eeme dans lequel se jettent ceux qui ont tout sacrifi\u00e9 pour garder une idole dont ils s'\u00e9taient faits les esclaves. Ne doit-on pas croire qu'ils ont d\u00e9truit leur destin\u00e9e et n'atteindront jamais leur terme? Y aura-t-il pour eux une vraie \u00e9ternit\u00e9 quand s'ach\u00e8vera le temps? Quelle sorte de peine inconsolable et de frustration irr\u00e9m\u00e9diable sera le prix de cet \u00e9chec d\u00e9finitif: ne pas avoir \u00e9t\u00e9 ce qu'on portait en soi? L'Evangile nous laisse entendre que tout notre sort se joue dans l'existence pr\u00e9sente et que notre libert\u00e9 est reine, mais il ne peut pas d\u00e9crire ce que nous appelons enfer et purgatoire. J\u00e9sus, pour sa part, reprend deux images qu'on lisait dans les proph\u00e8tes: la {C}g\u00e9henne{/}, c'est-\u00e0-dire la vall\u00e9e qui limitait J\u00e9rusalem au sud, un lieu couvert de s\u00e9pultures, profan\u00e9 par les multiples sacrifices d'enfants qu'on y avait br\u00fbl\u00e9s, et consid\u00e9r\u00e9 comme maudit; et puis le{C} feu{/} et le{C} ver {/}qui d\u00e9vorent les cadavres des rebelles en Is 66,24.   

{N}9,{/}50 De nombreuses pages de nos \u00e9vangiles ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9es de m\u00e9moire durant des ann\u00e9es avant d'\u00eatre r\u00e9dig\u00e9es. En un temps o\u00f9 l'on ne disposait que de tr\u00e8s peu de livres pour la vie courante et o\u00f9 l'on n'avait ni journaux ni comptes-rendus, la m\u00e9moire avait une capacit\u00e9 \u00e9norme. On pouvait r\u00e9p\u00e9ter de m\u00e9moire des discours entiers, et celui qui parlait utilisait quelques recettes pour faciliter la m\u00e9morisation de ce qu'il disait. Une des plus communes \u00e9tait d'employer un mot cl\u00e9 \u00e0 la fin d'un premier th\u00e8me, lequel se retrouvait au d\u00e9but du second et aidait \u00e0 encha\u00eener. C'est ainsi que le {C}sel {/}du v. 49 a attir\u00e9 dans le r\u00e9cit deux sentences de J\u00e9sus qu'on ne voulait pas perdre mais qui n'avaient rien \u00e0 faire avec le paragraphe 42-49.
La fin du v.49 varie beaucoup selon les manuscrits anciens dont nous disposons: elle semble avoir d\u00e9concert\u00e9 tout le monde. Le plus probable est que l'\u00e9vang\u00e9liste a employ\u00e9 une comparaison o\u00f9 le sel repr\u00e9sentait ce qui a un effet durable. Les aliments sal\u00e9s se conservent, et les offrandes sal\u00e9es sont consid\u00e9r\u00e9es comme ayant une valeur d'\u00e9ternit\u00e9. De m\u00eame le feu dont on vient de parler sera un \u00e9tat d\u00e9finitif.

{N}10,{/}14 Tout ce chapitre et le commencement du suivant exposent des faits et des paroles de J\u00e9sus qui ont \u00e9tonn\u00e9 ou m\u00eame profond\u00e9ment choqu\u00e9 ceux qui l'entouraient. Son attitude vis-\u00e0-vis des petits enfants est au nombre des gestes tr\u00e8s singuliers que ses disciples ont respect\u00e9 sans pour autant les comprendre. N'oublions pas que nous sommes dans une soci\u00e9t\u00e9 tr\u00e8s masculine; tant que les enfants sont petits, ils sont l'affaire de la femme et ils n'int\u00e9ressent pas grand monde. Pour Matthieu et Marc c'\u00e9taient de petits enfants, pour Luc 18,15, on lui amenait m\u00eame des b\u00e9b\u00e9s. 
{C}J\u00e9sus se f\u00e2cha{/}. C'est la seulefois dans l'\u00e9vangile.

{N}10,{/}40 Dans un certain nombre de manuscrits anciens la fin de ce verset va dans le m\u00eame sens que Mt 20,23, mais les plus importants ont le texte que nous donnons ici. Algunos autores tomaron esta respuesta al pie de la letra y trataron de fijar el orden del protocolo jerarquico en el cielo: Mar\u00eda, Juan Baptista, o Jos\u00e9, o Mois\u00e9s...?

{N}11,{/}12  A la diff\u00e9rence de Matthieu selon lequel le figuier se s\u00e8che imm\u00e9diatement, Marc situe le fait au jour suivant. En ce cas comme en bien d'autres les interpr\u00e8tes rationalistes affirment que la tradition post\u00e9rieure a invent\u00e9 le prodige pour illustrer la parabole du figuier st\u00e9rile Lc 13,6: pourquoi ne se sont-ils pas renseign\u00e9s aupr\u00e8s de nombreuses personnes t\u00e9moins d'un arbre qui se dess\u00e8che soudain quand son ma\u00eetre et ami meurt?

{N}11,{/}16 {C}Il ne permettait pas qu'on transporte des paquets{/}... pour raccourcir le chemin qui de l'est m\u00e8ne \u00e0 la ville.

{N}11,{/}25 {C}Quand vous \u00eates en train de prier...{/} Dans la pri\u00e8re Dieu nous fait voir que nous n'arriverns pas \u00e0 une totale confiance tant que nous n'aurons pas renonc\u00e9 aux rancunes ni demand\u00e9 pardon. Pardonner pour \u00eatre \u00e9cout\u00e9: voir le m\u00eame avis en 1P 3,7. Ceux qui ont un charisme pour gu\u00e9rir commencent apr aider le malade \u00e0 pardonner et demander perdon, \u00e0 se lib\u00e9rer de tout ce qu'il ne s'est pas pardonn\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame pour ses limites et ses \u00e9checs; alors seulement la gr\u00e2ce de gu\u00e9rison agira librement.

{N}12,{/}13 Dans le r\u00e9cit de Marc, l'alliance des partisans d'H\u00e9rode et des pharisiens, comme en 3,6 y 8,15 autorise \u00e0 penser que cette controverse date de la m\u00eame p\u00e9riode du minist\u00e8re de J\u00e9sus enGalil\u00e9e.

{N}12,{/}30 {C}Ecoute Isra\u00ebl{/}. Le texte h\u00e9breu peut se traduire: \u00abYahv\u00e9, notre Dieu est le seul Yahv\u00e9\u00bb ou \u00abYahv\u00e9, notre Dieu est un seul Yahv\u00e9\u00bb. Dans le premier cas: il n'y a pas de Dieu vivant \u00e0 part lui; dans le second cas, il ne peut y avoir autant de Yahv\u00e9s qu'il y a de sanctuaires en Isra\u00ebl: unique est le lieu de sa pr\u00e9sence. Dans la Bible grecque Yahv\u00e9 est rendu par Seigneur, sans l'article, et nous lisons: "Seigneur, notre Dieu, est Seigneur un", phrase que l'\u00e9vangile de Marc reproduit fid\u00e8lement.
{C}De toute ton \u00e2me, de toute ton intelligence.{/}.. Le texte grec de Dt 6,5, tout comme l'h\u00e9breu, dit: \u00abcoeur, \u00e2me, force\u00bb. Marc a ajout\u00e9 ici: \u00abavec_toute ton intelligence\u00bb; ceci lui permet de retrouver le sens de l'h\u00e9breu, car dans la culture h\u00e9bra\u00efque le coeur designe la facult\u00e9 de penser et de sentir plus que l'affectivit\u00e9, laquelle s'exprime davantage avec le mot \u00ab\u00e2me\u00bb.

{N}12,{/}35 J\u00e9sus cite le psaume 110. On consid\u00e9rait \u00e0 cette \u00e9poque le livre des Psaumes tout entier comme l'oeuvre de David. L'auteur dit: "Oracle du Seigneur pour mon seigneur".  La seconde fois, "mon seigneur" a le sens le plus commun et est \u00e9quivalent de "mon ma\u00eetre". Certains se sont demand\u00e9 s'il y avait l\u00e0 une parole proph\u00e9tique annon\u00e7ant le Messie; de fait il n'y a rien de plus dans ce vers que ce que J\u00e9sus lui fait dire. Il s'est content\u00e9 de laisser sans r\u00e9ponse les experts qui ont toujours r\u00e9ponse \u00e0 tout. Mais il est clair que si ce psaume lui est venu tout de suite \u00e0 la m\u00e9moire, c'est parce qu'il avait tr\u00e8s habituellement \u00e0 l'esprit sa vocation messianique. Et si les disciples, qui ont oubli\u00e9 99% de ses faits et de ses paroles, se sont rappel\u00e9s celles-ci, c'est parce que le psaume contenait deux expressions qui trouveraient leur plein sens en J\u00e9sus ressuscit\u00e9: {C}Assieds-toi \u00e0 ma droite{/}, et: {C}Tu es pr\u00eatre \u00e0 jamais \u00e0 la fa\u00e7on de Melchis\u00e9dec{/} (Heb ch.7).

{N}12,{/}41 Une tradition juive affirme que si, du Temple aujourd'hui d\u00e9truit, il n'est rest\u00e9 que le mur dit des Lamentations, on le doit au fait que cette partie de la construction avait \u00e9t\u00e9 pay\u00e9e par les offrandes des pauvres.

{N}13,{/}1 Le discours qui commence ici est appel\u00e9 parfois apocalypse des synoptiques, d'autres fois: discours eschatologique.
Apocalypse: voir le commentaire de Mt 23,1.
Eschatologique: qui se r\u00e9f\u00e8re aux derniers temps; ou, dans le christianisme: qui se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la pl\u00e9nitude de la communication divine, \u00e0 ce qu'il y a d\u00e9j\u00e0 de d\u00e9finitif en notre histoire \u00e0 la suite de la venue du Christ.
Le pr\u00e9texte du discours est la r\u00e9flexion sur le Temple, r\u00e9cemment reconstruit par H\u00e9rode. Les pierres \u00e9normes (plus de cinq m\u00e8tres de long); les ornements donn\u00e9s par les riches et par les rois, comme par exemple les portes couvertes d'or. J\u00e9sus s'assied sur le mont des Oliviers, \u00e0 500 m\u00e8tres duTemple \u00e0 vol d'oiseau, s\u00e9par\u00e9 par le ravin du C\u00e9dron. sont pretexto del discurso es la admiraci\u00f3n por el Templo nuevamente construido por Herodes. On l'interroge en priv\u00e9 conscient de ce que cette proph\u00e9tie sur la ruine du Temple pas encore termin\u00e9 renferme des secrets tr\u00e8s graves, outre que c'est un th\u00e8me s\u00e9ditieux (voir 14,57). Seul Andr\u00e9, le fr\u00e8re de SimonPierre, se joint au groupe des trois.
Dans ce chapitre chaque \u00e9vang\u00e9liste donne sa propre interpr\u00e9tation des paroles proph\u00e9tiques de J\u00e9sus. Celles-ci n'ont pas toutes \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es \u00e0 la m\u00eame occasion, et elles ne sont pas toujours claires. C'est pourquoi il ne suffit pas de les comparer paragraphe par paragraphe: il faut lire \u00e0 la suite tout le discours dans chaque \u00e9vangile s\u00e9par\u00e9ment.
Les trois \u00e9vangiles sont d'accord pour donner ici un avertissement de J\u00e9sus destin\u00e9 \u00e0 ceux qui se pr\u00e9occupent un peu trop pour les signes d'une fin du monde imminente: il ne faut pas vivre \u00e0 l'aff\u00fbt du grand jour: ils risqueraient de se laisser \u00e9garer. 
le texte dit seulement: {C}C'est moi!{/} mais il faut sous-entendre: C'est moi le Messie!

{N}13,{/}9 {C}Ils vous livreront aux conseils de communaut\u00e9{/}: voir la note en Mt 10,17. Ainsi vous aurez l'occasion de rendre t\u00e9moignage: Ac 9,15; 23,11. 
{C}Il faut d'abord que l'Evangile soit proclam\u00e9 \u00e0 toutes les nations {/}(10). Selon toute probabilit\u00e9, ce ne'st pas l\u00e0 un signe de la fin du monde, mais il faut le comprendre dans le cadre de la trag\u00e9die qui allait s'abattre sur la Palestine trente ans plus tard: la destruction du Temple et la fin du culte ne se produiront pas avant que ne commence une nouvelle \u00e9poque, avec l'Evangile proclam\u00e9 en bien des nations et les communaut\u00e9s chr\u00e9tiennes implant\u00e9es en toutes les r\u00e9gions de l'empire romain. A ce sujet, voir 14,9 et 2 The 2,6

{N}13,{/}14 Pour les paragraphes qui suivent, les interpr\u00e8tes sont divis\u00e9s sur la question de savoir dans quelle mesure J\u00e9sus a distingu\u00e9 ce qui se rapporte \u00e0 la fin de J\u00e9rusalem et ce qui concerne la fin du monde. Beaucoup se regroupent sur les positions suivantes: ou bien ils consid\u00e8rent que les deux sont nettement distingu\u00e9s, et ils disent que c'est aprce que les \u00e9vang\u00e9listes ont corrig\u00e9 le texte apr\u00e8s avoir assist\u00e9 \u00e0 la chute de J\u00e9rusalem; ou bien ils disent que ce sont bien els paroles de J\u00e9sus et qu'il a tout confondu car il attendait \u00e0 tort un fin tr\u00e8s proche de l'histoire. 
En r\u00e9alit\u00e9, nous n'avons aucun motif pour affirmer que J\u00e9sus avait cette vue erron\u00e9e (ver en Mt 10,23 y 16,28). Si l'on tient compte de toutes ses paroles qui supposent une longue attente de l'Eglise et qui ne peuvent aps avoir \u00e9t\u00e9 toutes inventg\u00e9es par les \u00e9vang\u00e9listes \u00e0 partir de rien, il n'y a aucune raison de nier qu'il ait proph\u00e9tis\u00e9 la ruine imminente de la nation juive qui marquerait le d\u00e9part des temps de l'\u00e9vangile.
Ce paragraphe se rapporte, selon toute probabilit\u00e9, \u00e0 la crise juive des ann\u00e9es 66-70. Mais il n'en est pas moins certain que J\u00e9sus a d\u00fb s'exprimer en termes g\u00e9n\u00e9raux et de fa\u00e7on imag\u00e9e, comme on le lit dans Matthieu et Marc, et non avec les pr\u00e9cisions qui sont propres \u00e0 Luc.

{N}13,{/}19 {C}Car ce sera un temps d'\u00e9preuve{/}. Ce mot, dans la Bible, se rapporte habituellement aux souffrances qui pr\u00e9c\u00e8dent le Jugement de Dieu. Ici ce mot et les paroles qui vuisent s'apliquent \u00e0 la nation juive: cette crise sera une venue de Dieu et un jugement de l'histoire. {C}Si le Seigneur n'avait pas abr\u00e9g\u00e9 ces jours{/}: la tradition juive \u00e9tait consciente de ce que les pires \u00e9preuves n'\u00e9galent pas ce que m\u00e9ritent nos fautes. {C}Par \u00e9gard pour ses \u00e9lus{/}: qui interc\u00e8dent en faveur des p\u00e9cheurs.

{N}13,{/}21 Pour conclure cette proph\u00e9tie sur la crise juive, Marc revient \u00e0 l'avertissement du d\u00e9but (13,6): m\u00e9fiez-vous de ces lib\u00e9rateurs politiques qui se pr\u00e9sentent comme le Messie. Ces faux messies n'ont pas manqu\u00e9 lors de la crise des ann\u00e9es 66-70 ni lors de la crise suivante en l'ann\u00e9e 135. Bar Kochba fut alors reconnu comme le messie par le grand rabbin Aquiba, mais les deux p\u00e9rirent.
{C}Les \u00e9lus{/}, c'est-\u00e0-dire les disciples de J\u00e9sus, ne se laisseront pas entra\u00eener par ce nationalisme, non seulement parce qu'il doit finir sur un \u00e9chec, mais aussi parce qu'il entend donner \u00e0 Isra\u00ebl le salut quand il a laiss\u00e9 passer l'heure de Dieu (Lc 19,42).

{N}13,{/}24 Marc vient de conclure les avertissements de J\u00e9sus \u00e0 ses ap\u00f4tres; il est facile de voir que maiantenant il ne s'adresse plus directement \u00e0 ses ap\u00f4tres, et il ne donne pas davantage de consignes pour ces jours-l\u00e0, parce qu'il n'y aura alors aucunmoyen d'\u00e9chapper.
{C}Le soleil s'obscurcira...{/} Nous rouvons ici les figures tgradicionelles d'un univers qui se d\u00e9compose devant la majest\u00e9 de su cr\u00e9ateur: Is 13,10 y 34,4.

{N}14,{/}18 {C}Pendant qu'ils sont \u00e0 table{/}. El texto dice: {C}\u00e9tendus. {/} Etendus sur des sofas autour de la table, comme il convient dans une maisonconfortable et meubl\u00e9e 14,15). S\u00fbrement J\u00e9sus et ses ap\u00f4tres ne mangeaient pas habituellement \u00e0 la mani\u00e8re des Grecs, qui \u00e9tait celle des gens de bonne situation, mais J\u00e9sus avait voulu un certain luxe pour ce jour-l\u00e0.
{C}Malheur \u00e0 cet homme{/}! Contraste entre {C}cet homme{/} et {C}le Fils de l'homme{/}. Ce n'est pas une mal\u00e9diction mais une sorte de piti\u00e9.
{C}Prononce une b\u00e9n\u00e9diction{/}... (22), {C}rend gr\u00e2ces...{/} (23). La premi\u00e8re expression appartenait au rite de l'eucharistie dans els communaut\u00e9s d'origine juive, la seconde \u00e0 l'eucharistie des communaut\u00e9s grecques (voir le commentaire de Mc 8,1).

{N}14,{/}22 Les paroles: {C}ceci est mon corps{/} ne suffiraient pas pour \u00e9tablir l'identit\u00e9 du pain et du corps du Christ dans le sens le plus fort. Pour commencer, dans le langage s\u00e9mitique que parlait J\u00e9sus (non dans le grec de l'\u00e9vangile) le verbe \u00eatre n'a pas le sens et l'usage que nous lui donnons. Pour comprendre la valeur th\u00e9ologique de ce r\u00e9cit il faut prendre en compte tout le contexte. Cette c\u00e8ne est un repas sacr\u00e9, comme l'\u00e9tait la c\u00e8ne des Juifs en la f\u00eate de la P\u00e2que. Il faut \u00e9galement avoir reconnu le caract\u00e8re saint et sanctifiant de la personne de J\u00e9sus: voir en Mc 7,31; Lc 8,46; y todo el discurso del pan de vida en Jn 6. Et tout cela ne ressort pas simplement du texte, mais de la compr\u00e9hension que les ap\u00f4tres et l'Eglise ont eue de ce myst\u00e8re. Il est facile de voir, par exemple en 1Cor 11,26-29, la force que Paul reconna\u00eet aux paroles de J\u00e9sus pour la cons\u00e9cration du pain et de la coupe. 
Le texte ne parle pas de pain et de vin, mais du pain et de la coupe, suivant peut-\u00eatre le langage courant, mais aussi parce que ce dernier terme est plus riche de sens, au moins dans la culture h\u00e9bra\u00efque. On trouve cependant {C}pain {/}et {C}vin {/}en G\u00e9n 14,14 y Pro 9,5. 

{N}14,{/}24 {C}Le sang vers\u00e9 pour une multitude{/}. On a beaucoup discut\u00e9 sur ces mots car le texte original garde la formule h\u00e9bra\u00efque utilis\u00e9e par Is 53,11-12: "pour {C}les{/} nombreux" et on comprenait: pour beaucoup, non pas pour tous. Mais en fait cette forme grammaticale signifie: pour la multitude. 
Dans le texte d'Isa\u00efe le Serviteur se sacrifie pour "la multitude", c'est-\u00e0-dire pour le peuple d'Isra\u00ebl. Et J\u00e9sus de m\u00eame se sacrifie (Jean 17,19 dira: se consacre) pour purifier et sanctifier le peuple qu'il va acqu\u00e9rir, le reste d'Isra\u00ebl. Il ne s'agit donc pas de savoir si J\u00e9sus "paye" seulement les fautes individuelles de beaucoup ou de tous, et s'il rach\u00e8te les p\u00e9ch\u00e9s des seuls chr\u00e9tiens ou de tous.
Matthieu et Marc ont cette m\u00eame expression "pour la multitude" en Mt 20,28 et Mc 10,45, et ils voient dans cette multitude le nouveau peuple rachet\u00e9. Le texte de Lc 22,19-20 dira: livr\u00e9 et vers\u00e9 "pour vous". Seul 1 Tim 2,6 dit de fa\u00e7on tr\u00e8s impr\u00e9cise: "pour tous". 

{N}14,{/}36 P\u00e8re, ou {C}Pap\u00e1 {/}: J\u00e9sus a \u00e9t\u00e9 le premier \u00e0 s'adresser \u00e0 Dieu avec une telle simplicit\u00e9 et tendresse, scandaleuse pour quiconque n'a pas re\u00e7u l'esprit des fils et filles de Dieu (Rom 8,15; G\u00e1l 4,6)
{C}Non pas comme je veux.{/} La nature humaine de Jes\u00fas est aussi complexe que la n\u00f4tre. Le fait que son esprit soit totalement uni \u00e0 la volont\u00e9 divine ne signifie pas que toutes les craintes et m\u00eame l'instinct de conservation aient disparu. L'Esprit ne nous divinise pas de telle fa\u00e7on que nous nous sentions ma\u00eetres de nous-m\u00eames; au contraire il nous par moments ou nous laisse dans une grande ins\u00e9curit\u00e9 alors m\u00eame qu'il le maintient ferme dans la soumission \u00e0 Dieu. J\u00e9sus se donne trois temps de pri\u00e8re pour soumettre et pacifier cette r\u00e9volte de {C}la chair{/}.

{N}14,{/}63 {C}Il d\u00e9chire sa tunique{/}: sur unje longueur de vingt centim\u00e8tres, la d\u00e9chirure \u00e9tant d\u00e9j\u00e0 faite bien proprement et recousue au fil fin. Il le fait conform\u00e9ment au rituel qui exige ce geste d'indignation quand on entend un blasph\u00e8me.

{N}14,{/}68 Certains manuscrits ajoutent ici: et le coq chanta. L'addition avait pour but de justifier le v.72 o\u00f9 le coq chante pour la seconde fois. En Palestine les coqs changent deux fois, la premi\u00e8re apr\u00e8s minuit, et la seconde, \u00e0 l'aurore. C'est ainsi que le coq de Pierre chante \u00e0 l'aurore et c'est la seconde fois. 

{N}15,{/}1 Se r\u00e9unirent en conseil. Un certains nombre de manuscrits disent: firent une consultation, ce qui indiquerait une tractation avec Pilate.

{N}15,{/}8 Le peuple monta vers la r\u00e9sidence de Pilate qui, selon toute probabilit\u00e9, se trouvait dans le Palais d'H\u00e9rode, non d'H\u00e9rode Antipas, lequel \u00e9tait ces jours-l\u00e0 \u00e0 J\u00e9rusalem, mais le Palais de son p\u00e8re H\u00e9rode le Grand. L'\u00e9vangile laisse entendre que les chefs des pr\u00eatres interviennent pour appuyer la p\u00e9tition en faveur de Barrabas, mais que celle-ci avaait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e par un groupe important, sans doute conduit par des nationalistes z\u00e9lotes.

{N}15,{/}21 {C}Simon, le p\u00e8re d'Alexandre et de Rufus{/}: ces noms sont romains et ces fils \u00e9taient s\u00fbrement connus dans l'Eglise primitive. Mais on n'a pas de preuve quil s'agisse de Rufus nomm\u00e9 en Rom 16,13.
Le chemin du Calvaire \u00e9tait relativement court: un peu plus d'un kilom\u00e8tre par les rues \u00e9troites et remplies de monde.

{N}15,{/}25 {C}On \u00e9tait au milieu de la matin\u00e9e{/}. El texto dice: \u00abla troisi\u00e8me heure\u00bb. Si nous retenons l'interpr\u00e9tation traditionnelle du calendrier de la Passion, avec J\u00e9sus arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Getsemani dans la nuit du jeudi au vendredi, et si nous voulons garder les deux comparutions de J\u00e9sus devant les autorit\u00e9s juives, suivies de celle devant Pilate avec les interventions de la foule, il nous faudra retarder au maximum l'heure de la crucifixion. On pourra dire alirs que ces notations: troisi\u00e8me heure, sixi\u00e8me heure, neuvi\u00e8me heure n'ont qu'une valeur symbolique et rappellent l'horaire des sacrifices du Temple. Et nous ajouterons: tant que la sixi\u00e8me heure (midi) n'a pas sonn\u00e9, c'est encore la troisi\u00e8me. Par contre, si nous situons l'arrestation de J\u00e9sus dansla nuit du mardi au mercredi, la notation de Marc est tr\u00e8s vraisemblable.  

{N}16,{/}9 Le paragraphe 9-20 n'appartient pas au texte de Marc et manque dans les manuscrits les plus anciens. Certains manuscrits anciens portent cette conclusion plus br\u00e8ve:
{C}Tout ce qui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00e0 ceux qui entouraient Pierre, ils le proclam\u00e8rent en toute v\u00e9rit\u00e9. A partir de l\u00e0, et gr\u00e2ce \u00e0 eux, J\u00e9sus lui-m\u00eame a diffus\u00e9 de l'orient \u00e0 l'occident lemessage sacr\u00e9 et incorruptible des temps du salut.{/}
En d'autres manuscrits l'on trouve une conclusion de type gnostique beaucoup plus tardive.

{N}16,{/}16 {N}CELUI QUI NE CROIRA PAS SERA CONDAMNE{/}
Le texte original dit bien: {C}Celui qui ne croira pas sera condamn\u00e9{/}. M\u00eame si nous devons comprendre: "Celui qui se refusera \u00e0 croire", il y a l\u00e0 une menace dont l'interpr\u00e9tation erron\u00e9e a eu des effets incalculables. 
Celui qui {C}ne croit pas{/} est l'un de ceux \u00e0 qui l'on pr\u00e9sente le message. Il refuse de croire bien que des {C}signes {/}accompagnent le message, assez parlants pour qu'on puisse y reconna\u00eetre une volont\u00e9 du Ciel. Il sera {C}condamn\u00e9{/}, c'est-\u00e0-dire que, lors du jugement o\u00f9 il rendra compte de ses actes bons et mauvais, il recevra sur ce point "une" condamnation: il y a eu faute de sa part. C'est cela m\u00eame qu'on lit en Mt 10,40.
Celui qui croit  et est baptis\u00e9 {C}est sauv\u00e9{/}, c'est-\u00e0-dire qu'il jouit des dons que Dieu r\u00e9serve \u00e0 ceux qui l'ont reconnu en la personne de son Fils et qui, gr\u00e2ce \u00e0 la foi, ont b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d'une remise en ordre de tout leur \u00eatre. Ceux-ci sont \u00e0 la fois b\u00e9n\u00e9ficiaires et coop\u00e9rateurs du myst\u00e8re de salut que Dieu m\u00e8ne \u00e0 bien au coeur de l'histoire humaine. Car dans cette oeuvre qui int\u00e9resse aussi bien ceux qui sont proches que ceux qui sont au loin, une part essentielle est r\u00e9serv\u00e9e au peuple de Dieu. S'il renon\u00e7ait \u00e0 remplir sa mission, l'humanit\u00e9 serait {C}condamn\u00e9e \u00e0 se perdre{/}, dans tous les sens du terme.
On se demande comment Dieu a permis que ces lignes soient interpr\u00e9t\u00e9es d'une fa\u00e7on tr\u00e8s tendancieuse dans l'Eglise d'occident, et cela jusqu'\u00e0 la fin du dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle. Les porteurs de la foi \u00e9taient persuad\u00e9s que tous devaient accueillir leur pr\u00e9dication, m\u00eame s'ils parlaient un langage ha\u00ef ou incompris, m\u00eame si leur pr\u00e9dication n'\u00e9tait pas accompagn\u00e9e par les signes dont parle l'Evangile. Ils voulaient donner \u00e0 tout prix le bapt\u00eame, comme attribuant au rite une efficacit\u00e9 magique. Ils affirmaient, ce que ne dit pas le texte, que celui qui ne croyait pas perdait le salut \u00e9ternel et se trouvait condamn\u00e9 \u00e0 un enfer sans fin. Voir \u00e0 ce sujet l'Introduction \u00e0 Jonas.
Cette interpr\u00e9tation inexacte qui faisait de l'institution eccl\u00e9siale le parti des sauv\u00e9s, face \u00e0 une "masse de perdition", satisfaisait le fonds de violence qui est au coeur de toute communaut\u00e9 quand elle se croit \u00e9lue par le Dieu unique pour donner au monde la seule v\u00e9rit\u00e9. Comment comprendre qu'on ait pu ainsi d\u00e9naturer l'Ecriture et l'\u00e9vang\u00e9lisation sans que Dieu se manifeste par ses proph\u00e8tes? Il y a l\u00e0 un myst\u00e8re. Reconnaissons cependant que cette vue du monde en noir et blanc sans demi-teintes a encourag\u00e9 chez des millions de croyants une volont\u00e9 de fer pour dominer leurs instincts et souvent faire des choix h\u00e9ro\u00efques: tout plut\u00f4t que p\u00e9cher.

