{N}1,{/}1 L'arriv\u00e9e au Sina\u00ef o\u00f9 se c\u00e9l\u00e8bre l'alliance (Ex 20 et 33-34) se situait au deuxi\u00e8me mois apr\u00e8s la sortie d'Egypte (Ex 19,1 le troisi\u00e8me mois de l'ann\u00e9e, alors que la sortie \u00e9tait au 14 du premier mois) : le don de la Loi se situait \u00e0 la Pentec\u00f4te, c'est-\u00e0-dire au cinquanti\u00e8me jour apr\u00e8s la P\u00e2que.

{N}1,{/}2 on nous parle de l'Horeb, identifi\u00e9 avec le mont Sina\u00ef, et on nous signale qu'il y a normalement 11 jours de marche jusqu'\u00e0 l'oasis de Qadesh-Barn\u00e9. Selon les Nombres (ch. 13-14) c'est \u00e0 Qadesh que le peuple se r\u00e9volte \u00e0 l'id\u00e9e de devoir conqu\u00e9rir Canaan et c'est l\u00e0 qu'il restera trente huit ans. Puis, sous la conduite de Mo\u00efse, on repart vers Moab pour entrer en Canaan par l'est. On a donc franchi la Arabah, la grande d\u00e9pression dans laquelle se situent le cours du Jourdain et, plus au sud, la Mer Morte. On a rencontr\u00e9 et \u00e9limin\u00e9 Sihon, roi des amorr\u00e9ens de Heshbon, de l'autre c\u00f4t\u00e9 du Jourdain, et un autre roi appel\u00e9 Og, qui devrait avoir \u00e9t\u00e9 plus au nord, sur le plateau de Bashan, mais dont l'historicit\u00e9 est fort douteuse. On est donc pour un temps en paix dans les monts de Moab, et c'est l\u00e0 que se place cette nouvelle activit\u00e9 de Mo\u00efse comme l\u00e9gislateur d'Isra\u00ebl, dans les derniers temps avant sa mort.
On sait que l'histoire nous donne une vue quelque peu diff\u00e9rente de cette marche : voir le commentaire de Ex 17,8.

{N}2,{/}1 Dans cette histoire de la marche dans le d\u00e9sert, les versets 11-12 et 20 nous rappellent que les Edomites, les Ammonites et les Moabites qui allaient \u00eatre les voisins d'Isra\u00ebl entr\u00e8rent dans l'histoire \u00e0 peu pr\u00e8s en m\u00eame temps qu'eux. C'\u00e9taient eux aussi des nomades, et ils s'install\u00e8rent sur des terres habit\u00e9es par des Amorr\u00e9ens et des Horites.  

{N}4,{/}5{N} LA SAGESSE DE LA BIBLE{/}
{C}Quelle grande nation! elle seule a la sagesse et l'intelligence{/}. Ce livre est contemporain du chapitre 20 de l'Exode et de nos Dix Commandements. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit huit si\u00e8cles avant le Christ et d\u00e9j\u00e0 nous y lisons cette certitude : Dieu nous a donn\u00e9 une sagesse qui n'a pas \u00e9t\u00e9 communiqu\u00e9e aux autres peuples. On peut sourire \u00e0 distance, et penser que, du clocher de son village, l'\u00e9crivain sacr\u00e9 ne voyait qu'un petit coin du monde et ignorait volontiers, aussi bien les mill\u00e9naires de culture \u00e9gyptienne et m\u00e9sopotamienne qui l'avaient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, que les autres grandes cultures et religions de l'Asie lointaine. Et pourtant... L'affirmation de Yahv\u00e9, Dieu unique, qu'on ne saurait repr\u00e9senter ; le Dieu Juste qui demande la fid\u00e9lit\u00e9 int\u00e9rieure et la pratique de la justice par dessus toute autre forme de culte ; l'obligation rigoureuse du sabbat comme le moyen de pr\u00e9server la libert\u00e9 et la dignit\u00e9 des personnes ; la protection de la vie humaine et le respect de l'\u00e9tranger, souvent un isra\u00e9lite install\u00e9 sur le territoire d'une tribu qui n'est pas la sienne ; le refus de toute license sexuelle, c'\u00e9taient l\u00e0 des lois \u00e9tonnantes et dont le b\u00e9n\u00e9fice ne s'appr\u00e9cierait vraiment qu'\u00e0 la longue, quand les cultures voisines auraient disparu l'une apr\u00e8s l'autre.
Mais si l'orgueil d'\u00eatre les d\u00e9tenteurs d'une sagesse sup\u00e9rieure pouvait faire na\u00eetre en Isra\u00ebl le sentiment  qu'ils \u00e9taient des privil\u00e9gi\u00e9s, on peut aussi renverser l'ordre des termes : la certitude d'avoir \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 par Dieu pour un destin unique \u00e9tait l'un des piliers de la sagesse d'Isra\u00ebl. Tout l'\u00e9difice de la Loi se serait \u00e9croul\u00e9 si l'on n'avait pas cru \u00e0 une alliance entre Yahv\u00e9 et Isra\u00ebl (4,13 4,20). Le Deut\u00e9ronome est fortement inspir\u00e9 par la pr\u00e9dication des premiers proph\u00e8tes, \u00e0 l'\u00e9cole d'Elie, et il va nous redire de mille fa\u00e7ons qu'il n'y a de salut pour Isra\u00ebl que dans la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 sa vocation. 
Nous avons l\u00e0 l'un des facteurs essentiels de l'identit\u00e9 du peuple de la Bible. Aujourd'hui il nous faut certainement ouvrir les yeux sur les religions du monde et voir comment \u00e0 travers elles Dieu a fait oeuvre de salut dans les diverses cultures. Il est fort utile de savoir que ni la religion d'Isra\u00ebl, ni le christianisme ne sont des commencements absolus, mais que leurs doctrines ont des ant\u00e9c\u00e9dents dans d'autres religions. Cependant, quand on aura \u00e9clair\u00e9 tous ces rapports et qu'on aura tent\u00e9 d'\u00e9laborer une "g\u00e9n\u00e9alogie des religions", on n'aura encore rien dit sur ce qui est l'essentiel de la r\u00e9v\u00e9lation biblique : elle s'adresse au seul peuple que Dieu se soit choisi pour se faire conna\u00eetre de lui \u00e0 visage d\u00e9couvert. Partout ailleurs les religions pourront proposer des lois divines, on parlera de commandements, de recherche de l'Absolu, mais nulle part on ne mettra au coeur de la recherche, ou du service, ou de l'ob\u00e9issance, une connaissance de Dieu \u00e0 visage d\u00e9couvert (4,7 ; 4,35 ; Col 2,8-10).
Le Deut\u00e9ronome dira : "Vous n'avez rien vu, vous avez seulement entendu la Parole de Dieu" (4,12 ; 5,24). Mais dans ce "vous n'avez pas vu" il n'y a que le refus de toute image et l'appel \u00e0 la foi : on ne nie pas que Dieu se soit manifest\u00e9. Le discours que l'auteur attribue \u00e0 Yahv\u00e9 est constamment celui d'un Dieu qui se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 ceux qu'il aime et qui l'aiment (4,37 ; 7,8 ; 6,4). Passons au Nouveau Testament, et nous aurons le Discours apr\u00e9s la C\u00e8ne de Jean ch. 14-17.

{N}4,{/}9 On retrouvera cet avertissement en 4,25 ; 6,12 ; 8,11. L'auteur du livre met ici dans la bouche de Mo\u00efse ce que lui dit sa propre exp\u00e9rience. L'indiff\u00e9rence religieuse de ses contemporains est due en partie \u00e0 ce que cette g\u00e9n\u00e9ration n'a pas vu les merveilles de Dieu et ne veut plus se rappeler l'exp\u00e9rience des p\u00e8res. Il n'y a pas l\u00e0 seulement l'effet du temps qui passe, car dans ce temps les traditions pouvaient se transmettre oralement durant des si\u00e8cles sans perdre leur valeur d'actualit\u00e9. Mais l'exp\u00e9rience du Sina\u00ef est oubli\u00e9e parce qu'on ne vit plus comme avant. Isra\u00ebl n'est plus une communaut\u00e9 de nomades mais un peuple d'agriculteurs regroup\u00e9s en une nation. En se fixant au sol on est pass\u00e9 d'une tr\u00e8s grande pr\u00e9carit\u00e9 des conditions de vie \u00e0 une certaine stabilit\u00e9 : on est sur son propre h\u00e9ritage et non sur des terres \u00e9trang\u00e8res, on a plant\u00e9 et on s'est implant\u00e9, on r\u00e9colte et on met la r\u00e9colte en s\u00fbret\u00e9. Les destinataires de ce discours \u00e9taient certainement fort loin de notre mentalit\u00e9 actuelle et du besoin de se couvrir d'assurances tous risques, mais d\u00e9j\u00e0 ils calculaient.
Il faut donc \u00e0 la fois leur rappeler ce qu'a \u00e9t\u00e9 la premi\u00e8re exp\u00e9rience du salut de Dieu et leur faire sentir que m\u00eame sur cette terre qu'ils croient tenir, ils ne sont s\u00fbrs de rien. C'est ce que dira le paragraphe 11,10 :{C} Le pays o\u00f9 tu vas entrer... {/}En Egypte, il fallait peiner, mais on pouvait compter sur ses propres efforts. En Palestine, par contre, on n'a rien \u00e0 faire pour que l'eau tombe du ciel, mais ici tout d\u00e9pend de Dieu qui peut fermer le ciel ou l'ouvrir. Il ne faut donc pas que la foi s'endorme ni la fid\u00e9lit\u00e9, car Dieu a promis d'envoyer la pluie si l'on est fid\u00e8le, et il est ma\u00eetre de la nature.

{N}7,{/}1 Les chapitres 7 et 8 vont mettre en relief l'identit\u00e9 d'Isra\u00ebl face aux nations qui l'entourent. Au v.1 nous traduisons par {C}peuplades{/} le mot \u00ab_goyim_\u00bb que l'on retrouvera tout au long de la Bible et qui d\u00e9signe presque toujours les peuples ou nations \u00e9trang\u00e8res.  Dans le langage courant des Juifs d'aujourd'hui, un chr\u00e9tien est un \u00ab_goy_\u00bb.  Un autre mot h\u00e9breu qui a un sens tr\u00e8s voisin d\u00e9signe habituellement Isra\u00ebl: on le traduit habituellement par \u00ab_le peuple_\u00bb. Quand la Bible dit \u00ab_le peuple_\u00bb, sans plus, il s'agit d'Isra\u00ebl. Nous retrouverons donc tr\u00e8s souvent l'opposition entre {C}le peuple{/} et {C}les nations{/}. Le Deut\u00e9ronome affirme l'identit\u00e9 d'Isra\u00ebl en l'opposant aux autres \u00e9l\u00e9ments qui peuplent la terre de Palestine. On sait que m\u00eame apr\u00e8s la conqu\u00eate par Josu\u00e9, et durant tout le temps des Rois, cette population canan\u00e9enne non isra\u00e9lite, maintenant priv\u00e9e du pouvoir, demeura tr\u00e8s nombreuse. L'histoire biblique l'ignore habituellement sauf lorsqu'il s'agit de mettre en garde contre coutumes et pratiques religieuses enracin\u00e9es depuis de nombreux si\u00e8cles et que de nombreux isra\u00e9lites adoptaient sans scrupules. C'est l\u00e0 la raison pour laquelle le Deut\u00e9ronome place dans la bouche de Mo\u00efse l'ordre de \u00ab_vouer \u00e0 l'anath\u00e8me_\u00bb, en fait, d'exterminer tous ceux qui occupaient le pays avant eux: c'est une fa\u00e7on de dire que tout serait plus simple s'ils avaient disparu et si l'on n'avait pas tout le temps sous les yeux de mauvais exemples.
Ces mauvais exemples, ce seront \u00e0 la fois la libert\u00e9 sexuelle et le culte des idoles: l'identit\u00e9 du peuple de Dieu comportera le rejet de l'une comme de l'autre. Le chapitre 8 va montrer du doigt l'erreur et le p\u00e9ch\u00e9 qui sont \u00e0 la base de tous les autres, et c'est la suffisance de l'homme qui croit ne devoir qu'\u00e0 lui-m\u00eame le niveau de vie qu'il a su atteindre: on en a dit un mot \u00e0 propos de 4,9.

{N}7,{/}6{N} TU AS \u00c9T\u00c9 CHOISI{/}
{C}Il t'a choisi pour que tu sois son peuple, entre tous les peuples de la terre{/}. On entend parfois poser la question : pour quelle raison Dieu a-t-il choisi Isra\u00ebl de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 tout autre peuple? C'est le m\u00eame genre de question qu'on entend  \u00e0 propos de la m\u00e8re de J\u00e9sus: Pourquoi Marie a-t-elle \u00e9t\u00e9 choisie de pr\u00e9f\u00e9rence \u00e0 toutes les autres femmes? Dans les deux cas on oublie que Dieu n'est pas dans la situation d'un jury qui choisit entre divers candidats et ne peut qu'\u00e9valuer leurs m\u00e9rites ou leurs aptitudes. Les personnes et les peuples ne commencent \u00e0 exister que lorsque Dieu les a mis dans son plan, et c'est ainsi qu'ils font corps avec toute l'histoire qui les pr\u00e9c\u00e8de ou qui suivra : {C}Je t'ai choisi alors que tu ne me connaissais pas{/} (Is 45,5).
 L'\u00e9lection d'Isra\u00ebl ne s'est pas faite au moment de l'Exode, mais avant m\u00eame que l'histoire humaine et la diversification des peuples ne se mettent en marche, et c'est pourquoi la Bible fait remonter ses g\u00e9n\u00e9alogies \u00e0 Adam (Gen 5,1_; Lc 3,38) ; et de m\u00eame Dieu n'a pas attendu de savoir comment Marie se comportait vis-\u00e0 vis de lui pour la choisir : elle a \u00e9t\u00e9 choisie dans l'\u00e9ternit\u00e9. Dans les deux cas, toute l'histoire ant\u00e9rieure \u00e9tait li\u00e9e \u00e0 ce choix.
Une question plus grave se pose aux chr\u00e9tiens. Alors qu'un Juif d'aujourd'hui est conscient de son originalit\u00e9 au milieu des autres peuples, du seul fait qu'il est n\u00e9 de parents juifs, un chr\u00e9tien a souvent du mal \u00e0 dire en quoi il est diff\u00e9rent des autres, et bien plus encore comment il a \u00e9t\u00e9 choisi par Dieu. A la diff\u00e9rence du premier cas, ce qui fait un chr\u00e9tien n'est pas la naissance dans telle ou telle famille ou dans tel ou tel peuple. Il est vrai que dans les pays d'Europe ou d'Am\u00e9rique, jusqu'\u00e0 une date assez r\u00e9cente, on \u00e9tait chr\u00e9tien de naissance et on arrivait presque n\u00e9cessairement au bapt\u00eame. Le choix des parents ob\u00e9issait \u00e0 une longue tradition que nul ne saurait critiquer, mais en fait il dissimulait l'une des caract\u00e9ristiques essentielles du bapt\u00eame : celui-ci est la r\u00e9ponse \u00e0 un appel. Voyez le texte de Jer 31,31 qui annonce la nouvelle alliance : il s'agit d'une reconnaissance mutuelle de Dieu et de ses fils ou ses filles. 
Quelle que soit l'heure o\u00f9 l'Esprit manifeste sa pr\u00e9sence dans la vie d'un chacun (1Cor 12,7 ; Gal 3,2), il est difficile de trouver une foi authentiquement chr\u00e9tienne qui ne soit pas li\u00e9e \u00e0 une exp\u00e9rience spirituelle, et de nombreux croyants semble-t-il en prendraient conscience s'ils permettaient que ce qui dort au fond d'eux-m\u00eames franchisse les barrages de la raison (2 Cor 13,5). Ce don de l'Esprit est, selon l'Ecriture, la meilleure preuve que nous avons \u00e9t\u00e9 personnellement appel\u00e9s (Rom 8,16). 

{N}9,{/}7 Dans les paragraphes qui suivent, l'auteur va rappeler les fautes d'Isra\u00ebl : il en avait d\u00e9j\u00e0 dit un mot dans le premier chapitre. On remarquera cette fa\u00e7on de fortifier l'amour de Yav\u00e9 par une conscience plus forte des trahisons du peuple et de l'inlassable patience de Dieu. L'amour fait d\u00e9couvrir{C} l'injustice{/} que jusque l\u00e0 {C}on buvait comme l'eau{/} (Job 15,16), et en retour, la conscience du p\u00e9ch\u00e9 fait que l'amour soit plus humble et, par cela m\u00eame, plus vrai (Ps 51 ; Lc 7,47). 
Il est certain que le rappel constant du p\u00e9ch\u00e9 peut \u00eatre une fa\u00e7on de d\u00e9velopper des complexes de culpabilit\u00e9 qui n'ont rien de sain (Ne 8,9-12), mais on ne peut pas ignorer pour autant qu'\u00e0 chaque instant nous fermons la porte aux appels d'en-haut (Ct 5,2-6).

{N}14,{/}1 Les chapitres 14-16 \u00e9tablissent les bases qui assureront la coh\u00e9sion de la soci\u00e9t\u00e9 isra\u00e9lite. Pour commencer, les prohibitions d'ordre alimentaire. Ensuite les d\u00eemes qui permettent d'entretenir un culte digne de Dieu. Puis vient l'ann\u00e9e de la R\u00e9mission, laquelle mettra un frein aux processus qui vont s\u00e9parant toujours davantage riches et pauvres. Enfin les f\u00eates qui seront pour tous les hommes de la nation l'occasion d'une rencontre \u00e0 J\u00e9rusalem autour du Temple.
Les prohibitions alimentaires seront un moyen de se s\u00e9parer des autres peuples qui habitent la Palestine. Elles seront compl\u00e9t\u00e9es par d'autres r\u00e8gles touchant ce qui est pur ou impur et marqueront peu \u00e0 peu toute la trame de la vie quotidienne. Elles permettront ainsi au Juif, m\u00eame \u00e9migr\u00e9, de ne pas se fondre dans la masse des non-Juifs mais d'avoir toujours besoin de la solidarit\u00e9 avec ses \u00ab_fr\u00e8res_\u00bb.
Les d\u00eemes sont un engagement concret, un de ceux devant lequel de fort nombreux croyants reculent, pr\u00e9textant d'un sens plus spirituel des r\u00e9alit\u00e9s religieuses. Une partie des d\u00eemes n'est pas enti\u00e8rement donn\u00e9e (14,22-27). On la d\u00e9pense \u00e0 J\u00e9rusalem, et il ya d'abondantes retomb\u00e9es sur le Temple et sur la ville. Ce n'est pas le cas de la d\u00eeme de tous les trois ans, destin\u00e9e {C}au pauvre et au l\u00e9vite{/} (28-29).  N'oublions pas que le Deut\u00e9ronome fait partie de la grande r\u00e9forme qui mit fin aux sanctuaires de province pour donner l'exclusivit\u00e9 au temple de J\u00e9rusalem. Elle voulait \u00e9liminer de nombreux abus de fait et bien des compromissions religieuses, mais aussi elle d\u00e9poss\u00e9da tous les pr\u00eatres qui vivaient de ces sanctuaires. On ne leur retire pas le caract\u00e8re sacr\u00e9 qu'ils se transmettent de p\u00e8re en fils, et la communaut\u00e9 se devra d'assurer leur maintien.
L'ann\u00e9e de la r\u00e9mission est d\u00e9j\u00e0 ce que sera dans le L\u00e9vitique l'ann\u00e9e sabbatique: une ann\u00e9e de remise des dettes g\u00e2ce \u00e0 laquelle tout isra\u00e9lite gardera en Isra\u00ebl sa part d'h\u00e9ritage. Elle devra favoriser la r\u00e9conciliation et la solidarit\u00e9 sociale.
Quant aux trois f\u00eates, elles sont ins\u00e9parablement acte religieux et manifestation nationale. C'est l\u00e0 que le peuple \u00e9prouve plus profond\u00e9ment son identit\u00e9 comme peuple de Dieu, et que la foi se r\u00e9affirme au souvenir des interventions de Dieu dans son histoire.
Il est bien \u00e9vident que toutes ces lois ne prennent leur sens que dans le cadre unique de l'histoire d'Isra\u00ebl. Elles ont d\u00fb pr\u00e9sider \u00e0 la r\u00e9forme d'Ez\u00e9quias dont le deuxi\u00e8me livre des Chroniques nous fait  le plus grand \u00e9loge \u00e0 propos de la Grande P\u00e2que qu'il fit c\u00e9l\u00e9brer (ch.29-31). Elles ont inspir\u00e9 de m\u00eame la R\u00e9forme de Josias un si\u00e8cle plus tard. Mais lorsque des chr\u00e9tiens aujourd'hui s'inqui\u00e8tent de l'effondrement moral de la soci\u00e9t\u00e9 en des pays qui avaient une identit\u00e9 chr\u00e9tienne, il n'est pas inutile pour eux de relire ces pages: on ne refait pas un pays sans lui imposer une mission, sans lui demander des sacrifices qui co\u00fbtent et sans cr\u00e9er des institutions de solidarit\u00e9 effective et de redistribution.  Gandhi avait inscrit parmi les lois fondamentales de toute soci\u00e9t\u00e9 ces deux adages: pas de politique sans morale, pas de culte sans sacrifices. 

{N}15,{/}1 Le Deut\u00e9ronome demande ici que la septi\u00e8me ann\u00e9e soit une ann\u00e9e de r\u00e9mission. Dans le L\u00e9vitique, \u00e9crit beaucoup plus tard, le chapitre 25 distingue entre la septi\u00e8me ann\u00e9e, ann\u00e9e {C}sabbatique{/} o\u00f9 la terre se repose, et la cinquanti\u00e8me ann\u00e9e qui est celle du {C}jubil\u00e9{/} ou de la r\u00e9mission.

{N}27,{/}9 Les chapitres 27-31 ont assembl\u00e9 diverses conclusions et ont d\u00fb \u00eatre remani\u00e9s \u00e0 plusieurs reprises, sans doute jusqu'au temps du retour de l'Exil. Il est \u00e9vident que les paragraphes 9-26 veulent donner un autre contenu \u00e0 la f\u00eate que rappelait 27,2, laquelle se c\u00e9l\u00e9brait sur le territoire d'Ephra\u00efm, pr\u00e8s de Sichem, aux monts Ebal et Garizim (voir Jos 8 et 24). 

{N}32,{/}1 Ce cantique de Mo\u00efse veut rappeler \u00e0 Isra\u00ebl sa vocation, ses fautes, les promesses de Dieu qui se r\u00e9aliseront le jour o\u00f9 il retrouvera le chemin de la fid\u00e9lit\u00e9. 
1 Ce cantique se pose comme un r\u00e9quisitoire, Mo\u00efse prend \u00e0 t\u00e9moin l'univers, comme font d'autres textes ( Dt 30,19 ; Job 20,27 ; Ps 50,1 et 6).

{N}32,{/}8 -9 L'election d'Isra\u00ebl d\u00e8s le d\u00e9but de l'histoire humaine.

{N}32,{/}10 -14. La mont\u00e9e du d\u00e9sert aux monts de Palestine : la vigne et le bl\u00e9 sont les richesses du s\u00e9dentaire. 

{N}32,{/}17 {C}Ils ont offert des sacrifices \u00e0 des d\u00e9mons{/}. Les idoles sont souvent consid\u00e9rees comme des oeuvres mortes. Mais parfois l'idole est vue comme un pi\u00e8ge qui permet \u00e0 un d\u00e9mon de se faire adorer \u00e0 travers elle (Ba 4,7 ; Ps 106,37 et 1 Cor 10,20). 

{N}32,{/}21 -25 La justice de Dieu rend jaloux ceux qui provoqu\u00e9 sa jalousie. 25 : voir Ez 7,15.

{N}32,{/}26 -27 Dieu se sert des ennemis pour frapper son peuple, il ne les laissera pas jouir de leur triomphe : Is 10,5-7.

{N}32,{/}28 -33 Isra\u00ebl comprendra-t-il enfin la raison de ses malheurs? Quand donc prendra-t-il conscience de l'ali\u00e9nation que lui apportent les dieux et la culture \u00e9trang\u00e8re?

{N}32,{/}34 -36 Yav\u00e9 ne manquera pas d'avoir son heure et de reprendre son peuple exil\u00e9.
37-39 Ce jour-l\u00e0 Yav\u00e9 seul recevra la gloire.

{N}32,{/}40 -43 Jugement de Yav\u00e9 : contre les ennemis de son peuple et contre ceux de son peuple qui sont ses ennemis. 

